Etats-Unis : la justice condamne un docteur à l'écriture d'un livre

Clément Solym - 20.05.2012

Edition - International - Condamnation - Livre - Justice


L'on connaissait l'inventivité des américains pour saisir la justice : notice de micro-onde ne mentionnant pas le danger d'y mettre son chat, assignation d'une chaîne de télé pour chronophagie... Reste que les tribunaux ne sont pas en reste d'imagination pour le prononcé des sanctions.


Condamné en 2009 après avoir plaidé coupable pour avoir fourni de fausses informations afin de faire autorisé un médicament générique en réalité nocif pour la santé, le docteur Andrew G. Bodnar a été condamné à une amende de 5 000 dollars, deux ans de prison avec sursis et... à écrire un livre de 75 000 mots.

 

 

 

Diplomé d'Harvard avec une spécialité en littérature anglaise, le médecin s'est donc executé pour rendre son ouvrage à la cour, afin qu'il soit numérisé et rendu public. Le résultat : 253 pages écrites à la troisième et première personne, narrant la vie de l'auteur, son enfance en Hongrie et son départ pour les Etats-Unis à l'âge de huit ans après l'invasion soviétique, jusqu'à sa prise de fonction à la tête du laboratoire et sa condamnation. 

 

Teinté de Dickens ou de Dostoïevski selon l'aveu de son auteur, le livre a été remis à la cour en octobre mais n'est pas destiné à être publié par une maison d'édition.

 

Ce genre de peine originale n'est pas une première aux Etats-Unis : en 1990, un adolescent condamné pour tapage a été contraint par la justice d'écouter des balades de crooners comme Barry Manilow. Un homme ayant fait construire des propriétés en violation du code de l'immobilier a été condamné à passer six mois dans l'un des bâtiments défectueux.

 

Dans son livre, le docteur Bodnar rappelle sa bonne foi, ayant cru à la validité des certificats qu'il a signés pour la mise sur le marché du médicament litigieux. Le processus d'écriture du livre aura cependant été vraisemblablement une bonne expérience, qu'il qualifie, par la voix de son avocat, 

« d'intense introspection ». 

 

« Je suis prêt à être présenté à mon prochain juge », écrit l'écrivain amateur, âgé aujourd'hui de 64 ans, pour conclure son livre.