Étude : les “grammar nazis” sont-ils vraiment des nazis ?

Joséphine Leroy - 26.04.2016

Edition - International - grammar nazis étude - grammar nazi orthographe - grammar nazis grammaire


Votre personnalité en dit beaucoup sur les erreurs que vous relevez : c’est en tout cas ce que révèle une étude conduite par Julie E. Boland, Robin Queen et leur équipe de l’Université du Michigan, aux États-Unis. D'après leurs résultats, plus une personne pointerait des erreurs à l'écrit, moins elle serait sociable.

 

l'ortografe

(romana klee / CC BY-SA 2.0)

 

 

Les chercheurs ont donné à 83 participants des tests de personnalité. Ils ont ensuite demandé à ces sondés de lire des réponses à un email qui portait que une annonce pour une colocation. Pour éviter toute répercussion sur les réponses des sondés, les chercheurs choisissaient des prénoms neutres, unisexes, sans indice sur le prétendu émetteur de cette fausse réponse. Trois cas de réponses simulées attendaient les sondés : le premier ne contenait que des erreurs grammaticales quand le deuxième ne présentait que des erreurs typographiques. Enfin, dans le troisième cas, le mail était vierge de toute erreur. 

 

Un énoncé type, avec les deux types d'erreurs possibles : 

 

Hey ! My name is Pat and I’m interested in sharing a house with other students who are serious abuot (about) there (their) schoolwork but who also know how to relax and have fun. I like to play tennis and love old school rap. If your (you’re)someone who likes that kind of thing too, maybe we would mkae (make) good housemates.

 

Après avoir lu les emails, les sondés devaient évaluer les trois réponses par des « critères sociaux et académiques » : d’une part, la sympathie ou l’antipathie qu’ils inspiraient, et de l’autre, l’intelligence. Le résultat est clair : en majorité, ceux qui font des fautes ont l’air moins « appréciables » que ceux qui n’en font pas.

 

Les sondés eux-mêmes ont été évalués par les tests de personnalité. Les plus « appréciables » d’entre eux étaient plus cléments vis-à-vis des erreurs trouvées (ni le sexe, ni l’âge, ni l’éducation n’entraient en ligne de compte). Il n’y a donc pas de déterminisme de ce point de vue là : quelqu’un d’attentif aux fautes peut, contre toute attente, noter positivement un email bourré de fautes. 

 

L’étude affine les résultats obtenus : les sondés les moins « appréciables » se montrent « plus sensibles aux erreurs de grammaire » que les sondés les plus « appréciables ». Les personnes attentionnées seraient davantage dérangées par les fautes typographiques. Idem pour les introvertis et les extravertis : les extravertis « passent au-dessus des erreurs que relèveraient, avec plus de sévérité, les introvertis ». 

 

Si tout est affaire de subjectivité, un obsédé de l'orthographe a donc des chances d'avoir moins d'amis que le cancre de la classe...

 

Tous les énoncés types : 

 

 

 

(via Electric Literature)