Éviter les textes incitant à la haine dans les boites à lire : conseils

Antoine Oury - 18.02.2019

Edition - Société - boites livres haine - livres nazis boite lire - boites livres racisme


Les boites à lire, ou Little Free Libraries dans les pays anglophones, constituent une formidable opportunité de s'approvisionner gratuitement en nouvelles lectures, tout en se débarrassant ou en partageant des livres appréciés ou non. Mais ce système gratuit et participatif connait forcément des dérives, avec l'ajout de livres indésirables, véhiculant une idéologie ou des contenus douteux...
 
Boite à lire - Ribeauvillé
Boite à lire à Ribeauvillé (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Le principe qui fait fonctionner les boites à lire est somme toute merveilleux : des lecteurs donnent sans arrière-pensée certains de leurs livres pour que d'autres lecteurs puissent en profiter. D'accord, parfois, certains en profitent pour débarrasser leurs placards (on les voit, ceux qui déposent un vieux Code Civil ou un énième livre de Pierre Bellemare...).

Ce principe suppose aussi une liberté de dépôt et de retrait, ainsi qu'un anonymat associé au processus. Ce qui diffère déjà d'une bibliothèque publique, où des limites d'emprunt sont mises en place pour les usagers – doivent disposer d'une carte de bibliothèque et donc révéler leur identité.

Mais un autre aspect des bibliothèques est absent, le plus souvent, des boites à lire, et non des moindres : les bibliothécaires. En effet, dans un établissement de lecture publique, ce sont eux qui s'assurent de la diversité et de la richesse des collections, ainsi que de leur renouvellement. Ce sont aussi ces professionnels qui s'attachent à faire en sorte que des textes incitant à la haine ne se retrouvent pas dans les collections de l'établissement.

Ainsi, si le bibliothécaire s'engage à ne pas pratiquer la censure, il veille également au respect des dispositions législatives et réglementaires sur les incitations à la haine et à la violence, qui concernent aussi les écrits et les ouvrages publiés. Dans le cas d'une boite à lire, aucun professionnel ne réalise ce travail, et des textes problématiques peuvent se retrouver diffusés à la portée de tout le monde, comme de nombreux cas l'ont déjà prouvé.
 

Se prémunir contre les livres problématiques


EBLIDA, le Bureau européen des associations de bibliothèques, de l'information et de la documentation, s'est penché sur la question, et recommande plusieurs actions, selon les moyens disponibles. La première, tout simplement, consiste, pour ceux qui installent la boite à lire, à indiquer dans le règlement de cette dernière que le dépôt d'ouvrages incitant à la haine ou à la violence n’est pas le bienvenu.

Si cette option ne suffit pas ou si davantage de sécurité est nécessaire, une association ou, mieux encore, un bibliothécaire professionnel — dans le cas où la boite à lire a été installée par la municipalité — peut être chargé de veiller au grain. Ainsi ce type d'ouvrages ne trouvera pas sa place dans la boite à lire, ou en tout cas n'y restera pas suffisamment longtemps.
Bien entendu, précise EBLIDA, dans le cas où la boite à lire appartient à la municipalité, il est toujours préférable d'investir dans une bibliothèque publique et d'en améliorer les moyens. Et ce, plutôt que de se reposer simplement sur une boite à lire, bien loin des services que des professionnels peuvent assurer.


Notre dossier complet : Partage et lecture : Les boîtes à livres s'implantent dans les villes


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