États-Unis : des libraires indépendants se mettent en boîte pour contrer Amazon

Antoine Oury - 14.10.2020

Edition - Librairies - amazon libraires - boxed out campagne - etats unis librairies


Avec le soutien de leur association professionnelle, un certain nombre de libraires indépendants américains participent à une vaste campagne de sensibilisation pour défendre leur offre et leur présence face à Amazon. La campagne, intitulée « Boxed Out », voit les enseignes se « mettre en boîte » dans des colis Amazon, pour dénoncer les stratégies de la plateforme. Le slogan ? « Ne cédez pas au meilleur des mondes d'Amazon »...


 

« Notre WiFi est gratuit, merci de ne pas l'utiliser pour rendre une société de 1,6 trillion $ plus riche », « Amazon, merci de laisser la dystopie à Orwell », « Des livres choisis par de vraies personnes, pas un algorithme flippant ». Les slogans se succèdent sur les vitrines de plusieurs libraires américaines, recouvertes d'un dispositif qui évoque les colis envoyés en masse, chaque jour et dans le monde entier, par la multinationale Amazon.

Des librairies américaines, soutenues par l'association des libraires américains (American Booksellers Association), participent à une vaste campagne nationale, « Boxed Out », imaginée par la firme DCX Growth Accelerator, basée à Brooklyn.

L'objectif est simple : faire réaliser aux citoyens que les dépenses dans un commerce local, à savoir une librairie, sont bien plus utiles à la communauté et à l'économie locale. La date de lancement de la campagne n'est pas anodine, puisque Amazon ouvre ses Prime Days, un événement qui met en avant de multiples promotions sur une quantité de produits.
 


« Nous espérons que les gens feront le lien et montreront tout leur attachement à leur commerce local », indique Allison Hill, présidente de l'association, à l'Associated Press.
 

Amazon et la concurrence


Les librairies indépendantes américaines connaissent depuis quelques années une période faste : face au géant de la vente de livres que représente Amazon, elles tirent leur épingle du jeu. Contrairement aux chaînes comme Barnes & Noble, qui rencontrent plus de difficultés.
 


On estime qu'Amazon détiendrait environ 50 % des parts de marché, en matière de vente de livres, aux États-Unis. Ces derniers mois, la plateforme a fait l'objet d'une grande enquête menée par le Comité judiciaire de la Chambre des Représentants du Congrès américain. Les conclusions d'une partie des membres de ce comité sont sans appel : Amazon profite de sa position dominante pour tenter d'écraser toute concurrence. Toujours d'après le comité, le secteur du livre numérique serait monopolisé par Amazon, avec 80 % des parts de marché.
 

Le monde du livre, et notamment les libraires, avait témoigné contre Amazon lors des auditions du comité : l'Americain Booksellers Association multiplie depuis plusieurs années les discours et initiatives contre le géant américain.


Photographie : la librairie Solid State Books, à Washington, DC (via Twitter)



Commentaires
« Des livres choisis par de vraies personnes, pas un algorithme flippant »

Autant on peut être en accord avec leurs démarches, autant cette remarque est dérangeante. Je ne connais personne susceptible de mémoriser des milliers - voire des dizaines de milliers - de romans et être capable de conseiller au mieux quelqu'un.

Il faudra donc un jour où l'autre se résoudre à ce que certaines parties du conseil soient mieux réalisées par la machine : une IA (bien programmée ! Je ne parle pas du machin d'Amazon qui est programmée pour vendre les trucs Amazon) devrait être rapidement supérieure à n'importe quel humain dans ce domaine...
Alors pourtant, ça existe, ça s'appelle une libraire, une petite librairie contient souvent 3000 à 5000 titres et une librairie moyenne autour de 8000 à 10000 titres, vous pouvez facilement considérer qu'ils connaissent très bien 1 tiers du fonds, assez bien la moitié et savent de quoi causent 90Þs titres.

Le travail du de la libraire est bien souvent de répondre à une demande ou d'orienter pour ça, il y a toujours matière à interprétation selon les demandes claires ou vagues et l'humain a une capacité d'adaptation plus élaborée que la plupart des IA actuelles.

Après en bon amateur de SF, le développement d'une IA capable de faire ça me fascine également et en l'occurrence, on y arrivera sans doute, ce sera sans doute un peu dommage de l'utiliser en priorité dans le milieu de l'économie.
Mais on ne va pas vous conseiller un livre parmi des "milliers" d'autres. Dans une librairie, une médiathèque, on va vous conseiller un livre parmi les centaines qui sont-là ! Et comme on connaît bien notre fonds, qu'on voit qui est en face de nous, en général, on est bon. Maintenant comme nous ne sommes pas artificiels, mais parfois fatigués, malheureux, un peu ailleurs, parfois on se plante. Mais au moins vous vous aurez eu une vraie discussion sur ce que vous aimez. Et on s'en rappellera la prochaine fois que vous viendrez dans votre médiathèque ou librairie préférée ! On vous aura peut-être même mis un livre de côté ! Dingue !
« Dans une librairie, une médiathèque, on va vous conseiller un livre parmi les centaines qui sont-là ! »

Autant dans une médiathèque, cela a du sens. Autant dans une librairie, ça n'a qu'un sens... vénal. Le client vient chercher une information : « je veux (ou souvent j'aimerais) ça ». Il est fort possible que le libraire qui n'a qu'un micro-échantillon de la production annuelle - ne parlons pas de la production des vingt dernières années - n'ait pas en stock le « bon » livre pour ce client, à supposer seulement qu'il le connaisse ! Il va selon vous lui proposer le livre qu'il a en stock (parce que c'est plus rapide et surtout bien plus rentable) agissant finalement... comme Amazon.

De fait, on en revient alors à ce que disait Mmm : un libraire ne peut tout connaître et tout avoir. Il peut aimablement (et surtout humainement) conseiller, mais il restera toujours :

- un vendeur (et, de préférence, de son stock)

- un ignorant (son savoir sera d'autant plus grand qu'il sera jeune, par manque de temps).

Une bonne IA, au sens de Mmm, pourra un jour palier ces problèmes et fournir au client LE bon livre (pour peu que le client soit capable d'exprimer son besoin, ce qui reste toujours LE point délicat, qu'un humain peut aider à dépatouiller).

Tous les métiers qui peuvent être plus efficacement remplacés par une machine sont appelés à disparaître. Le conseil en librairie en fait partie, à plus ou moins brève échéance.

Ça ne veut pas dire que les librairies disparaîtront, mais qu'elles devront évoluer vers autre chose, sur un terrain que la machine ne pourra pas occuper.
Si je prends l'exemple du libraire spécialisé SFFF que je suis, mon catalogue compte 15000 reférences permanentes sur les 60000 que compte ma base de donnée dediée... au cours de ma vie de lecteur compulsif pendant une quarantaine d'année j'ai lu plus de 10000 livres de SFFF, de plus pour conseillerje m'appuie sur ma connaissance des sites et forum ainsi que des reseaux sociaux dédiés à ces genres... j'attends qu'une IA personnelle existe et je m'appuierai egalement sur elle pour etendre mon conseil... un site web ne peut remplacer un humain pour conseiller. Un algorithme peut essayer de comprendre ce que voudrait un utilisateur mais il n'aura pas la finesse d'un face à face entre deux personnes, ni la richesse d'une discussion autour de passions communes.

Amazon ne gagne pas d'argent en vendant des livres mais en les stockant ou en commercialisant ses données à des fin de publicité. Son activité est déloyale et détruit les commerces locaux.
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