Étude : Agents, ebooks, droits d'auteurs et revenus

Clément Solym - 02.01.2011

Edition - Economie - agents - ebooks - revenus


Pour bien débuter l'année 2011, qui sera riche en problématiques sur les droits numériques en France, l'étude menée auprès de 135 agents aux États-Unis présente un petit état des lieux des revendications et enjeux de cette question.

Amplement traduite sur teXtes
, l'étude nécessite en effet que l'on mette en perspective deux choses. D'abord qu'en l'absence de prix unique, les droits versés aux auteurs sont calculés sur le montant perçu par l'éditeur. Et non le prix de vente affiché sur le livre.


Ensuite, le contrat d'agence, permet à un éditeur de fixer le prix de vente des livres numériques, et ce, afin d'éviter les réductions pratiquées sur les ouvrages papier, vendus au détail. Dans ce cas, la rémunération de l'auteur est plus assurée.

Enfin, que les questions de la vente d'un ebook sans éditeur, directement auprès d'un marchand, se sont plusieurs fois posées au cours de l'année passée, avec de grands noms de l'édition...

Ces points sont évoqués dans l'étude de Idea Logical Company et Market Partners International.

Sur les droits numériques
  • Pour 50 %, les droits numériques augmentent les revenus des auteurs ; 25 % estiment que l'ebook « améliore les revenus sur les nouveaux contrats ».
  • Deux tiers des agents considèrent qu'ils reviennent à l'auteur, qui peut les exploiter, s'ils ne sont pas expressément stipulés et cédés par contrat.
  • La plupart des agents estiment que 50 % est un taux juste. Pour l'heure, on parle plus souvent de 25 %, qui augmenteront d'ici trois ans, selon 80 % des agents.
  • Un tiers a négocié plus de 25 % sur les contrats nouvellement signés, avec de grosses écuries, avec des bonus et des paliers

Sur le contrat d'agence
  • 27 % préfèrent le contrat d'agence. 17 % préfère le modèle revendeur. Un tiers n'a pas de préférence.

Sur l'exploitation des droits
  • 90 % des agents expliquent que leurs auteurs ont « exprimé leur intérêt pour l'auto-édition », pour augmenter les ventes d'ebooks
  • Un tiers opterait justement pour un système personnel de publication numérique. 27 % sont opposés à cette idée.
  • Au cours des trois prochaines années, les éditeurs tenteront d'acquérir les droits numériques mondiaux, pour la moitié des sondés.
  • Pour 75 % d'entre eux, le mieux reste que l'éditeur exploite les formats papier et numérique, à condition que les auteurs soient mieux rémunérés.

On pourra renvoyer également à la tribune publiée par plusieurs auteurs, dont Hervé Le Tellier, qui fixait quelques-unes des appréhensions traditionnelles en France : « Tu me dis que tu dois rémunérer le "libraire virtuel" (c'est parfois ta propre filiale, petit coquin) jusqu'à 30 % et plus, mais on me rappelle que ce pourcentage ne peut que baisser (c'est déjà souvent 20 %), puisque dans cette "distribution", tout est virtuel et que la concurrence est acharnée. Au bout du compte, pour ce livre que j'ai écrit, tu toucheras donc entre six et sept fois plus que moi, c'est bien cela ? Surtout, corrige-moi en cas d'erreur, je suis un littéraire, hélas. »