Etats-Unis : les ventes de livres en baisse dans presque tous les secteurs

Laurène Bertelle - 16.06.2017

Edition - International - marché du livre américain - livre papier etats-unis - littérature jeunesse etats-unis


Le bilan du marché de l'édition américain vient de tomber, et il n'est pas grandement rassurant : les recettes des éditeurs sont en baisse dans presque tous les secteurs du livre, mis à part les ouvrages religieux et jeunesse. Côté formats, ce sont les livres papier et audio qui s'en tirent le mieux, tandis que l'ebook poursuit sa baisse – relativisable.


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La jeunesse est un des seuls secteurs en augmentation (James*C, CC BY-NC 2.0)



Après l'Allemagne, c'est au tour de l’AAP, association des éditeurs américains, de publier ce jeudi 15 juin son compte-rendu concernant le marché du livre en 2016 aux Etats-Unis. Elle se réfère, pour chaque donnée, aux recettes des éditeurs issues des ventes aux libraires, ventes directes et ventes en ligne, et non aux chiffres de ventes des revendeurs.

 

De manière générale, les recettes des éditeurs étaient en 2016 de 14,3 milliards de dollars, ce qui équivaut à une baisse de 6,6 % par rapport à 2015. Ce nombre inclut les ventes de livres « tout public », fiction et non-fiction, des publications religieuses, de l’édition professionnelle et des contenus scolaires et universitaires.

 

Une baisse quasi-générale

 

Presque tous les secteurs du livre sont en baisse, à l’exception des livres pour la jeunesse et des publications religieuses, soit l’opposé de l’année précédente.

 

En ce qui concerne les "trade books", livres dits « tout public », l’AAP annonce une baisse de 0,2 % par rapport à l’année précédente, soit un chiffre de ventes de 7,1 milliards $. Les ventes de livres pour adultes en particulier, qui représentent 65 % de ce secteur, ont baissé de 2,3 %. 

 

Si l’on passe dans l’édition spécialisée, le constat est d’autant plus alarmant. L’édition scolaire – jusqu’au bac –représentait en 2016 2,8 milliards de recettes. C’est 9 % de moins que l'année 2015, qui comptabilisait 3,1 milliards de chiffre d'affaires. L’éducation supérieure ne s’en tire pas mieux avec une baisse de 13,4 % de chiffre d’affaires.

 

Enfin, la Palme revient à l’édition professionnelle, qui regroupe les ouvrages de médecine, de droit, de science, techniques ou d’affaires, avec une chute de 20 %, pour arriver à 628 millions de recettes.

 

Un public adepte de plusieurs formats

 

Toutefois, le livre papier se porte agréablement bien. Les ventes de livres de poche (paperbacks) ont augmenté de 5,3 % chez les adultes, et de 0,9 % chez les enfants, qui semblent préférer le livre grand format (hardback) et l’album, avec des augmentations respectives de 10,7 % et 7,7 %. 

 

« Il y a eu beaucoup de bruit à propos de la renaissance du livre papier, et les statistiques de cette année nous montrent que les lecteurs apprécient tous les formats qui leur sont disponibles, ce qui inclut les ebooks et les livres audio. Tout comme le papier, les ebooks vont perdurer et nous croyons que leur croissance est maintenant stable », a expliqué Tina Jordan, vice-présidence de l’Assocation of American Publishers.
 

Aux Etats-Unis, le livre audio séduit de plus en plus de lecteurs

 

Pourtant, les ventes d’ebooks sont en baisse pour la seconde année consécutive, et de manière significative. L’ebook a notamment chuté de 13,9 % dans le secteur adulte, et de 32,6 % chez la jeunesse. Enfin, le livre audio regroupe de plus en plus d'adeptes, avec une hausse chez le public adulte de 24,9 %. 

 

Toutefois, Tina Jordan se veut rassurante à propos de ces écarts inquiétants : « Même lorsque l’on voit des variations dans les catégories et les formats, il est clair que les livres restent quelque chose d’essentiel dans nos vies. »