États-Unis : le prêt numérique en prison, pour aider à la réinsertion

Clémence Chouvelon - 27.03.2015

Edition - International - prison - bibliothèques numériques - Etats-Unis


The American Prison Data Systems (APDS) a développé une bibliothèque numérique pour les prisonniers américains. Ce système, National Corrections Library, est une première dans l'univers carcéral américain et rencontre un certain succès avec les prisonniers. La lecture permettrait de diminuer la violence dans les prisons. 

 

 

Prison

  Photo d'illustration (JoshuaDavisPhotography CC BY-SA 2.0)

 


Lancé en septembre 2014, l'accès au système est gratuit pour les prisonniers utilisateurs de tablette. L'APDS travaille avec des prisons, mais également avec les départements de probation, les programmes alternatifs à l'incarcération, les installations pour la réinsertion. « Nous travaillons en partenariat avec les meilleurs fournisseurs de contenus pour nos programmes relatifs à l'éducation, la santé, mais créons nos propres outils pour résoudre des problèmes spécifiques dans certains établissements » explique Cindy Mclaughlin, de l'American Prison Data Systems. 

 

APDS fournit des tablettes Android connectées aux établissements correctionnels, afin de permettre aux prisonniers de recevoir des cours en ligne, des entraînements professionnels, et des aides à la réhabilitation. Le système National Corrections Library (NCL) fonctionne avec le programme OverDrive, une application permettant d'emprunter des livres numériques dans les bibliothèques alentour.

 

« C'est une bibliothèque de loisirs que nous avons organisée pour les détenus avec l'aide du personnel d'OverDrive et des bibliothécaires des prisons nationale [...] nous avons besoin à la fois de sécurité technique — nos utilisateurs ne sont pas autorisés à accéder au site web principal d'OverDrive, aux réseaux sociaux ou tout autre site externe — et d'un catalogue de lecture organisé. »

 

Proposer aux prisonniers une bibliothèque numérique permet de remplacer ou de compléter les bibliothèques classiques, un gain de place significatif pour les établissements d'incarcération. NCL propose également des solutions pour réduire la violence et s'adapter au niveau de lecture des personnes incarcérées : « NCL offre aux détenus un ensemble croissant de titres, inspirants et éducatifs, pour tout niveau de lecture et d'éducation. Comme l'alphabétisation est un problème majeur avec notre public, nous travaillons surtout à rendre le contenu accessible en audiobook. »

 

Le programme permet aux détenus de lire en privé, à leur rythme, et avec leurs propres paramètres de texte (taille, contraste etc.) pour palier aux problèmes de chacun comme dans le cas de déficience de la vision, ou de dyslexie. 

 

Le programme a été bien accueilli dans les établissements équipés : « nous recevons des retours continus de la part du personnel carcéral, de professeurs, et même des détenus, qui nous remercie et nous encourage à continuer cet excellent programme ». Le département d'État des services correctionnels de l'Indiana, qui utilise le programme NCL dans une prison pour jeunes filles à la sécurité élevée, a constaté une baisse de la violence dans l'établissement depuis l'implantation du service.

 

« Nous avons observé les jeunes filles consulter les livres régulièrement et plus en plus fréquemment, et dans le même temps la violence dans l'établissement à considérablement diminuée. Les agents correctionnels attribuent la réduction de laviolence en partie à l'augmentation de la lecture via NCL. »

 

En France, l'accès à la lecture dans les prisons fait l'objet de nombreuses critiques, notamment du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, en 2014. Un programme de lecture lié à la réinsertion et aux remises de peine est en cours d'implantation dans les établissements pénitentiaires français.

 

(via OverDrive)