Et pourquoi les agents ne deviendraient pas éditeurs ?

Clément Solym - 13.04.2011

Edition - Société - agents - editeurs - amazon


Dans les accords interprofessionnels actuels, les agents anglais ont accepté une clause les empêchant de se monter en éditeur, conformément aux règles de l'Association of Author's Agents. Mais les temps changent. Et les motivations aussi.

Ce point ne sera pas discuté au cours de la prochaine assemblée générale de l'AAA, mais cette clause a été interrogée, après l'intervention de Sonia Land, qui a décidé de publier numériquement Catherine Cookson, au travers de sa société Peach Publishing. Et en parallèle, Amazon.com continue de faire la cour aux agents, en embauchant actuellement un directeur de la publication.

Petit souvenir : déjà à la foire de Francfort de 2010, les agents anglais ne laissaient planer aucun doute sur les intentions du cybermarchand. « Ils étaient impatients de parvenir à enrôler les agents comme une force de frappe contre le modèle d'agence, et je dois dire qu'ils ont manqué leur coup sur ce point. » (notre actualitté)

Alors quid de cette clause ? Piers Blofeld, de l'agence Sheil Land explique que la prochaine réunion doit refléter les rapides évolutions de l'édition. « Il y a des problèmes évidents et des conflits d'intérêts potentiels, mais finalement, le rôle d'un agent est d'offrir des conseils et un soutien à un écrivain durant sa carrière. Nous sommes là pour maximiser leurs gains. Nous n'avons pas pour rôle de simplement agir comme une interface entre les auteurs et les éditeurs - cette époque est révolue. » (via The Bookseller)

Évolution, certes, mais attention aux changements radicaux, souligne Simon Trewin, d'United Agents. Et un tel bouleversement ne serait pas vraiment à l'avantage de tout le monde.

Depuis qu'Amazon a mis les bouchées triples pour remporter les enchères sur une auteure qui s'était fait remarquer après un grand succès en tant qu'écrivain autoéditée, les intentions du cybermarchand sont nettes. (notre actualitté)

Pour autant, les négociations passées déjà avec Amazon se passent avec beaucoup de prudence autour des livres numériques et des droits accordés. Et pour plusieurs auteurs, si un de leurs ouvrages venait à être refusé, la solution de la vente directe par ce biais serait tout à fait envisageable. Bien au contraire...