États-Unis : “L'édition a besoin d'alternatives solides à Amazon”

Antoine Oury - 19.11.2019

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Outre-Atlantique, chaque jour semble amener l'édition à une conclusion implacable : Amazon ne veut pas que du bien aux éditeurs. La réduction des stocks de livres dans les entrepôts de la firme, et les ruptures de stock qui ont suivi, inquiètent considérablement l'Association des éditeurs indépendants (Independent Book Publishers Association, IBPA).

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(Jeronimo Palacios, CC BY 2.0)


Lorsqu'un seul acteur est à l'origine de la moitié des ventes de livres — et sans doute bien plus si l'on ne compte que les ventes de livres en ligne —, peut-on considérer que le marché est sain ? Pas vraiment, rappelle l'Association des éditeurs indépendants américains, l'IBPA, qui, dans un communiqué, rappelle à ses membres et autres maisons d'édition qu'Amazon, définitivement, a beaucoup trop de pouvoir entre ses mains.

Tout commence avec une baisse des commandes de livres de la firme, qui vide d'une manière non anecdotique ses entrepôts de plusieurs milliers de livres, en ne renouvelant pas les stocks. Explication, non confirmée par Amazon : l'approche du « Black Friday », journée de promotion, aurait conduit le site à stocker plus d'électroménager et d'appareils électroniques, au détriment des livres.

Soit. Mais l'IBPA, alertée par ses membres, rapporte que ces choix d'Amazon ont des effets dévastateurs : un éditeur évoque ainsi une baisse de 50 % de ses ventes par rapport à la même période de l'année précédente. L'association y voit un signal d'alerte pour « les éditeurs qui s'appuient fortement, voire uniquement, sur Amazon pour vendre leurs livres ».

En effet, dépendre d'un vendeur unique n'est jamais une bonne option, et d'autres géants de la vente, comme Walmart, Target ou même les librairies Barnes & Noble ne sont pas forcément accessibles à de petits éditeurs indépendants. 
 
Pour autant, martèle l'organisation professionnelle, se livrer entièrement à Amazon n'est pas une solution, surtout lorsque l'on considère « son absence totale de souci ou de loyauté pour l'industrie du livre ». Comprendre : la firme n'hésitera pas à sacrifier des livres ou des vendeurs pour adapter son modèle économique et son offre. La solution serait donc de faire confiance, en tant qu'éditeurs indépendants, aux libraires indépendants...

Autre désagrément remarqué par l'IBPA : la disparition de certains livres des stocks d'Amazon a créé une demande, rapidement repérée par des vendeurs tiers. Ces derniers ont profité de la situation pour vendre des ouvrages d'occasion sous l'appellation « neuf », voire des services de presse... Sur lesquels l'éditeur ne touchait rien.


Commentaires
Et la disponibilité en numérique ?
Bonjour,



Je vois souvent des messages qui accusent de tous les maux la société Amazon et si je reconnais que le monopole n'est pas une bonne chose, j'en viens souvent à me demander quelle alternative pour un auteur en auto-édition désargenté. Aux états-unis, je me disais qu'il devait bien y avoir des gens qui avaient décidé de proposer le même genre de services et payer avec le même sérieux.



Le capitalisme de notre monde ne fait pas dans la dentelle et ce, quelque soit l'entreprise. On n'est pas dans l'humain, on est dans la rentabilité et ce dans toute société.



En tant qu'auteure, je ne souhaite pas mettre mes œufs dans le même panier (habitude professionnelle), mais je suis face à un vrai problème. Je suis une imbécile qui pense qu'un livre vendu à 20 euros ne devrait pas me rapporter que 1 euro et des broutilles... et comme je suis une vraie casse-pied, j'aime que mon histoire soit abordable financièrement au plus grand nombre. Jusqu'ici et après avoir analysé chacun... je n'ai que Amazon qui me permet ce genre de luxe.



Si je trouvais le même genre de prestations chez un autre, je n'hésiterai pas une seconde. En e-book, Bookelis est très bien, pour ce qui est du livre papier c'est une autre histoire... BOD demande par livre 19 euros par contrat et par livre... le soucis chez eux, le logiciel de création du livre (une horreur). Les petites imprimeries offrent la possibilité de faire de petits livres de "luxe".



Il y a un autre point à mettre en avant, le fait qu'Amazon permette d'envoyer les livres à moindre coût (contrat juteux, pour l'instant, de la poste pour ces services chronopost, colissimo avec le géant. Là, le vilain pas beau devient le messie, étrange non ?). Quand en tant que particulier vous envoyez votre livre à un lecteur via la poste, cela vous coûte une somme conséquente... ce qui n'est pas en soit le cas via le géant.



Les librairies se doivent d'évoluer, du muter pour offrir autre chose, autrement et surtout de répondre aux besoins du lecteur et de l'auteur, et d'arrêter de cracher sur les auto-édités. Il ne fait aucun doute qu'il faut faire vite. J'ai vu des jeunes prendre le problème à bras le corps (the kube par exemple), en France, je ne sais ce qu'il en est aux Etats-Unis.



Pour contrer, il faut innover, écouter, créer, réinventer. C'est une simple question d'évolution et de logique... du pragmatisme aussi.
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