Éviter les dystopies réalisées, en réunissant scientifiques et écrivains

Antoine Oury - 09.09.2014

Edition - International - écrivains SF scientifiques - science-fiction - Project Hieroglyph réflexion


Les auteurs de science-fiction ont toujours pris un malin plaisir à afficher le pire avenir pour la planète et la civilisation. Technologie dévorante, guerres fratricides, épidémies galopantes... Pour éviter l'accomplissement de ces noires prophéties, des scientifiques ont invité les auteurs de science-fiction à se joindre à leurs réflexions.

 

 

 The Tall Tower, un des projets du groupe Hieroglyphs

 

 

Neal Stephenson, auteur de science-fiction et plusieurs fois lauréat du prestigieux Prix Hugo, référence du genre, a donné un coup de pied dans la fourmilière de la SF en 2011. Dans un article pour le World Policy Institute, Stephenson déplorait le manque d'innovation du monde moderne et de la science et l'absence de réalisations à grande échelle, tandis que les écrivains de SF semblaient avoir perdu leur « vision ».

 

À l'heure où la NASA voyait ses crédits réduits, l'appel avait une force suffisante pour toucher les confrères. Le Centre pour la Science et l'Imagination de l'université d'Arizona s'est alors plié à la lettre aux souhaits de Stephenson, et le Projet Hieroglyph est né.

 

« Hieroglyph », pour « les symboles reconnaissables par tous, et dotés d'une signification connue de chacun », explique l'équipe autour du groupe de travail. Comme les robots d'Asimov ou les satellites d'Arthur C. Clarke : des créations imaginaires si puissantes qu'elles peuvent guider les scientifiques, en leur permettant de visualiser — ou d'imaginer — les tenants et aboutissants d'une création.

 

Si les auteurs ne se préoccupent pas toujours des aspects techniques, ou de la faisabilité des appareils évoqués, ils prennent soin « de les intégrer dans une société, une économie et les vies d'individus ». « Souvent, il s'agit de l'élément manquant pour les scientifiques, les mathématiciens, les ingénieurs ou les chefs d'entreprises, qui leur permet de faire les premiers pas vers une idée totalement nouvelle. »

 

Les projets oscillent entre réalisations pédagogiques pour sensibiliser et encourager l'inventivité, comme EVOKE, jeu en ligne qui associe narration visuelle et lutte contre les grands fléaux de notre temps, et prospectives. Ainsi, Neal Stephenson a imaginé avec Keith Hjelmstad, un ingénieur, les possibilités de construction pour la plus haute tour de monde, soit 15 kilomètres. 

 

Plus loin, cela devient pure fiction...