Espresso Book Machine, à Seattle, un avenir pour la librairie

Clément Solym - 24.11.2009

Edition - Société - Espresso - Machine - avenir


Seattle a vécu des heures sombres : on ne peut pas tout à la fois être le siège social d'Amazon et en même temps abriter dans la ville des librairies indépendantes historiques. Non, ça semble difficile. Et plusieurs ont fermé ces derniers temps qui avaient ouvert dans les années 80 ou d'autres encore, âgées d'une grosse trentaine d'années.

Et les lecteurs inquiets poursuivent sans cesse ce débat sur l'avenir de la librairie indépendante, sa survie dans un monde numérique qu'elle croit hostile, mais qui avant tout la contraint à évoluer, et surtout la concurrence avec les grands marchands qui n'existent pas ailleurs que sur Internet.

Et alors quoi ? L'avenir se trouve-t-il, comme nous l'avons évoqué plusieurs fois, dans les machines permettant l'impression à la demande de tout ouvrage - ou presque, notamment depuis la signature d'un partenariat entre Google et la société On Demande Books, qui a sorti l'Espresson Book Machine. Cet engin sort un bouquin de 300 pages en 4 minutes tout frais tout chaud, et on peut s'appuyer sur sa base de données pour accéder à un vaste catalogue.

Aujourd'hui, si l'on oublie les livres du domaine public, près de 800.000 ouvrages sous droit sont accessibles par ce biais. Et les machines se démocratisent. Oh, pas encore massivement, ni vraiment dans les petites boutiques indépendantes, mais justement, à Seattle, voilà que Thrid Place Books est en passe d'investir dans cet engin de 100.000 $.

Une sacrée somme, pour disposer d'un stock encore limité, mais qui serait, selon le directeur de l'établissement, un moyen de garder les librairies dans la course aux prix, au stock et au client. Voilà qui montrerait aussi que ceux qui en ont les moyens tentent de se battre pour que leur métier s'adapte et survive.