Excédés, des libraires boycottent le prix Renaudot et son livre Amazon

Auteur invité - 10.09.2018

Edition - Librairies - prix Renaudot autoédition - libraires Amazon concurrence - boycott libraires Renaudot


Libraire durant 10 années, à Acheres dans les Yvelines (Librairie Neverland, aujourd'hui fermée), Mélanie Le Saux a découvert comme d'autres la liste du prix Renaudot. Son sang n'a fait qu'un tour. « Je ne suis peut-être pas la plus légitime, mais mon écœurement a pris le dessus et j’ai écrit une lettre ouverte au jury du Prix Renaudot », indique-t-elle.

 

Caravaggio Remake David and Goliath
David, hilare, après avoir triomphé de Goliath - domaine public, d'après Caravage



Dans le même temps, l’association Lil – Libraires indépendantes de Lorraine –, qui regroupe les libraires du Grand Est, réfléchit à un boycot du prix Renaudot, par un retour massif des livres présentés dans la liste. Un autre mouvement d'agacement, qui rejoint celui de Mélanie Le Saux.
 

Dans une lettre ouverte, elle explique ce ras-le-bol, cette exaspération, face au choix des jurés de retenir un titre commercialisé en autopublication, via Amazon. Une injure ? Face à une situation impossible, les libraires protestent.  « Merci de faire suivre si vous la pensez digne de l’être... Et si des libraires voulaient me faire l’honneur de la soutenir, peut-être aurions-nous l’opportunité de la faire publier dans les médias. Seule je ne suis rien. »
 

 

Lettre ouverte à l’attention des membres du jury du prix Renaudot.


Madame, Messieurs, c’est avec stupéfaction, incrédulité d’abord, indignation ensuite que j’ai découvert que vous aviez choisi de sélectionner un livre auto-édité chez… Amazon.

Autant dire que si cet ouvrage gagne le prix, et même s’il ne l’emporte pas d’ailleurs, les libraires se verront contraints de le commander chez leur concurrent le plus féroce. Celui-là même qui se targue d’éradiquer toutes les librairies, puis les éditeurs, pour avoir le monopole du circuit du livre.

Merci, donc, à vous président Frédéric Beigbeder, à Patrick Besson en particulier, qui a amené et défendu le livre en question, et aux autres. Merci madame Bona, messieurs Giudicelli, Giesbert, Chateaureynaud, Le Clézio, Pancrazi, Gardel et Garcin d’avoir créé ce précédent, d’avoir ouvert la porte bien grande à la « bête »… 

Alors bien sûr une question se pose. Sous prétexte de défendre un (peut-être) bon livre, de soutenir un auteur rejeté par le même milieu de l’édition qui l’avait jadis publié, de montrer du doigt je cite « l’israélophobie délirante des éditeurs traditionnels »… Vous êtes prêt à abandonner les librairies ?
 

“Chez les éditeurs traditionnels,
j'ai rencontré une israélophobie délirante”


Je ne peux pas croire un instant que vous soyez inconscients de la portée de votre acte, que vous ne vous rendiez pas compte que les libraires vont devoir désormais acheter et donc rapporter de l’argent à celui-là même qui veut leur fin. Je ne peux pas croire non plus que vous pensiez sérieusement, tout comme l’auteur, qu’Amazon puisse être garant du pluralisme que nous chérissons tous (et ne nous trompons pas de bataille, en aucun cas il ne s’agit de se battre contre l’auto-édition mais bien contre le géant américain, dont la nocivité, n’a plus à être démontrée…)

Car enfin le message que vous envoyez signifie que la librairie serait désormais superflue, libraire une profession en voie de disparition, un métier qui prendra place demain entre le cocher de fiacre et le poinçonneur des Lilas.
Alors je veux être « bienveillante » et m’interdire de penser qu’il n’est ici question que d’un coup de buzz, mais dans ce cas pourquoi Amazon ? Pourquoi pas n’importe quel autre auto-éditeur ?

Je peux également être optimiste (après tout, ouvrir et tenir pendant 10 ans une librairie en banlieue sans me payer…) et continuer à travailler sur un nouveau projet, dans une autre banlieue qui m’accueille.

