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Espagne : le président de Planeta contre “le colonialisme culturel”

Clément Solym - 15.10.2012

Edition - International - Espagne - Grupo Planeta - Jose Manuel Lara


Le président du groupe espagnol Planeta, ne cesse de faire la Une de la presse ces dernières semaines. A l'occasion, ce dimanche, d'un repas traditionnel, avant la remise des récompenses Premio Planeta, à Barcelone, le président s'est lancé dans quelques analyses. Sur le piratage d'ebooks, la TVA... et l'indépendance de la Catalogne.

 

Grupo Planeta

Rahego  (CC BY 2.0)

 

 

Interpellant le gouvernement, José Manuel Lara considère qu'il revient aux autorités de prévoir des mesures de contrôles, alors que les pirates profitent amplement d'un certain flou juridique. L'an passé, son groupe a déposé plus de 1500 plaintes pour demander le retrait de textes illégalement disponibles sur la toile. 

 

S'adressant au ministre de l'Éducation, de la Culture et des Sports, José Ignacio Wert, Manuel Lara met en garde : plus la législation sera retardée, dans la protection du droit d'auteur, plus les risques seront importants. « Vous ne pouvez pas attendre deux ans », se plaint José, critiquant également ceux qui prétendent que pour lutter contre le piratage, il faut baisser le prix de vente des livres numériques. 

 

C'est que l'industrie du livre doit de prémunir, et ne pas se laisser aller vers les mêmes écueils que ceux rencontrés par les autres secteurs culturels. Or, malgré la préoccupante question des téléchargements illégaux, Lara fait remarquer que le secteur du livre se porte plutôt bien, puisque l'on compte plus de lecteurs que jamais. À ceci près que les résultats de vente pour les 7 premiers mois de 2012 montrent une baisse de 4,4 % du chiffre d'affaires global, dans l'édition européenne. 

 

Pour Lara, « jusqu'à récemment, l'industrie du livre a supporté la crise bien mieux que d'autres secteurs », tout simplement parce que le secteur a su s'adapter et que « depuis plusieurs années, nous sommes parvenus à augmenter le nombre de nos lecteurs et modifier leurs habitudes ».

 

Et d'enchaîner sur les questions de TVA, pour le livre numérique : il salue à ce titre ce que des pays comme la France et le Luxembourg ont su mettre en place, allant contre les recommandations de Bruxelles, un taux réduit pour les ebooks. José Manuel Lara prêche pour un taux harmonisé, seule mesure réellement à même de lutter contre « le colonialisme culturel », que favorisent des grandes sociétés.

 

Un colonialisme que d'autres appellent « évasion fiscale » : Amazon a décidé d'implanter son siège social au Luxembourg, pour profiter d'un taux de TVA réduit. En Espagne, la TVA est de 4 % pour les livres papier. Et récemment, elle a été augmentée pour les livres numériques. 

 

Le dernier point, c'est un retour sur la question de l'indépendance de la Catalogne. Lara assure en effet que le Grupo Planeta, qui est actuellement à Barcelone, quittera la région, en cas d'indépendance. Car la séparation d'avec l'Espagne aurait un coût immanquablement pour sa société. En cas de division, c'est l'ensemble du pays qui souffrira de cette situation. Une indépendance qui serait d'ailleurs un mal irréparable, considère-t-il.

 

« Il est très dangereux de jouer avec le sentiment et le nationalisme catalan, et d'éveiller un sentiment antinational catalan en Espagne », pointe le président, dans une position délicate. « Je ne peux simplement pas croire à l'indépendance de la Catalogne, au sein de l'Union européenne », conclut-il.

 




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