Evene.fr : plutôt plan de départ volontaire ou plan social ?

Clément Solym - 27.08.2010

Edition - Société - figaro - evene - licenciement


Evene.fr, le magazein culturel racheté par le Figaro en mai 2007 semble être une véritable épine dans le pied des dirigeants, et plus particulièrement de Bertrand Gié, qui interrogé par ActuaLitté conteste les informations avancées et que nous avions recueillies.

Tout d'abord, le directeur des nouveaux médias du groupe, tient à rectifier quelques points, ainsi qu'il l'avait hier précisé à l'AFP. « Nous n'avons pas licencié, nous avons ouvert un plan de départ volontaire pour 15 personnes, que la rédaction nous a par la suite demandé d'élargir. Le plan était globalement incitatif au point que les personnes ont souhaité en faire partie. » (voir notre actualité)


Une situation paradoxale, s'étonne la rédaction du magazine. « Un plan de départ volontaire ? Pas du tout. Il s'agit d'un licenciement économique basé sur le volontariat concernant plus de dix salariés. Soit l'exacte définition du plan social. Bertrand Gié joue avec la réalité. Si nous avons demandé que le plan social soit bien élargi, ce n'est pas qu'il était séduisant, mais plutôt que nous n'avions pas le choix. D'ailleurs, il n'a jamais été conçu pour 15 personnes, mais pour 18. »

Agrégera, agrégera pas ? Agrégera un peu ?

De fait, il semblerait bien que le directeur ne soit pas tout à fait au fait de la situation : selon nos informations, il n'aurait que très sporadiquement travaillé avec Evene.fr, et le fait qu'il soit cité par l'AFP semble assez incongru, puisque ses relations avec la rédaction, nous explique-t-on, n'auraient été que rares. Voire nulles.

Autre élément dont Le Figaro se défend à travers lui, c'est la fabrication d'Evene.fr comme agrégateur (voir notre actualité). « Il n'en a jamais été question. Une nouvelle version du site Evene.fr sera en ligne en 2011, nos équipes y travaillent depuis plusieurs mois. C'est un investissement pour nous et il n'est pas question que nous fassions de ce site un portail d'agrégation. Nous ajouterons les éléments intéressants trouvés sur internet, comme ce peut être le cas avec LeFigaro.fr, mais Evene.fr ne sera pas uniquement un agrégateur », soulignait-il.

Là encore, en face, on doute. « La raison pour laquelle nous avons justement demandé à ce que le plan social soit élargi, c'est que notre travail sur Evene allait radicalement changer. Cela fait quelques mois, et finalement depuis que Figaro a racheté Evene, on nous dit qu'il sera un agrégateur. D'ailleurs, c'est ce qui est marqué dans les papiers que l'on nous a fourni. » Remarque à prendre avec des pincettes, certes, mais qui est appuyée par des documents établissant bien la présence, ou plutôt la requalification des fonctions des rédacteurs.

Modifier le rôle et le contenue, pour avancer

Selon nos sources, Le Figaro avait conscience que la partie encyclopédique d'Evene était la plus importante et la plus juteuse. Toute la partie contenant les biographies et ainsi de suite prendrait l'ascendant sur le contenu éditorial propre. « Les personnes employées auraient alors dû se plier à cette nouvelle demande et réaliser un travail qui n'était pas celui du projet Evene. » Des pressions diverses auraient même été exercées pour faire changer d'avis tout le monde.

Face à cela, qu'en est-il ? Si Bertrand Gié nous a affirmé sa confiance dans le devenir du site, avec un rendez-vous en 2011 pour la prochaine version, il semble bien que la question du contenu pose un réel problème. Pourtant, le contenu éditorial propre restera important, précisait-il. « Oui, assuré par les équipes de Relaxnews », rétorque-t-on.

Fin de la Lune de miel

Ainsi que Pierre Conté, ancien président, qui aurait repris les rênes peu après l'arrivée de l'Inspection du travail, il constatait avec nous, hier, que le magazine n'avait pas « eu l'essor que l'on attendait ». Mais que la confiance en cette marque était toujours là.

Peut-être Evene s'est-il révélé n'être simplement pas, de fait, l'achat que Le Figaro escomptait faire.