Ex Aequo, la maison de Laurence Schwalm : éditrice militante

Clément Solym - 14.05.2009

Edition - Les maisons - éditions - ex - aequo


Laurence Schwalm a une voix douce, chaleureuse, et très enthousiaste lorsqu'elle nous raconte ce que sera Ex Aequo, sa maison d'édition.

Ancienne de la presse, elle-même auteure, « j'ai connu toutes les galères de celui qui cherche à être publié : les 'pas en vogue', les 'risque commercial' ou encore entendre que mon livre de 350 pages était un pavé... on me les a toutes sorties », se souvient-elle.

Même pas peur du piratage

Alors Laurence décide de riposter : « Créer ma maison, c'était ce qu'il y avait de mieux : moi j'ai envie de prendre des risques. » En s'appuyant sur l'impression numérique plutôt que l'offset, elle parvient à réduire les coûts et livrer sous 7 à 10 jours - en théorie. Mais si le livre a une grande valeur pour elle, pas question d'omettre la part numérique : « Tous les livres sortiront en version numérique, sans DRM et bien sûr, à un prix moindre. »

Concrètement ? « Concernant le coût de fabrication d'un livre, je vous ai indiqué un coût moyen de 6 euros pour un prix de vente de 18 TTC en librairie, ce qui incluait en sus de l'imprimeur, la rémunération de l'illustrateur, les frais de transports, les taxes, les frais fixes de fonctionnement et la marge du libraire : il ne reste là-dessus que 10% pour l'auteur et guère plus, si ce n'est moins pour l'éditeur... Ce n'est pas le cas des éditeurs classiques qui arrivent à descendre les coûts d'impression à deux euros - devis imprimeurs à l'appui. » On parle là d'un livre lambda de 200 pages, bien sûr. Et le prix de l'ebook ? « Entre 4 € et 7 €, pas au-delà, mais on est obligé de fixer un prix qui ne soit pas trop bas non plus. »

Le livre, sa vie, son oeuvre...

Et puisque tout le monde sera Ex Aequo, les auteurs percevront sur les ventes de livres numériques 50 % du prix de vente. « Je n'ai pas de raison de dire qu'un livre numérique coûte cher à faire, c'est d'ailleurs faux. Mais je sais qu'il ne fait pas bon de dire ces choses-là », répond-elle en souriant.

À l'égard des librairies, elle expose clairement son schéma ! 35 % de marge, port gratuit et paiement à soixante jours. « Je me présenterai volontiers comme une défenseuse de la création littéraire et l'une des collections, qui se nomme Libr Ex, offrira la parole aux pamphlétaires de notre époque, avec une dimension vindicative et culturelle. En fait, je suis en quelque sorte une éditrice militante. » De même, elle envisagerait d'offrir la version numérique du livre à l'acheteur qui aurait choisi la version papier. « J'y réfléchis, mais c'est très possible... » Sans craindre le piratage ? « Si les gens n'ont pas de morale, on ne peut rien faire. Je défends avec force la valeur du droit d'auteur, mais c'est avant tout à chacun de vivre avec l'idée qu'il pille des créateurs. »

Et les idées fusent pour promouvoir ses auteurs : son appel à manuscrits est lancé et que ceux que l'aventure tente se manifestent. Pour le moment, le site internet est en construction, mais on peut déjà la contacter à l'adresse suivante : direction@editions-exaequo.fr. Les premières parutions devraient arriver pour la rentrée littéraire, à l'automne, mais un ou deux premiers livres pourraient sortir sous peu.