Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Etats-Unis : les relations profs-élèves sur Internet remises en cause

Clément Solym - 03.08.2011

Edition - Société - états - unis - profs


Entre enseignants et élèves, difficile d’établir la barrière juste quand on passe dans le domaine du virtuel, lieux où les codes sociaux sont encore mouvants. Aux Etats-Unis, plutôt que de penser que les professeurs sont capables d’agir, sur ce point, en tant qu’adultes responsables, on commence à légiférer sur la question. Après la Virginie, c’est donc l’état du Missouri qui s’apprête à faire passer un texte interdisant les contacts privés virtuels entre un élève et son enseignant via un réseau social.

Ce projet de loi trouve racine dans un fait-divers récent où un enseignant, très bien vu professionnellement, a harcelé sur Internet une de ses élèves avant de l’agresser sexuellement. Le texte vise à interdire tout échange d’ordre privé entre les professionnels de l’éducation et leurs élèves. C’est, en premier lieu, l’utilisation de Facebook et de Twitter qui est en réalité épinglée.


Se pose toutefois de nombreuses questions quant aux possibilités réelles d’appliquer un tel texte. En effet, qui ira vérifier que les relations dénoncées par ce projet de loi ont, ou non lieu ? Cela relève de la plus pure illusion. On ne peut, en la matière, qu’agir par recommandations, et d’ailleurs des recommandations qui tombent sous le sceau du simple bon sens…

Le virtuel n’est finalement que le prolongement du réel et vouloir mettre fin aux relations enseignants-élèves sur la toile est illusoire et idiot. C’est aller à contresens. Il s’agit simplement de maintenir une vigilance pour que les relations sur Internet restent d’ordre professionnel, chacun gardant son rôle.

Remettre le soupçon sur toutes les relations que les enseignants peuvent entretenir avec leurs élèves sur Internet sous prétexte d’un fait divers n’est pas sérieux. Qu’en serait-il, si l’on devait appliquer la même logique dans la vie réelle ? Il faudrait, de ce pas, remplacer les enseignants par des robots ! Les contours de ce texte restent d’ailleurs assez flous. Les enseignants peuvent-il maintenir un contact avec leurs anciens élèves, les élèves qu’ils n’ont pas en cours ?