Espagne : les traducteurs mettent un éditeur face à ses responsabilités

Antoine Oury - 07.06.2019

Edition - International - espagne traducteurs - #MalpasoPagaYa - edition traduction


Les problématiques de reconnaissance des métiers de l'écrit et de paiements en temps et en heure sont malheureusement partagées par les professionnels de toute l'Europe. En Espagne, un vaste mouvement de contestation s'est organisé contre un éditeur qui refusait de rémunérer plusieurs traducteurs, allant jusqu'à les insulter sur les réseaux sociaux.

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(photo d'illustration, Patrik Nygren, CC BY-SA 2.0)


« Ne soyez ridicules ! On parle de moins de 4000 € » : c'est ainsi que le président d'une maison d'édition espagnole ayant pignon sur rue, Malpaso Ediciones, a répondu à une traductrice qui l'interpelait sur Twitter pour réclamer des paiements dus. Bernardo Dominguez, président de la maison, a poursuivi : « Nous comprenons que cela puisse être une somme importante pour un travailleur indépendant. La société a perdu de grosses sommes d'argent en soutenant des livres qui n'ont pas fonctionné. » Argument difficile à recevoir, doit-on reconnaître.

En substance, les temps sont durs, et chacun doit en supporter les conséquences : Bernardo Dominguez, au cours de l'échange avec la traductrice Ana Flecha, a assuré qu'elle serait payée, espérant qu'elle aurait « l'honnêteté de le crier sur tous les toits avec la même véhémence qu'aujourd'hui ». Des propos qui choquent, alors que le paiement serait dû pour un travail réalisé en... 2017.
 


L'échange, public et vu par d'autres internautes, dont des traducteurs, a donné naissance à un hashtag, #MalpasoPagaYa (#MalpasoPayeMaintenant), autour duquel se sont réunis des témoignages et des messages de soutien. 

La réputation plutôt sulfureuse de Bernardo Dominguez ne l'a pas aidé à trouver grâce auprès des soutiens de la traductrice : son nom avait été cité aux côtés de celui de Jordi Pujol Ferrusola, fils de l'ex-président catalan, soupçonné de fraude fiscale.
 

Une coalition de traducteurs


Selon le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires, la situation pointée par Ana Flecha dure depuis plus de trois ans : en 2016, déjà, l’association de traducteurs locale ACE Traductores avait dénoncé la politique du groupe Malpaso en matière de rémunération, critiquant les délais à rallonge et l’absence d’informations fournies aux professionnels attendant leurs paiements.

Face à la situation de ces derniers jours, l’organisation a condamné toutes formes d’insultes ou de pression à l’encontre des traducteurs réclamant leur dû. ACE Traductores « réaffirme la disponibilité de leurs services juridiques [aux traducteurs concernés] afin de faire valoir leurs droits » et demande que le reste de l’industrie de l’édition fasse preuve de plus de professionnalisme que le groupe Malpaso.

Ce dernier a publié un communiqué, par l’intermédiaire du compte de son président, Bernardo Dominguez, pour clarifier la situation et tenter de calmer les critiques : « La société ne manque pas de capitaux », assure le document, et entend régler toutes les dettes, de manière échelonnée. Les dettes de moins de 2000 € seront réglées dans les quatre prochains mois, avec un intérêt de 5 % pour les retards. 
 


Pour les montants supérieurs, un plan de remboursement devra être accepté : autant dire que la réponse est loin d’être satisfaisante, d’autant plus que le montant total des dettes du groupe n’est pas connu, et qu’aucun délai de paiement pour ces montants n’a été communiqué.


via Info Libre, el diario


Commentaires
Même chose ici avec les éditions Baker Street, méfiance !!
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