États-Unis : 95 auteurs du Mississippi s’engagent contre une loi anti-LGBT

Joséphine Leroy - 14.04.2016

Edition - International - projet de loi anti-LGBT - Mississippi LGBT - Mississippi États-Unis


En mars, Phil Bryant, le gouverneur de l’État du Mississippi, a promulgué une loi qui limite considérablement les droits des couples homosexuels. La loi, digne de l’époque ségrégationniste, autorise les commerces à refuser de servir les couples homosexuels. L’angle d’attaque : la foi religieuse. L’indignation a gagné les rangs de l’opposition politique, celle-ci qualifiant le texte de « loi la plus radicalement anti-LGBT ». Désormais, il faut aussi compter sur 95 auteurs du Mississippi, tous signataires d’une pétition. 

 

SCOTUS APRIL 2015 LGBTQ 54663

(Ted Eytan / CC BY-SA 2.0)

 

La loi viserait à « protéger la liberté de conscience » et les « convictions morales et religieuses ». Phil Bryant se défend en affirmant que la loi n’entrave pas les droits des citoyens au regard de la Constitution. Il s’agirait plutôt pour lui de « se prémunir de l’ingérence du gouvernement dans la vie des gens ». Par contre, elle autorise les commerces et les organisations religieuses à licencier des personnes LGBT. Un propriétaire aurait également le droit de refuser de vendre un bien à une personne LGBT, tout comme une entreprise lambda aurait le droit de refuser d’en embaucher, au prétexte de ses croyances religieuses. 

 

Ainsi, des convictions religieuses telles que l’interdiction du mariage pour les couples non hétérosexuels ou encore la pratique d’une sexualité dont la finalité n’est pas forcément la procréation, autoriseraient les croyants à licencier ou refuser l’entrée de ceux qui y désobéissent supposément — donc les homosexuels, bisexuels ou transsexuels. 

 

La pétition des auteurs 

 

Les auteurs s’insurgent contre une loi aussi liberticide. Dans la pétition qu’ils ont collectivement rédigée, ils définissent ce qu'est pour eux la littérature : « Ce que la littérature nous apprend, c’est l’empathie. Cela nous rappelle à chaque moment qu’il faut tendre la main à nos voisins — même s’ils paraissent différents ou aiment différemment — et leur assurer : “Je te reconnais en tant qu’être humain, tu es comme moi, tu viens du même chaos que moi, tu es dans le même bateau” […]. » 

 

« Nous, les 95 auteurs qui signons cette pétition, nous sommes opposés à toute violation des droits civiques, dont la discrimination envers les citoyens LGBTQ, et nous appelons à la révision du projet de loi 1523 promulgué par la Chambre du Sénat », concluent les signataires

 

LitHub a demandé à cinq signataires d’expliquer plus longuement pourquoi ils s’opposaient à la loi. Dont Margaret Eby, auteure de South Toward Home. Elle pose les questions suivantes : « Si HB1523 [le projet de loi, NdR] est en passe d’être voté, combien de de voix seront étouffées ? De combien d’histoires devrons-nous nous passer ? De combien de points de vue, de perspectives, de grandes idées ouvertes sur le monde ? »

 

Ce type de mesures est de plus en plus fréquent aux États-Unis. En Géorgie, une loi similaire a failli être promulguée, alors que l'État de Virginie s'était lui aussi lancé dans un débat relatif à la sexualité, notamment celle qui apparaît dans les livres. Parallèlement à ces reculs vis-à-vis des libertés individuelles, dans un mouvement inverse, l'autorisation du mariage homosexuel est de plus en plus envisagée à travers le pays.

 

(via Fortune)