Marina Berlusconi : pour le groupe Mondadori, "le vent a tourné"

Nicolas Gary - 24.04.2015

Edition - Economie - Italie Mondadori - Marina Berlusconi - Ernesto Mauri


L'industrie de l'édition, en Italie, a connu un peu de mouvement, hier. RCS Mediagroup, qui est entré en négociations avec Mondadori, pour un rachat de la branche éditoriale, RCS Libri, avait différentes annonces à présenter. En parallèle, Mondadori a exposé ses résultats financiers, et son envie dévorante d'intégrer le groupe concurrent.

 

 

Ernesto Mauri Mondadori

Ernesto Mauri (crédit groupe Mondadori)

 

 

Chez RCS Mediagroup, Maurizio Costa a été élu comme chairman et Pietro Scott Jovane au poste de président directeur général. « Après plus de 20 ans dans le monde de l'édition, je suis honoré d'être appelé au poste de président d'un tel groupe », affirme Maurizio Costa. Rappelant les grands enjeux de ce que peut être l'édition, il réaffirme l'investissement du groupe dans le déploiement du numérique. De quoi garantir l'excellence de RCS.

 

Hier, dans un premier communiqué, RCS avait présenté les membres de son nouveau conseil d'administration. Ce dernier aura désormais la responsabilité d'examiner les conditions d'une vente de RCS Libri, à Mondadori. Et cette société, filiale de la holding de Silvio Berlusconi, et piloté par sa fille, Marina, fait toujours les yeux doux, à l'idée de ce rachat.

 

Après deux années de pertes, 2014 a représenté une grande activité pour Mondadori, qui revient à l'équilibre. Son projet de croissance portant sur un développement du numérique, de 4 à 10-12 % « passera par des acquisitions », a confirmé le patron, Ernesto Mauri. Même son de cloche chez Marina Berlusconi, qui a été confirmée au poste de présidente du groupe, assure que « le vent a tourné ». 

 

Si les recettes publicitaires n'ont pas été faramineuses dans les premiers mois de l'année, en recul de 5 %, il ne s'agirait que d'une petite baisse du chiffre d'affaires – la publicité ne représenterait que 13 % des ventes de Mondadori. D'ailleurs, le groupe déploie actuellement une stratégie globale d'augmentation des marges, de manière significative. 

 

Mondadori soucieux de ses investissements

 

Comme il l'affirmait hier, Mauri reste très vigilant sur l'achat de RCS Libri. D'ailleurs, si le groupe refuse, il n'aura pas d'autre choix que d'effectuer une augmentation de capital. Avec un déficit de 114 millions €, pour 2014, la solution serait de solliciter les actionnaires, qui se montraient plutôt frileux. La vente d'actifs semblait la solution la plus consensuelle. 

 

Dans le même temps, Pietro Scott Jovane assurait récemment vouloir concentrer les activités de RCS Mediagroup sur son activité de presse, le Corriere et la Gazzetta. Juste perspective, estime Mauri : « C'est une stratégie pertinente, on a besoin d'investir sur son cœur de métier. Nous avons compris le monde du livre et y investissons. Ce n'est qu'une logique rationnelle, faite de bon sens, déjà opérée dans d'autres parties du monde. Vous ne pouvez pas avoir un peu d'activité dans le livre, dans les journaux et dans les périodiques, des activités en Espagne. C'est difficile et risqué : aujourd'hui, on a besoin d'être leader dans un domaine. » 

 

Marina ne raconte pas autre chose : « Il est évident que, dans un marché qui se réduit, il importe de consolider la position dans laquelle on est le meilleur. » On ne parle cependant pas encore du rachat : « Il est trop tôt pour en parler, la route est encore longue. Cependant, Mondadori est de nouveau en mesure de penser à son développement, et ses investissements : l'offre présentée à RCS Libri en est une manifestation. » Les négociations s'achèveront le 29 mai, conformément à la décision du Conseil d'administration de RCS Libri.

 

Depuis 2013, Mondadori a opéré un redressement de 70 millions €, en comblant sa dette, et passant, en 2014, de 185 millions € de dette à 600.000 € de bénéfices. Sur 2015, les perspectives de croissance sont de 1 à 2 % pour Mondadori.