Etats-généraux, bibliothèque féministe : les Archives sur tous les fronts

Cécile Mazin - 17.10.2017

Edition - Bibliothèques - etats généraux archives - Bibliothèque Marguerite Durand - rn2a archives reflexions


Suite à l’appel lancé le 26 juin 2017, les « États généraux pour les archives ! » se sont tenus les 12 et 13 octobre 2017 à Clermont-Ferrand. Des professionnel.le.s et des utilisateur.trice.s ont échangé au sein de cinq groupes de travail. Les différentes propositions d’actions et de réflexions issues de ces deux jours de travail seront publiées dans le prochain numéro du 7 messidor

 

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orlinska, CC BY 2.0
 


Ont émergé de ces réflexions : 
 

– l’effectivité des droits culturels énoncés dans la loi NOTRe qui passe par l’attribution de moyens suffisants et identifiés pour la collecte et la valorisation des mémoires collectives, dans leur pluralité. 

– l’urgence de travailler sur la reconnaissance de l’utilité publique, sociale et citoyenne des archives quelles qu’en soient l’origine et la gestion privées ou publiques de ces fonds. 

– la nécessaire co-production entre professionnel. le. s et utilisateur.trice.s en matière de collecte, conservation et communication, y compris dans leurs dimensions numériques. 

– la nécessité en matière d’accès de prendre en compte la pluralité des usages pour l’organisation de cet accès et de son « accompagnement » au sein d’un « observatoire ». 

– la nécessaire redéfinition d’une politique publique des archives et le nécessaire dialogue permanent avec les élus et les décideurs, ayant un rôle d’activateurs de projets, quelle que soit l’échelle territoriale. 

 

Marguerite Durand, un enjeu de société

 

Et c’est à l’occasion de ces États généraux que les Archives du féminisme et la Cité des mémoires étudiantes ont présenté la mobilisation du collectif Sauvons la BMD !. « Comme beaucoup d’autres et notamment des réseaux professionnels, le Rn2a ne peut qu’exprimer sa solidarité avec la Bibliothèque Marguerite Durand qui s’oppose à son déménagement au sein de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP) », assure Nathalie Lopes, présidente de Rn2a.  
 

Que ce soit en transférant la BMD au sein de la BHVP ou de la Galerie des bibliothèques, les perspectives actuelles proposées par la Ville de Paris ne sont pas dignes de la donation de Marguerite Durand, en 1932, devenue un fonds féministe unique de référence... D’autant plus quand elle annonce vouloir donner droit de cité au projet légitime de centre d’archives LGBT ! Comme l’a rappelé l’ABF (Association des bibliothécaires français), « les bibliothèques ne sont pas uniquement des lieux de conservation, mais aussi et de plus en plus des lieux d’affirmation des valeurs démocratiques fondamentales » (reprenant la mission Orsenna) et « les bibliothèques doivent refléter la diversité de la société, permettre à toutes les personnes de se construire et d’être reconnues ». 


Le respect et la promotion des droits culturels « énoncés par la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles du 20 octobre 2005 » (rappelés dans la loi NOTRe) est un enjeu bien réel pour les bibliothèques, archives et mémoires collectives.
 

Marguerite Durand : déménager pour
“mieux valoriser ses fonds exceptionnels”

 

Une Ville-capitale comme Paris se grandirait à donner place, personnels, budgets et autonomie à toutes les mémoires collectives, quitte à leur proposer une maison commune.

Aussi, avec le collectif « Sauvons la BMD ! » (lancé par l’association Archives du féminisme, avec le soutien de tous les syndicats concernés, de multiples réseaux culturels et scientifiques, y compris à l’échelle internationale), nous demandons que la Mairie de Paris renonce à ce projet et propose, en cas de déménagement, un lieu d’accueil offrant à la bibliothèque Marguerite Durand une véritable visibilité et de meilleures conditions de fonctionnement, permettant de futurs développements.