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Evacuation BnF : La FSU dénonce "incohérence et opacité" de la direction

Cécile Mazin - 05.02.2014

Edition - Bibliothèques - évacuation BnF - pollution de l'air - personnels


L'évacuation de près de 300 personnes dans la Tour-T1 de la BnF a suscité de vives interrogations : alors que l'alerte avait été donnée le 16 janvier, d'aucuns se demandent pourquoi la BnF a attendu plus de 15 jours pour pratiquer cette évacuation, d'autant plus que la source de la pollution « avait rapidement été identifiée le 30 janvier », souligne le syndicat FSU.

 

 

 

 

Dans un communiqué, le syndicat souligne que cette question avait été abordée à l'occasion d'un CHSCT, le 31 janvier, par différents agents, mais « la directrice générale et le directeur des moyens techniques n'avaient pas répondu à cette question. Au courant des tenants et aboutissants de cette pollution aérienne, ils n'en avaient soufflé mot, préférant, en toute connaissance de cause, taire une affaire qu'ils allaient pourtant - cela est surprenant - tenir pour « grave » quatre jours plus tard ! »

 

Et le syndicat d'alerter : que signifie dans ce contexte le principe de précaution, appliqué aux sept étages sinistrés, en ce 4 février, quand la menace était repérée depuis une vingtaine de jours ? Et la FSU de pointer : 

Une infrastructure technique s'est altérée au point de diffuser par le réseau d'air des fibres de laine de roche. Comment cela a-t-il été possible, aucune intervention humaine n'ayant jamais été faite à l'endroit de ce dispositif ? Pourquoi les agents publics se plaignent-ils continuellement et depuis des mois de maux de gorge dus à l'air ambiant ? L'incohérence et l'opacité semblent continuer de forger l'autorité de la direction de la BnF.

 

Dans un précédent article, ActuaLitté avait sollicité des personnels techniques, qui avaient clairement expliqué : « Si au corps défendant de la direction, les accès sont difficiles, puisqu'il n'était pas prévu de suivre les baffles, c'est peut-être une fragilité qui remonte à la fabrication même de l'établissement, à laquelle nous sommes confrontés. Dans ce cas, l'une des hypothèses serait que la laine de roche aurait été dispersée en faible quantité dans les premiers temps, mais avec une augmentation progressive, jusqu'à la saturation ce jour. »

 

De son côté, le syndicat interpelle : « La laine de roche est un matériau sur lequel pèsent de nombreux soupçons, notamment de cancérogénicité. Les personnels touchés des étages concernés, qui n'ont pas été évacués deux semaines durant alors que les causes et l'origine de leur exposition à une matière potentiellement toxique étaient connues bénéficieront-ils d'un suivi médical afin de répondre à de légitimes inquiétudes ? Ce serait la moindre des choses. »