Etats-Unis : Les presses universitaires menacées

Clément Solym - 02.08.2012

Edition - International - Presses universitaires - numérisation - Université du Missouri


Vendre des livres édités en presses universitaires semble être un défi plus difficile à relever que dans le domaine de l'édition purement commerciale. Une seule solution, prometteuse mais dangereuse pour le livre papier : la numérisation des œuvres.

 

L'expression « Publish or perish » (publier ou périr) couramment employée dans les années trente est toujours d'actualité. Le corps professoral  américain est en effet vivement invité à multiplier les publications articles et livres, mais cette fois au format numérique.

 

Graduate Hat

 

Si les professeurs ont encore leur mot à dire et que les étudiants sont des élèves modèles, les exigences de l'érudition pèsent trop lourd sur des budgets serrés. Et comme si cela ne suffisait pas, la nouveauté 2012, ce sont les quotas de ventes a respecter.

 

Faire du profit, pas d'autre slogan possible. A ce propos, John Eligon du New York Times à de quoi s'inquièter car « une demi douzaine de presses universitaires ont fermé au cours des trois dernières années, confrontées à la dure loi du marché. »

 

Le doyen de la bibliothèque d'une école demeuré anonyme a déclaré qu'il souhaite vraiment voir les universités augmenter leur rythme de publication. Mais dans le contexte économique actuel, d'autres priorités sont à l'ordre du jour.

 

C'est que l'université a ses exigences. En matière de sources notamment, et de contrôle des traductions, qui nécessitent de rémunérer davantage de spécialistes. Pour riposter, une seule solution, la numérisation des œuvres qui réduirait les dépenses.

 

Dure dure pour les philologues de délaisser une tradition millénaire, mais pas de pitié pour le papier. Les universités se tourneront désormais vers l'ebook, en réaction à la débacle et suite au dernier plan de fermeture des presses universitaires du Missouri.