Mais je ne dois pas être naïve… Comment aborder aujourd’hui ce métier si passionnant autant que difficile, si désormais la trahison vient de ceux qui devraient être les premiers défenseurs des libraires, ces libraires qui depuis toujours œuvrent en faveur de la diffusion du livre.

Ceux-ci devront-ils à leur tour boycotter le livre auto-édité, le Prix, voir les auteurs composant le jury, pour se faire entendre ? Certains commencent déjà à le murmurer… Mais de ce fait Amazon aurait déjà gagné. Heureusement beaucoup d’auteurs nous ont fait part de leur soutien, et je me garderais bien de les mettre tous dans le même sac !

Lisez... Mais lisez, bordel !
 

Libraire pendant 10 ans et désireuse de le redevenir, je refuse de baisser les bras, je veux continuer à me battre, mais pourrais-je le faire dans un monde où désormais Amazon peut remporter un prix et nous balayer sans que cela ne choque personne ? Dans un monde où, je viens à peine de l’apprendre, le ministère de la Culture proposerait un pass culture jeunesse de 500 euros, dont seulement 100 pour les livres, à dépenser y compris chez Amazon.


Madame, Messieurs, il ne me reste plus qu’à espérer que les autres membres des jurys littéraires ne suivront pas votre détestable exemple.
 

Mélanie Le Saux
 

Mise à jour 15 h 40 : 

 

Marie-Pierre Reibel, coordinatrice de l’association LIL, jointe par ActuaLitté, nous indique que, pour l’heure, « nous n’avons pas encore de position officielle. Plusieurs libraires adhérents ont, en signe de protestation, retourné les ouvrages de M. Besson, mais avant de mettre en place une action collective, nous attendons un peu ». 

 

De fait, l’ouvrage pointé par les libraires, commercialisé via Amazon, avait été largement soutenu par Patrick Besson, juré du prix Renaudot. « Les libraires attendent surtout la deuxième liste, pour tâter le terrain. Si ce fameux livre est toujours présent, alors il y a de fortes chances que ce ne soient pas que les livres de M. Besson qu’ils retourneront. »

 

Et d’indiquer, surtout, qu’il ne faut pas se méprendre sur la démarche. Le problème n’est certainement pas celui de l'auteur autopublié, mais « bien la plateforme sur laquelle elle est pratiquée. Les gens n’aiment pas l’entendre, quand ils sont clients d’Amazon, mais en achetant là, il cautionnent l’optimisation fiscale, autant que des pratiques qui ne sont pas propres, vis-à-vis des salariés ». 

 

Elle poursuit : « Nos emplois sont tous corrélés les uns aux autres, avec un impact sur les fournisseurs – les éditeurs en l’occurrence – qui sont significatifs. En achetant local, c’est leur propre emploi qu’ils préservent. » Dans le grand Est, plusieurs libraires ont rapidement réagi en choisissant le boycott pur et simple. Nous attendons désormais de plus amples informations.




Commentaires

Enfin une réaction contre le rouleau compresseur Amazon qui veut tuer tous les acteurs de l'édition pour assoir son monopole. Et pourquoi donc les medias ne précisent jamais que les livres Amazon ne sont pas disponibles en librairie mais uniquement sur leur site.

Pour une autoédition en librairie, choisissez Les Editions du Net qui sont le leader français devant Amazon !!! (source BNF)

http://www.leseditionsdunet.com/authentication.php?back=steps.php
Sauf que chez Les Editions du Net, "L’auteur peut mettre à jour son livre à tout moment (frais : 80 €)."
L'édition d'un livre étant totalement gratuite, nous avons dû mettre en place ces frais de mise à jour suite à de trop nombreuses demandes d'auteurs. Maintenant que la mise à jour est payante et que c'est clairement indiqué sur notre site, les auteurs portent plus d'attention à la finalisation de leur ouvrage.
Et nous vous rappelons que les Éditions du Net publient des livres papier et que donc la moindre correction entraîne un nouveau dépôt légal à la BNF et la destruction du stock donc des frais.
C'est drôle, sur BOD, ils demandent seulement 19 euros ! wink ( soit le coût d'un livre et ses frais postaux pour la BNF, effectivement... )
Vous vous trompez, ça c'est le prix de la publication d'un livre qui est gratuite aux Editions du Net. Merci de comparer ce qui est comparable, Bod est un imprimeur en ligne qui ne finalise pas le livre.
Alors " finaliser " un livre .... hum ... Autoédition ou édition? Faut savoir hein. Et si, si, BOD " finalise " les livres, c'est pas encore au lecteur d'agrafer les pages ! :D BoD envoie bien les livres à la BNF, et en cas de "révision du livre", ça ne coûte que 19 euros, effectivement comparons ce qui est comparable ... smile
L'envoi à la BNF est franco de port... wink
Ah bon, il n'est pas - ou plus - sûr de ce qu'il publie ? :
L'association des Libraires Indépendants de Lorraine regroupe les libraires du Grand Est. Bien que nous partagions le point de vue de Mme Le Saux, nous souhaitons préciser qu'elle n'est pas adhérente de notre association.
Bonjour,

