Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

États-Unis : la romance a un gros problème de diversité

Antoine Oury - 06.10.2017

Edition - International - romance diversité - romance The Ripped Bodice - romance auteurs


La romance est un genre qui fait le bonheur des maisons d'édition depuis quelques années. Parfois au détriment de la diversité : des projets, tout d'abord, qui se ressemblent parfois un peu trop, mais aussi des auteurs, qui, comme le signale une étude d'une librairie américaine spécialisée, correspondent trop souvent à un seul profil. Celui d'une femme ou d'un homme blanc, qui représentent l'écrasante majorité des auteurs du genre.

 
La Musardine, soirée bande dessinée à la librairie
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Leah et Bea Koch ont ouvert en 2016 une librairie spécialisée dans la romance, à Los Angeles, répondant au nom de The Ripped Bodice. Au sein de leur clientèle, des lecteurs ou des lectrices leur réclamaient parfois des ouvrages écrits par des auteurs noirs, ou asiatiques, ou qui mettaient en scène des personnages autres que la femme ou l'homme blanc.

 

Les libraires se sont retrouvées un peu dépourvues : difficile de trouver de tels titres dans leurs rayonnages. Les sœurs Koch se sont alors lancées dans une étude inédite sur les auteurs des ouvrages qu'elles avaient sur leurs étagères. Elles ont pris en compte les titres de vingt maisons d'édition, dont Kensington, Harlequin, Random House ou encore Crimson.

 

Leurs conclusions sont frappantes : sur 100 livres publiés par ces éditeurs en 2016, seuls 7,8 ont été écrits par une personne qui n'est pas blanche. La moitié des éditeurs de la liste n'avait pas plus de 5 % de leurs ouvrages au catalogue écrits par une personne représentant un peu de diversité dans un panel d'auteurs très uniforme. Les libraires n'ont considéré que l'édition traditionnelle, qui oublie ainsi une partie de son lectorat ou de ses lecteurs potentiels.

 

Kensington, Forever et Crimson constituent le top 3 des maisons qui accordent le plus de place à la diversité au sein de leurs auteurs publiés. « Pendant de nombreuses années, le refrain des éditeurs a été “Nous travaillons là-dessus”. Chaque année, nous étudierons les données de l'industrie pour vérifier si cette promesse est tenue », souligne Leah Koch.

 

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Les deux sœurs saluent la bonne volonté des éditeurs qui leur ont fourni des données, mais ne cachent pas leur effarement devant les chiffres : « Nous nous doutions qu'ils seraient mauvais, mais pas à ce point-là », s'étonne Bea Koch. Elles espèrent obtenir encore plus de chiffres l'année prochaine, pour compléter leur panorama.

 

via Entertainment Weekly