États-Unis : dans les bibliothèques universitaires, le papier cède au numérique

Antoine Oury - 16.02.2018

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Le débat fait rage dans le milieu universitaire américain : confrontées au manque de place, de nombreuses bibliothèques font le choix — parfois contraint — de se séparer d'ouvrages imprimés pour les remplacer par des versions numériques. En cause, des budgets réduits et un manque de place, en plus du désherbage habituel dans les établissements.


Tessies
(photo d'illustration, Thomas Leuthard, CC BY 2.0)
 


« Tout le monde n'est pas très à l'aise par rapport à la situation », concède Rick Lugg, directeur de l'OCLC Sustainable Collection Services, qui accompagne les bibliothèques universitaires pour la gestion de leur fonds. Mais c'est un travail qu'il faut bien faire : le désherbage est une étape indispensable dans tous les établissements de prêt. Il consiste en un nettoyage des collections, au cours duquel on retire les ouvrages abîmés, trop vieux ou pas suffisamment consultés.

 

Pour quelle raison ? Faire de la place pour les autres, tout simplement. Mais pas seulement : en 2009, une étude avait évalué que conserver un ouvrage sur une étagère coûtait 4 $ par an pour une bibliothèque. Bien entendu, cette somme est plus ou moins rentabilisée — et augmentée —, selon que le livre est plus ou moins emprunté, mais voici le coût de base.

 

L'université d'Indiana en Pennsylvanie (UIP), pour sa dernière opération de désherbage, a utilisé un logiciel spécialisé, lequel a estimé que 170.000 ouvrages pouvaient quitter les étagères des bibliothèques. Parmi eux, de nombreux livres millésimés, comme des almanachs, à la « date de péremption » très rapide. Un tiers des collections pourrait disparaître, pour être rapidement remplacé, assure l'administration.

 

Mais des universitaires s'y opposent : les calculs de désherbage se baseraient sur les statistiques de prêt des ouvrages, alors qu'un grand nombre de titres, assurent des professeurs, sont consultés, mais pas forcément sortis du bâtiment. « Nous allons jeter autant d'ouvrages que possible, ce qui n'est pas une stratégie », s'inquiète Alan Baumler, professeur d'histoire à l'UIP. « Ils disent qu'ils veulent plus de place pour les étudiants, mais j'ai du mal à croire qu'il n'y a pas d'autre endroit où les étudiants peuvent étudier. »

 

Un de ses confrères, Charles Cashdollar, professeur émérite, assure que l'université « se trompe complètement ». « Pour les humanistes, jeter ces livres est aussi catastrophique que de fermer les portes du laboratoire ou du studio ou de la clinique pour les autres », rapporte l'Associated Press.

 

La bibliothèque numérique HathiTrust
renferme 16 millions de livres

 

Malgré les inquiétudes de certains membres du corps professoral, l'université procédera sans doute au désherbage, d'autant plus que les étudiants sont de plus en plus habitués à travailler sur des documents numériques. Certes, il faut parfois s'habituer à lire et travailler longtemps sur écran, mais la possibilité de rechercher des mots fait gagner pas mal de temps...


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