cela a en effet été modifié après coup.

Merci : pourriez-vous d'ailleurs nous joindre sur ng@actualitte.com je vous prie ?
big surprise Les Editions du Net, la nouvelle et vaste arnaque de l'auto-édition... quoi que s'en défende Henri Mojon. Le CALCRE saura bien mieux le dire...
Si les libraires étaient plus agréables avec les nouveaux auteurs, si le circuit des ME était plus ouvert, à l’écoute et respectueux, on en serait pas à trouver de meilleures solutions pour contrer cette condescendance, ce mépris dont vous nous faites part. Vous ne faites que récolter que ce que vous avez semé.

Si vous ne comprenez pas que c’est votre propre comportement qu’il faut modifier, alors mourrez.

C’est tout ce que vous méritez.
Les librairies ne vendent quasiment que des best sellers. Les maisons d'éditions ne font plus leur travail qui consistent à lire et signer de nouveaux auteurs. Comment voulez-vous que les nouveaux créateurs atteignent leur public ?

Proposez de nouvelles solutions aux auteurs afin qu'ils existent et qu'on puisse les lire. Amazon vous fait de l'ombre ? Les réseaux sociaux vous dépassent ? A vous d'essayer de découvrir de nouveaux talents. Je serais ravie d'aller dans une bibliothèque ou dans une librairie qui me fassent découvrir de nouvelles plumes.
Les maisons d'édition ne font plus leur travail de découverte ? "Le cru 2018 est marqué par une ouverture vers de nouveaux territoires et de nouvelles générations d'auteurs, avec un nombre de premiers romans record. 94 titres incarnent le renouveau, soit un quart de la production des romans français de la rentrée et le niveau le plus élevé depuis 2007. "

Source : http://www.livreshebdo.fr/article/567-romans-pour-la-rentree-litteraire-2018



S'il est si simple de publier sur Amazon, c'est qu'on peut tout y faire, quelle que soit la qualité de ce qu'on écrit. Les éditeurs, eux, sont garants du niveau des romans qu'ils nous proposent.



Quant aux libraires qui ne vendent plus que des best-sellers... contrairement aux algorithmes d'Amazon, les libraires proposent un vrai conseil à leurs clients et sont toujours à la recherche de nouveautés. Nombreuses sont les librairies qui proposent des vitrines sur le thème des premiers romans.
Je soutiens pour l'avoir vécu avec un proche que non seulement les maisons d'éditions ne lisent pas les nouveaux auteurs et en plus 1) ils perdent vos manuscrits 2) vous envoient des réponses standard prouvant bien qu'ils ne vous ont pas lu et qu'ils ne vous liront jamais 3) Changent de staffs tous les mois 4) préfèrent, comme les maisons de disques que vous ayez une base-fan énorme avant de signer (ahahaha !).

Quant aux libraires et, pour l'avoir aussi vécu 1) ils ne vous lisent pas car "ils n'ont pas le temps" x si vous êtes dans une petite maison d'édition ou auto-édité (Ils préfèrent sans doute lire Bernard Weber ???) 2) ne vous répondent jamais ou vous prennent de haut, genre "vous voyez bien que vous êtes inconnus au bataillon" 3) vous demandent de repasser mille fois et vous évitent si vous le faites.

Bref : au lieu de vous tirer sur les nouveaux auteurs, vous feriez mieux de les défendre et de les lire !
Mais LOL !



