Espionnage : retour des machines à écrire chez les politiciens allemands

Nicolas Gary - 16.07.2014

Edition - International - machine écrire - espionnage sécurité - Snowden Etats-Unis


Cela n'a rien d'une plaisanterie : les politiciens allemands envisagent un retour aux machines à écrire, suite aux folles révélations de Snowden. Dans le sillage de ce scandale, le chef d'enquête parlementaire du Bundestag assurait dans un entretien à la télévision que ses collègues et lui l'avaient même très sérieusement pris en compte.

 

 

machine à écrire livres en vrac
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« Contrairement à d'autres Commissions d'enquête, nous étudions la situation en cours. Les activités de renseignement sont toujours en cours, elles arrivent », explique Patrick Sensburg, chrétien-démocrate. Autrement dit, revenir aux machines à écrire serait une solution pour lutter contre l'espionnage permanent que facilite le monde numérique. D'ailleurs, les services disposent déjà de machines, qui n'attendent plus qu'une décision formelle pour être dépoussiérées...

 

D'ailleurs, l'idée prolonge la décision d'Angela Merkel, que de renvoyer l'agent de la CIA qui était en station en Allemagne. Mais pour Martina Renner, député de l'opposition, également en charge de la commission d'enquête parlementaire sur l'espionnage américain, « avant de commencer à utiliser des machines à écrire, et brûler les notes après la lecture, je préfère supprimer les services secrets ». 

 

Pour d'autres encore, l'idée est complètement grotesque : on ne peut pas remettre en question toute l'organisation de la communication allemande - même si les faits dévoilés ont assurément perturbé les différents services. (via Die Welt)

 

On n'oubliera pas qu'en Russie, le retour aux machines à écrire avait été déclaré. Une vingtaine de machines Triumph Adler TWAIN 180 avait été commandée, pour un montant de 15.000 $, afin d'optimiser la confidentialité des données. 

 

« Du point de vue d'une garantie de confidentialité, aucune forme de communication électronique n'est sûre », expliquait Nikolai Kovalyov, ex-directeur du FSB. « Avec les ordinateurs, il est toujours possible de modifier un document. Il y a bien sûr des moyens de protection, mais aucune garantie n'est certaine. Du coup, le moyen le plus sûr reste encore le plus connu : une main humaine avec un stylo ou une machine à écrire. »