États-Unis : une bibliothèque annule une exposition sur le terrorisme, trop “violente”

Antoine Oury - 06.08.2020

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La bibliothèque présidentielle Abraham Lincoln, dans l'Illinois, a pris la décision d'annuler une exposition consacrée au terrorisme intérieur aux États-Unis, jugée trop violente par un panel de visiteurs. Une quarantaine de représentants de communautés noires ont été invités à une avant-première, et plusieurs critiques ont été formulées, dont la présentation de robes du Ku Klux Klan et du mouvement des Black Panthers.

No Known Restrictions: Parade of the Klu Klux Klan through Northern Virginia March 18, 1922 (LOC)


L'exposition créée par le Musée de l'espionnage de Washington ne sera pas installée au sein de la bibliothèque présidentielle Abraham Lincoln. La direction de l'établissement a préféré y renoncer, après des commentaires négatifs formulés par plusieurs visiteurs quant à la présentation de certains éléments qui y était proposée.

Une cinquantaine de visiteurs représentant les communautés noires de l'Illinois ont été invités dans le cadre d'une avant-première destinée à juger la qualité de l'exposition, intitulée « Spies, Traitors, Saboteurs: Fear and Freedom in America » et consacrée à l'espionnage et au terrorisme intérieur aux États-Unis. L'exposition présente notamment des morceaux des avions de l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et celui de 1971 au sein du Sénat américain, revendiqué par le Weather Underground.

Ce sont les robes de l'organisation raciste et suprémaciste blanche, le Ku Klux Klan, qui ont attiré le plus grand nombre de critiques : « Dès que vous entrez, elles vous sautent aux yeux », déplore Kathryn Harris, responsable des services au sein de l'établissement. « Il y a un avertissement qui dit “Contenu sensible”, mais cela devrait plutôt être “Contenu violent”. » Selon elle, les robes sont présentées d'une manière ostentatoire.

Doris Turner, qui siège au conseil de la ville de Springfield, a de son côté émis des objections aux descriptions des actions du Black Panthers Party, organisation révolutionnaire afro-américaine. « Il y a des manques importants sur les aspects les plus positifs des actions de l'organisation », indique-t-elle, citant notamment les distributions de nourriture ou les actions d'éducation populaire. 

L'internement des Américains d'origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale fait aussi l'objet de quelques vitrines dans l'exposition : Kathryn Harris souligne que les présentations ne précisent pas que ces populations ont obtenu des dédommagements de la part du gouvernement américain.
 

Une exposition « toujours d'actualité »


Le musée de l'espionnage de Washington assure que cette exposition sur le terrorisme intérieur a déjà été présentée dans une vingtaine d'institutions et quatre bibliothèques présidentielles, dont celles de George H.W. Bush et Bill Clinton. « [Cette exposition] a été pensée pour ouvrir les discussions sur ces sujets », souligne Anna Slafer, vice-présidente chargée des expositions pour le musée. « Ainsi, loin d'être datée, elle est toujours d'actualité, plus que jamais. »

Alexis Albion, commissaire de l'exposition, indique que les robes du Ku Klux Klan sont surmontées du mot « HATE » (« haine »), ce qui ne laisse aucun doute, même de loin, quant aux intentions de ceux qui les portaient. « Une douzaine de pancartes viennent rappeler leurs actions, de l'intimidation aux meurtres », ajoute-t-elle auprès du New York Times.

Anna Slafer, de son côté, vient souligner que la présentation critiquée des Black Panthers concerne en réalité la Black Liberation Army, une mouvance plus radicale issue des Black Panthers qui avait plus volontiers recours à la violence.
 
Ray LaHood, président du conseil des directeurs du musée de la bibliothèque présidentielle, assure finalement que l'exposition ne correspond pas à l'action d'Abraham Lincoln, notamment son engagement contre l'esclavage. Selon lui, l'ensemble du conseil a donné son accord pour une annulation : « Il est évident que ce n'est pas le genre d'exposition qu'ils veulent voir à la bibliothèque présidentielle Lincoln. Elle ne reflète pas la vie et la légende d'Abraham Lincoln, qui a mis fin à la Guerre civile et libéré les esclaves. »

La bibliothèque demande désormais le remboursement des 70.000 $ payés pour l'exposition, qui devrait s'ouvrir jusqu'en janvier 2021.

Photographie : illustration, parade du Ku Klux Klan en Virginie du Nord, mars 1922, domaine public


Commentaires
Annulation à cause de la violence... des robes... Sûrement un coup des féministes tongue wink

On surfe vraiment sur le n'importe quoi... Mais bon, ce sont les États-Unis, pays des excès.

Dommage qu'on leur emboîte le pas dix ans après (des fois, beaucoup moins !)
Dernière phrase de l'article : "La librairie demande désormais le remboursement des 70.000 $ payés pour l'exposition, qui devrait s'ouvrir jusqu'en janvier 2021."



La librairie, vraiment ? Ca sent l'article traduit à la va-vite...
Bonjour

Une erreur de passage, qui a été corrigée depuis.

Merci
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