Tu es en train d'accuser toute la chaîne du livre de ton manque de curiosité... Je n'avais pas autant rit depuis il y a au moins dix minutes. Merci à toi.
"Les librairies ne vendent quasiment que des best sellers."si vous faites référence au rayon livres de votre supermarché, c'est vrai. Avez-vous essayé une véritable librairie ?

"Les maisons d'éditions ne font plus leur travail qui consistent à lire et signer de nouveaux auteurs." des nouveaux romans à la pelle en cette rentrée littéraire, comme chaque année. Demandez à un(e) libraire, il/elle vous renseignera.
Oui, Melalivres, PF and cie, c'est bien gentil de citer des articles. Maintenant, sortez de votre petite chambre et d'Internet et confrontez-vous à la réalité.



Allez dialoguer avec des auteurs auto-édités, des libraires et des éditeurs. Regardez les démarches, rencontrez les gens qui en chient, malgré l'énorme boulot, l'expérience et le talent.



Sortez de votre bulle et confrontez-vous à ce que subit un auteur, même avec des années d'expérience et une grosse fanbase (et je ne parle pas de famille et d'amis ; je parle de vrais chroniqueurs et fans).



Si vous achetez des romans nouveaux et cool, c'est bien, tant mieux pour vous. Qu'on continue à vous faire avaler la belle pilule Disney du "tout le monde à sa chance, seuls les mauvais se cassent la gueule".



Sortez un peu de la Matrix.



Encore une fois, je parie qu'aucun d'entre vous n'a ouvert ne serait-ce qu'une page d'un livre auto-édité.



Merde. The Martian, qui est devenu un blockbuster au cinéma, était un roman auto-édité, premier livre de son auteur. Le mec a été refusé par toutes les ME possibles.



Ce ne sont pas les ME qui l'ont choisi, mais les lecteurs. C'est le lectorat qui compte, pas les profiteurs de talent.
Je vous soutiens a 100% Amazone ne cherche qu à asseoir son pouvoir de detruire des libraires indépendants des librairies des editeurs et renforcer sa position afin d avoir le monopole
L' arrogance de cette commerçante ses menaces ainsi que la terreur qu' elle ose insinuer est une insulte non seulement à l' intelligence , au jury et au public. Je ne connais aucunement ce livre mais le choix d' un livre présent sur une plateforme de vente par internet est une avancé car il y a effectivement un problème avec le système des éditeurs et de facto avec les libraires qui soutiennent ce système inique et totalement dépassé et corrompu. Tout ce à quoi cette libraire pense ç' est son portefeuille ainsi que la remise en question d' un monopole oú seul la bourgeoisie écrit et pense.
Au risque de contrarier votre vision idyllique des choses, un.e commerçant.e (quel que soit le commerce) qui ne penserait pas à son chiffre d'affaire ne durerait pas assez longtemps pour satisfaire vos besoins ou vos envies (quel.le.s qu'ils ou elles soient).

Amazon est un outil de distribution : c'est de la logistique, rien de plus. Amazon ne discrimine rien et présente tout uniformément, et c'est précisément la raison pour laquelle Amazon peut se permettre de proposer à la vente n'importe quelle bouse que vous ou moi aurions écrite puisque c'est vous ou moi qui nous chargerons de la commercialisation et des (éventuels) frais de publicité. Dans ce coup-là, Amazon gagne à tous les coups et les auteur.e.s édité.e.s à leurs frais perdent à (presque) tous les coups.

Dans le cas particulier de Koskas, le coup ne peut marcher que parce que Koskas bénéficie du recours d'un compère (comme au bonneteau) qui fait croire à son indépendance et permet aux benêts et aux candides de croire que Koskas illustre la défense des auteur.e.s raté.e.s que les libraires (je l'ai été) voient défiler avec leurs piles de livres invendus et invendables sous le bras.

Quand il m'arrivait de prendre en dépôt (faut pas pousser le bouchon trop loin non plus) 3 exemplaires de ces improbables chefs-d'oeuvre et que, deux ou trois ans plus tard, ils n'avaient pas bougé, les mêmes auteur.e.s (qu'on ne revoyaient jamais entre-temps) ne se posaient toujours aucune question sur la "qualité" de leurs livres mais incriminaient systématiquement autrui. Et je vous promets qu'au début au moins j'ai essayé d'en lire, de ces trucs ni faits ni à faire !

