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“Est-il possible de développer ses compétences sans la lecture, sans le livre  ?”

Nicolas Gary - 25.04.2018

Edition - International - édition amérique sud - politiques livres afrique - Paulo Slachevsky éditeur


#salondulivregeneve – En marge des Assises du livre en Afrique, l'Alliance internationale des éditeurs indépendants a invoqué les propos de Paulo Slachevsky, fondateur de la maison d’édition Lom au Chili et membre du collectif d’éditeurs indépendants Editores de Chile. Ce dernier illustre la philosophie et les convictions du projet d'étude présenté par l'Alliance, qui montrent aussi que des enjeux et problématiques sont partagés par d’autres aires linguistiques du monde.

 


Paulo Slachevsky
 


Nous reproduisons ici son analyse pour partie.

 

Pendant la post-dictature au Chili, les thèmes du livre et de la lecture sont restés en marge des objectifs de politiques publiques. Tout comme la question des médias, ces sujets ont longtemps été relégués au rang de “questions spécifiques à un secteur”, de thèmes pour les “spécialistes” ou les professionnels du domaine. Aussi, la question est restée absente des grands débats sur le futur de l’éducation du pays.

Cependant, peut-on concevoir une éducation de qualité sans aborder la question du déficit de compréhension des lecteurs ? Peut-on parler d’une véritable démocratie quand nos peuples ne peuvent développer leurs capacités réflexives ou critiques ? Est-il possible de développer ses compétences sans la lecture, sans le livre ? Peut-on affronter la question de l’inégalité sans chercher à démocratiser l’accès aux biens culturels ? Peut-on penser le développement durable d’un pays en se contentant d’être exportateurs de matières premières ?

 

[La politique du livre au Chili vise aussi] à renforcer les conditions pour que le pays ait un rôle proactif dans l’élaboration et la production de connaissances, en cherchant à lutter contre le colonialisme culturel qui nous domine et la féroce inégalité des échanges nord-sud.
 

Il est manifeste que le capital symbolique éditorial ainsi que le capital économique se sont concentrés en Espagne et dans les pays du Nord, et pour le vérifier il suffit de regarder dans les vitrines des librairies ainsi que dans les pages littéraires dans la presse. En fait, les flux de circulation des livres entre les pays de langue espagnole portent encore les stigmates de ce que fut l’ancien commerce colonial ; il est manifeste que la circulation du livre en Amérique latine est limitée et dominée par l’Espagne à travers un flux unidirectionnel.
 

Liberté d’éditer, financements, fiscalité :
politiques du livre en Afrique


Les caractéristiques de ces flux font de nous un pays consommateur plutôt que producteur de livres en langue espagnole. Un exemple frappant de cette domination culturelle est que notre enseignement est effectué majoritairement avec des livres produits par des maisons d’édition de pays du Nord.
 

Les capacités de lecture des citoyens, les capacités à écrire et à publier des écrivains et des universitaires, ont peu de chances d’être renforcées si l’on n’améliore pas dans le même temps les capacités éditoriales d’un pays et les possibilités d’accès aux livres locaux. 


Merci à l'Alliance pour ce texte.




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