Europeana et Google travaillent ensemble grâce à l'Autriche

Cécile Mazin - 08.10.2014

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Dans un effort d'ouverture du patrimoine culturel européen, la bibliothèque nationale d'Autriche et la société américaine Google ont décidé de travailler de concert. L'une des plus importantes collections de l'Österreichische Nationalbibliothek, sera gratuitement mise à disposition sur la plateforme Europeana, grâce au programme de numérisation et l'arrivée d'un nouvel accord de droit.

 

 

 

 

La collection proposera de découvrir des éléments phares de la pensée moderne, notamment les textes de Martin Luther, ainsi que des éléments plus prosaïques, comme des livres de cuisine ou des ouvrages pour enfants sur l'orthographe. Un autre élément intéressant concerne la bibliothèque du prince Eugène de Savoie, l'un des commandants militaires parmi les plus bibliophiles.

 

La Bibliothèque nationale d'Autriche revendique d'être la première en Europe à partager une collection qui a été numérisée par les services de Google Books, en vertu d'une convention autorisant ce modèle. Il s'agit de la première étape dans la constitution d'une collection véritablement paneuropéenne de livres, mise à disposition du public sur Europeana.eu.

 

Les termes de cet accord n'ont pas été détaillés, mais l'on sait que près de 600.000 ouvrages du XVIe au XIXe siècle seront, au terme de la numérisation, proposés sur la plateforme européenne. Pour l'instant, 15.000 exemplaires sont d'ores et déjà accessibles. On apprend en revanche qu'une nouvelle approche a été décidée par la bibliothèque d'Autriche, en créant une nouvelle licence d'exploitation.

 

L'Österreichische Nationalbibliothek inaugure en effet la notion Out of Copyright — Non-Commercial re-use, ou OOC-NC, qui permet de partager les œuvres numérisées. La licence identifie donc clairement les œuvres qui ont été versées dans le domaine public, et sont considérées désormais comme librement accessibles, sans que l'on en autorise une réexploitation commerciale. Le tout, pour une durée limitée – qui n'a pas été précisée.

 

Les deux acteurs soulignent en revanche tout l'avantage de cette solution, sans laquelle il n'aurait pas été possible de rendre disponibles dans Europeana les œuvres numérisées. Les autres bibliothèques d'Europe qui ont passé des partenariats publics-privés pourraient également profiter de cette licence spécifique, pour s'engager dans le sillage de la BNA.

 

Jill Cousins, directeur exécutif d'Europeana, assure dans un communiqué qu'il y a toutes les raisons de se réjouir de cette licence. « Elle offre un juge équilibre entre la nécessité de payer pour la numérisation de notre patrimoine culturel, soutenu très fortement par Google, et le désir de rendre au public des contenus qui entretiennent un lien étroit avec l'histoire riche et diverse de l'Europe. »

 

L'occasion également pour Google Books de briller, tout en mettant un fameux pied dans l'entreprise que représente la bibliothèque numérique Europeana. Bien entendu, les livres sont enregistrés dans Google Books Library, et accessibles aux internautes par ce biais.