États-Unis et Israël quittent l'UNESCO : l'IFLA appelle à une concertation

Cécile Mazin - 16.10.2017

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Voici quelques jours, Israël et les États-Unis annonçaient qu’ils quittaient l’UNESCO, estimant que l’organisation internationale avait une attitude anti-israélienne. Un choix que l’administration Trump assume pleinement – du moins le président américain ne semble-t-il pas s’en émouvoir. Mais qui, dans l’esprit de beaucoup, rappelle le choix de Reagan, en 84, qui accusait l’UNESCO d’être prosoviétique...


Journée du manuscrit Francophone 2015
Le siège de l'UNESCO – ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Depuis, l’élection d’Audrey Azoulay à la présidence de l’établissement a fait couler de l’encre. Certains y voient un choix stratégique, considérant que l’ancienne ministre de la Culture est originaire d’une famille juive marocaine. Difficile d’être affirmatif, mais la nouvelle présidente aura bel et bien sur les bras une institution où il faudra faire revenir Américains et Israéliens.

 

Pour mémoire, en juillet 2017, l’UNESCO avait décidé de classer la ville d’Hébron, cité palestinienne au cœur de la Cisjordanie, comme patrimoine mondial de l’humanité. Et surtout, situait donc la ville en Palestine. Conséquence immédiate, Benyamin Nétanyahou avait réagi en disant que, désormais, le tombeau des Patriarches n’était donc plus un monument juif. Mais surtout, pointait le Premier ministre israélien : il y avait là une reconnaissance supplémentaire de l’État palestinien, avec tout ce que cela peut impliquer.

 

L’accusation de comportement anti-israélien ne s’estompera pas nécessairement avec l’élection d’Audrey Azoulay, mais l’argumentaire déjà fragile des Américains et Israéliens devient plus fragile encore. 

 

Audrey Azoulay prend la direction générale de l’UNESCO 

 

D’autant plus que la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) vient d’enfoncer le clou, affirmant qu’elle regrette « l’annonce faite par les États-Unis et Israël de leur retrait de l’UNESCO ». L’IFLA encourage chacune des parties à renouer le dialogue et travailler ensemble pour trouver une solution positive. 

 

Et de réaffirmer : « Les bibliothèques jouent un rôle essentiel dans la promotion de l’éducation, l’avancée des sciences et tant la préservation que la célébration de la culture. En tant que réseau mondial, l’IFLA repose sur le fait que nos institutions et nos activités bénéficient d’une discussion et d’une coopération par delà les frontières. Nous progressons plus rapidement et de façon plus durable vers ces objectifs lorsque nous le faisons ensemble. »

 

L’IFLA joue également le rôle de porte-parole mondial pour les bibliothèques, et partage nombre des valeurs que l’UNESCO incarne, rappelle le communiqué.

 

 

 

Difficile de savoir comment Audrey Azoulay pourra s’y prendre avec les USA, d’autant que ces derniers avaient déjà cessé de financer l’organisation en 2011. « L’universalité est essentielle à la mission de l’UNESCO pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l’Homme et de la dignité humaine », déclarait l’ex-directrice, Irina Bokova...