États généraux du livre : les créateurs réclament 10 % de droits d'auteur

Nicolas Gary - 11.02.2019

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La première édition des États Généraux du Livre se tenait en juin 2018. L’occasion pour les auteurs d’alerter sur leur situation sociale et économique. L’absence notable de représentants du ministère des Affaires sociales avait provoqué un légitime dépit. L’acte 2 approche, ce 4 juin 2019. Et cette fois, on va parler d’argent...



 
Le partage de la valeur, une rémunération plus juste et équitable sont le ventricule droit du sujet. Mais le gauche, longtemps négligé, est celui d’une meilleure défense des ouvrages. En réclamant une transparence dans l’économie du secteur, les États Généraux pointent la difficulté des auteurs à comprendre leur situation dans l'économie du livre et à vivre de leur travail. 
 
Les études ne manquent pas : leurs résultats manquent de faire tomber de sa chaise. Ainsi, « un peu plus de 8 % des auteurs de livres ont perçu, en 2013, des revenus d’auteur supérieurs au SMIC annuel (13.445 €), dont près de 3 % des revenus supérieurs à 2 fois le SMIC (26 890 €). Parmi ces derniers 1,6 % des auteurs des revenus supérieurs à 3 fois le SMIC (40.335 €) ».

Ce qui, après un bref calcul, montre que 90 % des auteurs perçoivent en droits d’auteurs un montant inférieur au SMIC – de quoi justifier la nécessité d’une première activité, rémunératrice, elle. C’est particulièrement le cas dans la jeunesse et en BD – et dans le premier cas, parce que les droits d’auteurs s’approchent plutôt de 5 % que de 8 % ou 10 %. Et que les montants sont à partager entre coauteurs.

En parallèle, pointe les EG, « les auteurs connaissent globalement aujourd’hui des perspectives de progression de leurs revenus moindres que par le passé ». Un effet de génération qui devient plus inquiétant. 

Pour l’avoir des années répété, et s’en mordre un brin les doigts désormais, l’industrie du livre revendique d’être une économie de l’offre, et non de la demande. Ce qui, résumé par les EG, revient à parler d’une « péréquation entre succès et moindres réussites commerciales ». Avec les conséquences que l’on imagine.
 

“Il faut parier, nous sommes embarqués”


En effet, en multipliant les lancements de nouveautés, c’est la course au succès qui s’ouvre – avec l’impossibilité économique d’accompagner correctement le lancement de l’ensemble des ouvrages. Les EG soulignent qu’en 2017, « 81.000 nouveaux titres, tous secteurs confondus, ont été commercialisés en France, soit plus de 200 nouveautés par jour ». 

Au cours des 10 dernières années, le nombre de nouveautés a augmenté de 12 % – et simultanément, le tirage diminuait de 40 %. C’est ce que l’on appelle de la surproduction, sujet dernièrement évoqué par le président du SNE, Vincent Montagne. Il incitait ses confrères à « réfléchir à l’épineuse question de la surproduction », considérant que tant pour les libraires que les lecteurs, il devenait inconcevable « d’absorber une telle luxuriance d’œuvres ».
 
Moins de livres en librairies, en volume, mais plus de titres dans les catalogues... « Les auteurs en sont les premières victimes », pointent les États Généraux. « En effet, les revenus des auteurs ne cessent de se dégrader : les rémunérations (à-valoir et pourcentages) n’ayant pas augmenté, la rémunération à l’exemplaire a diminué pour l’auteur qui, contrairement à l’éditeur, ne peut pas accroître ses gains de productivité en publiant plus de livres… »

Le mot d’ordre pour 2019 est lancé : « Droits d’auteur : 10 % minimum ! », qui ne sera ni une réponse absolue ni une solution idéale. Mais au moins, estime-t-on, une première étape dans la nécessité de partager la valeur dont les auteurs sont créateurs. Et de faire valoir leurs revendications.


Commentaires
C'est bien pour les auteurs mais qui va devoir baisser sa part ?

l'arithmétique dirait le libraire (ou Amazon)



Après pour la multiplication des titres, moi j'arrive à saturation je peux plus suivre, j'ai plus de place... 1er mois d’arrêt complet d'achats de livres papier, je suis passé au numérique mais ça me déchire, je dois me sevrer...
10% ! Mais c'était pas déjà le cas avant ? On est en train de réduire un taux qui était déjà à peine tenable. De qui se moque-t-on ! 10% c'est très frileux. Il faut taper des poings sur la table et exiger 20%. 20% est le minimum vital -rien à foutre du "réalisme économique" qu'on voudrait bien nous faire continuer d'avaler-. 20% pour un auteur qui est responsable d'au moins 70
Bonjour

La honte de la france, la honte la maison édition français BALLAND. Faire la publicité sans contrat signer.

Je suis au bout des nerfs.

Je fais auto édition au kobobooks writing Life. Ils m'ont détourner l'argent vendue de mes livres verser dans leur compte en suisse. Les riche voler les pauvres. Car il savent que je n'ai pas de moyen prendre un avocat pour menacer pour me défendre.

Je viens ici demande l'aide. Qui peut me guider s'il vous plaît ? Mon livre " intitulé " ma prison sans murs"est diffuser dans le monde entier. Je ne reçois aucun centime. Merci pour tous des personnes qui veulent m'aider m'aider de affronter ces diables s'il vous plaît. Je suis dans l'impuissance total.......Mon mail blandine.soquet@gmail.com numéro 0628065878. Contacter moi s'il vous plaît. La honte des riches ordure, crapule, Sans scrupule ni la dignité...
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