États-Unis : le réactionnaire Yiannopoulos abandonne son procès contre son éditeur

Antoine Oury - 21.02.2018

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Le chantre des droites réactionnaires des États-Unis, Milo Yiannopoulos, figure médiatique habituée des sorties racistes, haineuses et misogynes, a jeté l'éponge dans le procès qui l'opposait à son ancien éditeur, Simon & Schuster. Ce dernier était revenu sur la publication de son livre, Dangerous, après une énième polémique autour de propos tenus par Yiannopoulos.


Milo Yiannopoulos, Journalist, Broadcaster and Entrepreneur-1419
(OFFICIAL LEWEB PHOTOS, CC BY 2.0)
  


Le polémiste préféré de la droite américaine, qui s'était bâti une réputation à coups de saillies misogynes, homophobes, racistes et anti-musulmans, avait reçu 250.000 $ de la part de Treshold, une filiale du groupe Simon & Schuster, pour publier un livre. À l'époque, l'éditeur avait assuré que l'ouvrage serait un moyen de participer au débat autour de différentes questions de société, et que la signature de Yiannopoulos n'avait rien à voir avec le public qu'il avait su rassembler en insultant et dénigrant.

 

« Pour commencer, je voudrais rappeler que notre volonté n'est pas de soutenir, de légitimer ou de publier un discours de haine. Pas de la part de nos auteurs. Pas dans nos livres. Pas dans nos maisons. Pas de la part de nos employés ou dans nos lieux de travail » soulignait Carolyn Reidy, PDG du groupe, en janvier 2017. Un mois plus tard, Simon & Schuster et sa filiale abandonnaient l'ouvrage : des propos de Yiannopoulos sur les relations sexuelles avec des mineurs, tenus quelques mois auparavant, auront eu raison du projet éditorial.

 

Après s'être tourné vers l'autopublication pour diffuser Dangerous, qu'il avait tout de même écrit, Milo Yiannopoulos avait entamé une action en justice contre son éditeur. « Je suis très en colère contre eux [Simon & Schuster, NdR] — c'est pourquoi je les attaque en justice », expliquait-il simplement à l'occasion de l'ouverture du procès, qu'il s'était efforcé de médiatiser. « Les actionnaires [de Simon & Schuster] devraient être énervés, car les ventes ne s'arrêteront pas à 100.000 exemplaires », assurait Yiannopoulos.

 

Largement critiqué pour son opportunisme, le groupe Simon & Schuster avait savamment orchestré sa défense, en publiant, à la fin de l'année 2017, les remarques de l'éditeur sur le manuscrit de Yiannopoulos, afin de démontrer que ce dernier n'avait pas fourni une telle somme de travail. 

 

Mitchell Ivers, l'éditeur, notait ainsi qu'il était nécessaire de trouver « un argument plus solide contre le féminisme que déclarer que [les féministes] sont moches, sans vie sexuelle et entourées de chats ». L'éditeur qualifiait aussi un argument de Yiannopoulos de « totalement ridicule », et écrivait dans la marge, à propos d'un paragraphe, qu'il n'avait « pas de sens ».

 

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“ridicule” de Milo Yiannopoulos

 

Le procès semblait suffisamment périlleux pour que Yiannopoulos y renonce, annonce The Guardian, en accord avec son ancien éditeur. Les deux demandent un abandon de la procédure, « sans amendes ou dommages pour les deux parties ». En janvier dernier, Yiannopoulos avait demandé à assurer lui-même sa défense. Simon & Schuster s'est déclaré heureux de la fin du procès, tandis que le polémiste a assuré qu'il ne voulait pas « dépenser tout l'argent gagné avec [s]on livre ni passer les deux prochaines années de [s]a vie au tribunal ».




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