Et si Hillary Clinton avait été élue ? William Gibson refait (déjà) l'Histoire

Bouder Robin - 28.04.2017

Edition - Société - roman science fiction - william gibson - hillary clinton présidente


William Gibson, éminent auteur de SF, publiera en janvier Agency, son nouveau livre dystopique, dont l'histoire se base sur une réalité alternative : les États-Unis sous la présidence d'Hillary Clinton. Comment le monde d'aujourd'hui aurait-il évolué si l'histoire avait été différente ?

 

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Hillary Clinton - Gage Skidmore from Peoria (CC BY-SA 2.0)

 

 

Mardi 8 novembre 2016 : l'Amérique retient son souffle, tout comme le reste du monde. Cette soirée sera déterminante pour les 5 années à venir, si ce n'est plus. Et le moment que tout le monde attend avec impatience arrive enfin : le nouveau président des États-Unis est annoncé. Il s'agit d'Hillary Clinton.

 

Et si les choses s'étaient déroulées ainsi ? C'est ce que s'est amusé à imaginer l'auteur de science-fiction William Gibson dans son roman Agency, à paraître en janvier 2018. Une réalité alternative dont l'écrivain se serait bien passé : le manuscrit était terminé avant le résultat des élections, et Gibson ne s'attendait pas à voir Donald Trump élu à la présidence des États-Unis. « Il me paraissait évident que les changements à apporter au roman seraient trop importants ; il m'aurait fallu tout récrire. »

 

Un roman de Salman Rushdie sur l’Amérique d’Obama et Trump
 

Le célèbre visionnaire de 69 ans, dont les travaux ont influencé la trilogie Matrix ou Ghost in the Shell, et qui avait prédit l'arrivée de technologies comme Google Glass ou le sexe virtuel, a donc aussi des failles...

 

L'histoire alterne entre deux époques : le présent à San Francisco, dans lequel Clinton est présidente et l'intelligence artificielle vient d'être mise au point ; et 200 ans plus tard, dans un Londres post-apocalyptique où 80 % de la population a été décimée.

 

5 choses à savoir sur William Gibson

 

Gibson est un habitué de la dystopie. De son premier roman, Neuromancien (1984), à The Peripheral (2014), il s'attache à décrire des sociétés déclinantes avec la montée de la technologie. Des possibilités terrifiantes mais plus actuelles que futures, comme il l'explique au New York Times : « Chaque futur imaginaire jamais écrit dépend de l'époque où il a été écrit... Les gens parlent des prédictions qu'apporte la science-fiction, mais ce n'est pas tout à fait exact. Tout se joue ici et maintenant. » Un constat qui fait froid dans le dos.

 

De même, l'auteur affirme qu'il ne se base pas sur les technologies en elles-mêmes pour prédire ce qui arrivera, mais sur le comportement de leurs utilisateurs : « Je suis tout sauf un utilisateur de technologie. En fait, les ordinateurs ne m'ont jamais vraiment intéressé. Ce n'est pas ce que je regarde ; j'observe la façon dont les gens interagissent avec eux. » Une technique qui fonctionne et donne un résultat digne des épisodes les plus réalistes et traumatisants de Black Mirror. Le futur des États-Unis sous Hillary Clinton aurait-il été néanmoins meilleur que sous Trump ? À suivre l'année prochaine.

Via The Guardian