Etats-Unis : le prix du livre en baisse, l'âge des plus grands acheteurs aussi

Clément Solym - 13.08.2012

Edition - International - prix du livre - âge des acheteurs - année 2011


Entre 2010 et 2011, le prix du livre a baissé : la différence moyenne est de l'ordre de quelques cents, mais la tendance s'est généralisée, d'après un rapport de Bowker Market Research, à tous les genres, qu'il s'agisse de la fiction ou des documents. Parallèlement, l'âge moyen des lecteurs, et des acheteurs, a suivi la même courbe : les représentants de la Génération Y ont pris le relais des enfants du Baby Boom.


Youth Group Mission Week

(auteur : doscabeza)


C'est grâce à l'indispensable Publishers Weekly que l'on peut accéder à un aperçu de ce rapport signé Bowker Market Research, qui pourra être consulté dans son intégralité contre 799 $ : de toute évidence destiné aux professionnels du livre, ses conclusions n'en sont pas moins intéressantes pour tous les lecteurs : c'est que la baisse du prix du livre est devenue un enjeu politique depuis l'accusation du Department of Justice d'entente sur le prix des ebooks à l'encontre d'Apple et de cinq grands éditeurs, conduisant, d'après l'autorité antitrust, à un dommageable maintien des prix.

 

C'est d'ailleurs le livre numérique qui est à l'origine de cette baisse de prix : l'ebook de fiction s'échange ainsi en 2011 pour un prix moyen de 5,24 $, contre 5,69 $ en 2010. L'écart semble presque insignifiant en comparaison de la dévaluation des essais et documents au format numérique, de 9,04 $ à 6,47 $ : ce genre d'ouvrages, pour lequel la rotation et le rythme éditorial sont rapides, est logiquement le plus touché par la baisse des prix impulsée par le format numérique. Le livre jeunesse tombe quant à lui à 4,47 $, contre 4,88 $ l'année précédente. De premiers résultats communiqués par Bowker (voir notre actualitté) faisaient état d'achats numériques qui représentaient 14 % des achats de livres, tous supports confondus, pour l'année 2011.

 

De moins en moins chers, et de plus en plus achetés ? C'est l'un des constats les plus évidents face aux données de Bowker, qui font de l'écrit un médium plébiscité par le public. Malgré tout, les nombreux débats qui agitent les États-Unis sur les pratiques commerciales de certains gros vendeurs de livres, d'Amazon à Walmart, ne font que rappeler combien la dévaluation reste avant tout un argument de vente, et pas forcément un gage d'accessibilité.

 

Le prix moyen du livre a subi quelques effets de cette dévaluation, mais sans que son prix ne soit vraiment amputé : si les deux premiers trimestres l'ont vu réduit, le troisième a enregistré une hausse du prix du livre de 3 %, atténué le trimestre suivant par une baisse de 2 %. Finalement, début 2012, le prix moyen du livre se fixe à 12,62 $.

 

Dernière information, et non des moindres : les « Baby Boomers », nés entre 1946 et 1964, étaient il y a peu les plus grands acheteurs de livres. Malgré leur prépondérance dans la répartition de la population, ils ont été détrônés par leurs cadets, la Génération Y, dont les achats de livres représentent désormais 30 % des ventes, contre 25 % pour les Boomers.