Excellent climat, loin de la crise, pour le livre en Espagne

Clément Solym - 27.03.2009

Edition - Société - livre - santé - crise


On l'a déjà dit le livre ne souffre pas vraiment de la crise. Et c'est le cas en Espagne aussi. Il y a eu + 19,8 % de livres publiés par rapport à l'année dernière pour quelques 255, 5 millions d'exemplaires soit une moyenne de tirage par titre de 3 000 exemplaires. selon les éditeurs espagnols le livre n'est pas frappé par la crise « parce que c'est un loisir bon marché ».

Une étude de la FGEE (la fédération des libraires) établit que les lecteurs réguliers (qui lisent au moins deux fois par semaine) sont de plus en plus nombreux. Ils sont 41 % maintenant contre 36 % en 2000.

Les bibliothèques se remplissent

Selon le ministère de la Culture espagnol les bibliothèques sont, elles aussi, plus fréquentées. Le nombre d'inscrits aux bibliothèques aurait augmenté de 53 % entre 2001 et 2005. Le taux de visite par an et par habitant reste encore faible par rapport à celui du reste de l'Europe mais est, lui aussi, en augmentation et le nombre d'emprunts a connu une belle augmentation.

À ce propos, le directeur de la FGEE, Antonio Maria Avila, rappelle que : « Les pays du centre et du nord de l'Europe ont réussi l'alphabétisation complète de leur population jusqu'à 16 ans au milieu des années 1950, l'Espagne depuis quatre ans seulement ».

L'Espagne serait donc en train de rattraper son retard. Un phénomène que l'on peut aussi observer dans les pratiques de lecture des enfants. Les jeunes lecteurs de 13 ans liraient en moyenne huit livres par an. Les adolescents, eux, lisent moins et généralement des livres en rapport avec leur cursus scolaire.

La jeunesse et la lecture

Rafael Chirbes, un écrivain explique que : « Pour les enfants, les livres sont un monde de fantaisie, mais quand ils arrivent à l'adolescence, ils se trouvent confrontés à la réalité de leur environnement. Alors, ils se demandent pourquoi lire ; pour devenir des chômeurs plus cultivés ? ».

Pour expliquer ce désintérêt des adolescents espagnols pour la lecture, certains rejettent la faute sur les programmes scolaires qui mettent en avant des oeuvres trop éloignées des élèves, d'autres estimes que la société actuelle propose trop de divertissements dont beaucoup sont plus tape à l'oeil que le livre.

Enfin, il est intéressant de noter qu’à partir de 24 ans, toujours selon le ministère de la Culture, les jeunes se tournent à nouveau vers une lecture plaisir.

Les autres lieux du livre

Une bonne santé du livre qui favorise donc un nombre croissant de librairies, comme à Barcelonne où une librairie de 1 500 m vient de s'ouvrir dans un quartier où l'on pouvait déjà en trouver une douzaine dont une qui faisait déjà 1 200 m.

Par contre d'autres lieux en rapport indirect avec la culture du livre ferment sévèrement touchés par la crise. C'est le cas du restaurant Nicolas, à Madrid, fondé par l'écrivain Juan Antonio Mendez, où de grands noms de la littérature espagnole sont passés dont plusieurs prix Nobel.