États-Unis : le livre, produit phare des grandes surfaces pendant la crise

Camille Cado - 23.07.2020

Edition - International - grandes surfaces ventes livres - coronavirus grandes surfaces - librairie concurrence


Comme dans de nombreux pays, les librairies et les bibliothèques des États-Unis ont dû fermer leurs portes, pour cause de coronavirus. Pour dénicher des ouvrages, les lecteurs se sont tournés vers les grandes surfaces, seuls points de vente restés ouverts pendant le confinement. Résultat : les ventes de livres y ont connu une croissance sans précédent.
 

 
 
La fermeture des librairies et des bibliothèques aura été une aubaine pour la grande distribution, aux États-Unis. Considérées comme des commerces de première nécessité, les grandes surfaces — qui vendent également des livres — ont en effet été les seules à pouvoir accueillir du public pendant la période de confinement, dont des lecteurs.

Aussi, lorsque les consommateurs dévalisaient les rayons de pâtes, riz ou autres produits d’épicerie dans des magasins tels que Walmart et Target, ils en profitaient souvent pour repartir avec un roman, un livre de poche ou encore un cahier d’exercices. 

D’ailleurs, les magasins ont rivalisé d’ingéniosité pour promouvoir les ouvrages. Pendant la crise sanitaire, le meilleur endroit pour vendre des livres était à proximité des produits incontournables comme les œufs, le lait et les couches. Une stratégie de conquête qui s’est révélée concluante.

« Imaginez-vous, vous êtes là, en train de faire vos courses, de marcher tranquillement entre les allées et là, vous tombez sur un livre ou un puzzle. Évidemment, vous vous dites : “Il me le faut, on s’ennuie tellement !” » a déclaré Suzanne Herz, éditrice chez Vintage/Anchor, dans les colonnes de The New York Times.
 

Covid : les ventes de livres explosent dans les grandes surfaces


Sans surprise, les ventes de livres se sont envolées. Si la grande distribution n'a pas communiqué ses chiffres, les professionnels de l’édition estiment qu’elles auraient triplé, voire quadruplé, dans les grandes surfaces aux États-Unis. 

Dennis Abboud, directeur général de ReaderLink, société spécialisée dans la distribution d’ouvrages qui dessert plus de 80.000 points de vente, a ainsi vu ses ventes bondir depuis la crise. Pendant la première semaine d’avril, la société a enregistré une hausse de 34 %, en regard de la même période, l’année précédente. 

« Avec le confinement, les gens cherchaient des choses à faire. Les cahiers d’exercices, d’activités en tout genre, mais également la littérature générale ont connu une forte augmentation » a-t-il souligné. 

Du côté des magasins Walmart, ce sont les livres pour adultes, et notamment les ouvrages de fiction, qui ont surtout connu une hausse des ventes. À cela s’ajoutent « les ventes de titres parascolaires, qui ont considérablement augmenté depuis la fermeture des écoles », déclare Leigh Stidham, porte-parole de l’enseigne.
 

Des chiffres, rendus possibles à la fois par la fermeture des librairies et des bibliothèques. Mais également, parce que le géant du e-commerce Amazon a été contraint d’interdire à la vente tout ce qui n’était pas produit de première nécessité, dont les livres. En France, les produits d’hygiène ou de base pour la maison ont également eu la priorité suite au jugement du tribunal judiciaire de Nanterre.
 

La grande distribution : nouveau géant de l’industrie du livre ? 

Les lecteurs continueront-ils à faire leurs emplettes littéraires dans les rayons de leur supermarché ou retourneront-ils dans les librairies et les bibliothèques ? Si Dennis Abboud de ReaderLink prévoit une baisse des ventes, il ne s’attend tout de même pas à revenir aux chiffres pré-crise. 

Les grandes surfaces représentaient déjà une part importante du marché du livre aux États-Unis. Les magasins tels que Target ou Walmart achètent souvent une quantité importante d’exemplaires — jusqu’à 30.000, précise The New York Times. Dans les magasins de la chaîne Costco, un bestseller peut dépasser les 100.000 exemplaires vendus. 

Acteur incontournable des ventes de livres aux États-Unis, la grande distribution peut également revêtir le rôle de prescripteurs. Chaque mois, Costco met en avant un ouvrage choisi par Pennie Clark Ianniciello, responsable des achats de livres de l'enseigne, et élu « Pennie's Pick ». 
 

FRANCE : L'impact de la crise sanitaire
sur les ventes de livres 


Une distinction qui peut avoir de réelles conséquences sur les ventes de l’ouvrage. Par exemple, le roman de Juliet Grames The Seven or Eight Deaths of Stella Fortuna s’est vendu à près de 15.000 exemplaires en grand format. Le livre de poche, nommé Pennie’s Pick, a réussi à se vendre à plus de 18.000 exemplaires pendant le confinement. 

« Si cela n’avait pas été un Pennie’s Pick, les résultats auraient été tout autre », assure Sarah Burnes, l’agente littéraire de l’autrice. 

Photo d’illustration : Target à Los Angeles (crédit : Salvation Army USA West, CC BY 2.0)




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.