Eh bien si Amazon débarrasse les libraires d'avoir à se taper ces génies incompris (sinon incompréhensibles), ce sera toujours un petit bénéfice.
"Quand il m'arrivait de prendre en dépôt (faut pas pousser le bouchon trop loin non plus) 3 exemplaires de ces improbables chefs-d'oeuvre et que, deux ou trois ans plus tard, ils n'avaient pas bougé, (...)"



Vous ne jetiez même pas un oeil avant d'accepter? Hum. Bref.



"l'auto-édition, la nouvelle litote à la mode pour parler du compte d'auteur."



Où l'on constate que vous savez de quoi vous parlez. Alors qu'il s'agit de deux choses très différentes.



"On sent vaguement derrière ces commentaires une cohorte d'auteur.e.s raté.e.s qui n'ont pas encore compris que dans l'immense majorité des cas le compte d'auteur publie des livres qui n'ont à peu près aucun intérêt (sinon pour leurs auteur.e.s)."



En gros, autoédition et compte d'auteurs mêlés, plus de 9 livres sur 10, mais c'est à peu près aussi le cas dans l'édition traditionnelle (différence: on publie alors des livres qui n'ont à peu près aucun intérêt, sinon pour leur éditeur). Vous pouvez toujours estimer que l'autoédition c'est de la merde sur du papier, vous n'empêcherez pas qu'il s'y publie d'excellents livres qui n'auraient pas trouvé éditeur moins en raison de leur absence de qualité que parce qu'ils ne seraient pas (assez) rentables. Le problème essentiel est que le volume de publications est devenu tel qu'il est impossible de dénicher par chance une perle que (malheureusement) le classement des plateformes de vente ne met pas en avant, ce qui explique sans doute qu'on ait le sentiment que l'autoédition s'assimile à une déchetterie. (Note: le compte d'auteur étant réservé désormais aux pigeons, il est vrai que la proportion de [très] mauvais livres publiés par ce biais semble supérieure, mais je me trompe peut-être).



Entre les éditeurs qui ne pensent pas qualité mais rentabilité assurée (rares sont ceux qui semblent daigner prendre des risques, désormais), les libraires qui leurs crachent dessus, et la perspective de se goinfrer avec les 70% du prix de vente concédés par Amazon (qui a vraiment bien joué son coup), pas mal d'autoédités qui n'écrivent pas d'immondes bouses ne se posent plus de questions et se dispensent d'états d'âmes. (Et les autres n'ont eux jamais hésité, certains sont dépourvus de toute décence dès qu'il s'agit de se faire du fric, quitte à mettre en ligne des pages dignes d'une rédaction de sixième - après tout puisque ça se vend, hein...)



Je ne vous convaincrai pas que vous avez tort de restreindre l'autoédition à une autosatisfaction du genre onaniste (le compte d'auteur pour sa part lui sert avant tout à alléger un compte en banque), mais qu'importe. Les libraires de votre trempe (imbibés de mépris) sont destinés à disparaître, reste à faire survivre les autres. Et, concernant l'autoédition, à tenter de la faire sortir du piège amazonien qui est d'abord un asservissement volontaire à un système pernicieux et fermé. Mais si on dit "gagner moins en publiant mieux", allez savoir pourquoi, on vous considère vite comme un taré... Mais le jour où Amazon fera ce qu'il veut avec les auteurs (comme il le fait déjà avec les éditeurs) et dictera ses conditions à tous, je sens qu'il y en a qui viendront chialer. Trop tard.
Très drôle, cet afflux de défenseur.e.s de l'auto-édition, la nouvelle litote à la mode pour parler du compte d'auteur. Très drôle aussi, la propension à flétrir les libraires (qui ne vendent que ce qui marche, et patati et patata, la preuve ils ont refusé mon sublime recueil de poésie publié à la Pensée universelle).

On sent vaguement derrière ces commentaires une cohorte d'auteur.e.s raté.e.s qui n'ont pas encore compris que dans l'immense majorité des cas le compte d'auteur publie des livres qui n'ont à peu près aucun intérêt (sinon pour leurs auteur.e.s).

