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États-Unis : les bibliothèques doivent hausser le ton

Clément Solym - 03.07.2012

Edition - International - Peter Brantley Internet Archive - American Library Association - bibliothèques


Cette année, la conférence de l'American Library Association s'est déroulée en Californie, et a rassemblé près de 15.000 bibliothécaires, pas venus sur place pour le soleil de la côte Ouest. Au centre des discussions, il y avait bien sûr le prêt des livres numériques, qui reste, aux États-Unis comme en France, un sujet d'incertitudes, voire d'inquiétudes.


Exhibit hall opening

ALAffluence (auteur : ALA - The American Library Association)


L'ensemble de l'événement s'est déroulé sous les effets de l'annonce de Penguin, qui a dévoilé un plan pour le prêt de ses ebooks au sein de la New York Public Library et de la Brooklyn Public Library, après plusieurs mois de farouche résistance. (voir notre actualitté) Si les organisateurs ont vu cette coïncidence comme un encouragement, plusieurs bibliothécaires émettaient tout de même de sérieuses réserves face aux restrictions imposées par l'éditeur : un embargo de 6 mois est imposé sur les titres récents, et les exemplaires numériques ont une durée de vie d'une année...

 

Peter Brantley, responsable de la section Livres de l'Internet Archive, a d'ailleurs distillé ses bons conseils et souligné l'engagement insuffisant des bibliothécaires dans les débats autour du numérique : « Il ne s'agit pas seulement des Big Six, et même pas seulement des petits éditeurs indépendants, mais aussi de ce matériel publié en autoédition, sur lequel il est très, très difficile pour les bibliothèques de mettre la main. Il s'agit par exemple des ouvrages publiés uniquement via le Kindle Direct Publishing. Il n'y a aucun moyen pour nous, les bibliothèques publiques, de se les procurer. » Discuter avec les Big Six, donc, (voir notre actualitté) mais plus largement avec tous les créateurs de littérature.

 

Le prêt des ebooks ne connaît qu'une croissance très faible, par manque d'informations ou de technologies disponibles : une enquête de Pew Research, dont les résultats ont été dévoilés pendant l'ALA 2012, révèle que seulement 12 % des utilisateurs de reader ont emprunté un livre numérique l'an passé, tandis que 62 % d'entre eux ignoraient les offres de prêt de leur bibliothèque.

 

Brantley a rejoint l'IDPF sur la nécessité d'un DRM « allégé », pour protéger les ebooks sans en compromettre l'interopérabilité entre les différents supports, et a au passage descendu en flammes l'Adobe Server Content, une des seules solutions de stockage proposées aux bibliothèques : « Adobe Server Content est un service au suivi déplorable, qui a vu de meilleurs jours. Il n'est pas beaucoup apprécié de ceux qui l'utilisent, et impose aux bibliothécaires une charge technique et logistique. »

 

D'autres intervenants se sont succédé sur la scène de la conférence annuelle de l'ALA, tels John Irving, ou encore trois bibliothécaires qui ont exposé les solutions pour survivre malgré les réductions de budget...

 

Un air de récupération de bouts de chandelle, malgré tout... L'ALA elle-même a annoncé être en déficit, et a prévu de réduire ses dépenses et ses ambitions pour la conférence de l'année prochaine.




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