Être libraire, pour une romancière, c'est vivre dans une sitcom géniale

Cécile Mazin - 19.08.2016

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Elle compte parmi les romancières devenues libraires les plus célèbres du pays. Ann Patchett a vu son livre Commonwealth sélectionné par ses pairs, et choisi comme le meilleur roman à bouquiner pour le mois de septembre. Mais c’est une fois encore la libraire qui fascine — ses déclarations d’amour au métier sont pourtant légion !

 

La sitcom Friends

 

 

Ann Patchett semble porter la librairie indépendante américaine sur ses épaules. Mais surtout rendre aux lecteurs toute leur place, considérant l’importance que ces derniers peuvent avoir, dans un pays où l’achat en ligne est presque un réflexe pavlovien. 

 

En ouvrant Parnassus Books, à Nashville, c’est elle qui avait ressuscité ce commerce dans une ville qui ne comptait plus de librairies. Et pourtant, si l’indépendance est une force, la le commerce de librairie « renaît de ses cendres » par la volonté des clients et lecteurs, soulignait-elle.

 

Un peu comme partager un café dans Friends

 

Dans le Tennessee, où elle s’est installée, elle poursuit depuis 2011 son activité de romancière, en même temps que celle de libraire. Son associée Karen Hayes assure même que leur collaboration est parfaite, de par cette proximité entre les deux métiers.

 

La nomination, aujourd’hui, de son roman dans l’Indie Next List a quelque chose de plus particulier encore. « Pour une romancière, pour quelqu’un qui a l’habitude de travailler seule tout le temps, c’est incroyable de plonger dans ce monde », assure-t-elle.

 

« Ce sont mes amis les plus chers, et c’est comme dans une série géniale. Nous nous prenons pour les écrivains comiques dans le vieux show de Dick Van Dyke, ou nous nous retrouvons autour d’un café comme dans le bar de Friends, à Cheers. Tout le monde est sympa et tout le monde est intelligent, et chacun est un bon lecteur. C’est vraiment précieux. »

 

Une fois encore, la passion de l’indépendance est un plaisir rare. « Et pour ne rien cacher, les clients sont aussi fantastiques. Se promener avec des livres dans une librairie, c’est comme de marcher avec son chien – cela donne à n’importe qui la liberté d’entamer une conversation. Donc je peux juste déambuler et parler avec chacun. »

 

Ambassadrice des librairies, avec James Patterson

 

Ann Patchett sera prochainement coambassadrice pour la Book Industry Charitable Foundation, aux côtés de James Patterson, rien que cela. « C’est mon devoir que de promouvoir les librairies indépendantes et de m’assurer de la bonne santé et du bien-être des libraires. L’idée de travailler avec une organisation qui accorde des subventions aux librairies dans le besoin... que peut-on trouver de plus beau ? »

 

Rien, à vrai dire. Et une fois encore, pourrait-elle répéter, l’Amérique peut avoir foi en ses librairies, plus qu’en Amazon. D’ailleurs, travailler avec James Patterson, c’est un peu côtoyer le plus grand bienfaiteur de la librairie. 

 

En effet, à de multiples reprises, le romancier a dépensé, presque sans compter pour venir en aide aux librairies indépendantes. Sa fortune personnelle – il reste l’écrivain le mieux payé au monde, avec 95 millions $ empochés en 2015 – sert régulièrement à secourir les établissements dans le besoin. James Patterson a écrit pas moins de 160 livres, vendus à plus de 325 millions d’exemplaires à travers le monde.

 

Son éditeur expliquait même l’an dernier que, sur la totalité des ventes sur le territoire américain, 1 roman sur 21 était signé Patterson. 

 

via Bookweb