Koskas est bien mignon, mais s'il ne s'était pas fait connaître par le biais de l'édition normale (celle à compte d'éditeur), et s'il ne bénéficiait pas du soutien d'un Besson tout à fait institutionnel et qui navigue parfaitement dans le marigot germano-pratin que ledit Koskas fait mine de dénoncer, eh bien le roman à compte d'auteur de Koskas ne serait connu que de sa mère et de ses ami.e.s.

La petite manip de Koskas autour de son compte d'auteur ne fonctionne que parce que ses précédents livres ont été lus et validés par des gens dont le métier est de lire (éditeur.rice.s, critiques ou libraires) et qui, tout compte fait, ne s'y entendent pas si mal.

Cela dit, il ne faut pas surestimer le tintouin fait autour de ce roman : il ne s'agit que d'orchestrer une campagne publicitaire gratuite à laquelle nous participons tou.te.s un peu. Ni plus ni moins.
Bravo Thierry Reboud. J’ai tenté de leur faire comprendre sous le premier article paru sur le sujet. Mais s’ils sont ratés à l’écriture, je crois qu’ils le sont aussi à la lecture. 😃 et comme dirait l’autre, « lisez, bordélique, lisez ! »
Franchement ridicule cette levée de bouclier contre l'autoédition et contre Amazon.



Sachez qu'Amazon permet à grand nombre d'auteurs de VIVRE de leur art, contrairement aux libraires qui vivent plutôt de l'art des autres ! Amazon est d'ailleurs une énorme vitrine pour les autoédités qui le sont par CHOIX, souvent après une mauvaise expérience avec une maison d'édition traditionnelle, tandis que les libraires " de quartier " refusent de vendre les auto-édités.



Messieurs les Libraires, si vous voulez boycotter Amazon et leurs auto-édités, dans ce cas, boycottez aussi TOUS les éditeurs qui vendent aussi sur cette plateforme, ça sera plus logique ... (c'est marrant, eux ne boycottent pas, c'est pourtant AUSSI des concurrents directs ... Ah mais non suis-je bête, les auto-édités c'est nul... Sauf que maintenant qu'ils sont sélecttionnés pour les prix prestigieux, ça gueule ... wink)
Ils auront beau s'en défendre, les menaces, voire davantage, de boycott des libraires contre les nominés du Renaudot sont bien une attaque contre l'auto-édition.

Certes, le nominé ne l'a été que parce qu'il était connu du milieu, et dûment "parrainé"... comme les autres !

Mais, comme le souligne AB, s'il s'agit de lutter contre le grand méchant Amazon, alors il faut être crédible, et boycotter aussi tous les éditeurs qui vendent par ce biais, c'est à dire...tous! Tiens, dès lors, comme c'est étonnant, les criailleries des libraires se font moins véhémentes... C'est même un grand silence...

Un petit auteur, qui jamais ne sera en librairie et encore moins nominé dans un prix quelconque, pourrait en déduire, en tâcheron mal pendant de la chaine du livre qui emprisonne les auteurs et les contraint à la mendicité, ou pas loin, que ce qu'ils redoutent surtout c'est de voir leur échapper le juteux marché des lauréats des prix littéraires, qui font le gros volume de ventes sur lesquelles, rappelons le, ils prélèvent entre 33 et 39 % alors que l'auteur, ce pelé, ce galeux, qui ose sortir du carcan des Grandes Maisons, émarge royalement à 10% maximum (le grand méchant Amazon offrant quatre fois plus sur du livre papier, sans compter l'offre numérique auquel se rajoute celle de la location...).

Il n'y a rien de mal à défendre son commerce, encore faut il l'afficher clairement en assumer jusqu'au bout les conséquences : Amazon étant un acteur majeur de l'auto-édition, le combat d'arrière garde contre ce dernier est aussi un combat contre celle ci, qu'on le veuille ou non, qu'on le reconnaisse ou non.

Il est aussi étonnant que les libraires puissent avoir leur mot à dire que les nominés d'un prix parce que son "éditeur" ne leur plait pas, et de frapper de leur ire funeste les autres nominés, qui ne sont pour rien dans l'affaire. Cette réaction épidermique, donc l'excessivité porte en germe son insignifiance, peut se résumer en un cri : "que rien ne change !" . Zarathoustra lui même savait combien il est vain.

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.