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Exclu du Renaudot, l'auteur autopublié se tourne vers les tribunaux

Nicolas Gary - 06.10.2018

Edition - Justice - Marco Koskas Renaudot - Amazon autopublié Renaudot - librairies Amazon Renaudot


EXCLUSIF – En quelques heures, Marco Koskas était devenu l’ennemi public numéro 1 de la librairie française. Son ouvrage, Bande de Français, figurait dans la première sélection du prix Renaudot. Problème : son ouvrage était autopublié chez Amazon...

Marco Koskas (© Jean-Marc Gourdon/Fayard)


 

C’est presque innocemment qu’en diffusant la liste de la première sélection l’AFP a tout juste remarqué le nom de la maison d’édition qui publiait Bande de Français, Galligrassud. Et rien de plus. Il aura fallu qu’ActuaLitté lève le voile et, remontant le fil, découvre l’origine de l’ouvrage. 

 

Guerre des tranchées et noms d'oiseaux
 

Et toute la machine s’est emballée : les libraires ont effectué une levée de boucliers, les éditeurs sont restés doucement muets... Les pro, les anti, tout le monde s’est partagé, confondant les enjeux et les problématiques. Pendant ce temps, alors que l’interprofession était à feu et à sang, les jurés du prix découvraient, avec stupeur – feinte ? — ce que leur choix avait déclenché.

 

Alors oui, cette année, la presse a parlé du prix Renaudot comme jamais auparavant. 

 

Des libraires ont menacé de boycotter les ouvrages des membres du jury – et pendant ce temps, Bernard Pivot, du prix Goncourt, soulignait qu’il ne fallait pas avoir d’œillères. Après tout, l’autopublication n’était pas un mal en soi. 

 

Affaire Renaudot : un auteur autoédité
chez Amazon qui dérange

 

Certes non, a fini par répondre le Syndicat de la Librairie française, mais à condition qu’elle respecte le modèle qui permet aux libraires d’acheter les livres pour les vendre à leurs clients. Car, en effet, une librairie ne peut pas passer commande pour s’approvisionner auprès d’Amazon, dans ce cas de figure. Enfin, si : mais dans ce cas, c’est une vente presque avec aucune marge, le livre sera vendu au prix d’achat.

 

Moralement, surtout [les libraires] refusent de « se jeter dans la gueule du loup », car Amazon n’est pas un concurrent comme les autres. Il ne veut pas seulement s’imposer comme un acteur important du marché du livre, il veut devenir le marché à lui tout seul en éliminant ses concurrents, en organisant une concurrence déloyale, en échappant à l’impôt, en contournant le prix unique du livre et en remplaçant tout à la fois les éditeurs, les distributeurs et les libraires.

(communiqué du SLF)

 

 

L’auteur avait déjà réagi, considérant que les libraires versaient dans « l’hypocrisie de l’argument », en s’en prenant à lui de la sorte. Difficile de trancher : recourir à Amazon, c’est tout de même savoir ce que l’on fait, avec quel type de société on va s’associer, etc. D’autres solutions existent pour l’autopublication – Amazon a simplement la réputation d’être le meilleur vendeur de livres sur internet.
 

“Le chantage a payé”

 

Boycotté massivement, le romancier a vu son livre dégagé lorsque la nouvelle liste des sélections Renaudot a été communiquée. Pour lui, cela ne fait aucun doute : la pression que les libraires ont fait monter, « ajoutée au réquisitoire du “portrait” que m’a consacré Libé », ont conduit à ce que les jurés cèdent.

 

C’est avec « l’envie de répondre à ce petit monde », qu’il a fait parvenir à ActuaLitté sa réponse. 
 

Besson, Le Clézio, Garcin,
“sans nous, trouvez un autre job”

 

« Après les éditeurs, j’aurai affronté le Syndicat de la Librairie Française. Ce fut beaucoup pour un seul homme. Beaucoup trop. Ils ont eu finalement la peau de mon livre. Les premiers ont refusé massivement de le publier, les seconds ont menacé les jurés du Prix Renaudot de boycott s’ils me maintenaient sur leur deuxième sélection. Au bout du compte, mon livre a disparu de cette liste. Comme par hasard. Comme par enchantement. Le chantage a payé. Les maîtres chanteurs l’ont emporté », déplore l'auteur 
 

Et d'ajouter : « Si je m’inclinais devant cette décision, elle ferait école. N’importe quelle corporation userait du même moyen de pression pour obtenir par la menace une décision en sa faveur. Nous serions alors rentrés dans l’ère du lobbyisme. Fini l’indépendance des jurés qui nous est si chère à tous. Fini la liberté d’esprit qui donne son sel à la vie littéraire. » 

La suite se déroulera donc devant les tribunaux car « une société de lobbyiste est une société maffieuse, et aucun citoyen libre n’en veut. C’est pourquoi j’ai décidé de poursuivre le SLF devant les tribunaux et demander réparation. Nous nous retrouverons devant une cour qui jugera l’affaire en fonction de la Loi, et non en fonction des intérêts de telle ou telle corporation ». 

 

Amazon, autoédition : ce que l'affaire Renaudot
dit de l'édition en France

 

À cette heure, le SLF n’était pas joignable pour une réaction.

 

Mise à jour 19 h 40 :

 

Notons cependant que, selon des sources concordantes sollicitées par ActuaLitté, Marco Koskas a été en relation avec un distributeur-grossiste ainsi qu’un prestataire offrant des services d’impression à la demande. En effet, dans un premier temps – et bien avant le communiqué de presse accusateur du Syndicat porté contre Amazon – le SLF avait tenté de trouver une alternative.

 

Par ce biais, le livre aurait été commandable pour les libraires, l’auteur ayant à ce titre confirmé qu’il n’y avait pas d’exclusivité Amazon dans l’exploitation de l’ouvrage. Il existait une possibilité pour lui d’en imprimer un stock, via les services d’Amazon, avec une remise, et de commercialiser dans le circuit classique le roman.

 

En somme aucune difficulté technique ni commerciale – l’auteur l’avait lui-même assuré auprès de l’AFP – n’empêchait de recourir à l’écosystème traditionnel de la chaîne du livre.

 

Or, aucune des deux solutions qui lui ont été alors proposées n’a convaincu Marco Koskas de basculer vers une autre solution que celle d’Amazon. « C’est un choix personnel qu’il a fait, que de se distinguer en restant chez Amazon », commente-t-on.




Commentaires
Une seule réponse à la connerie des libraires - acheter le livre incriminé. Ce que je viens de faire. Ce n'est pas sans raison que je suis sur Amazon depuis maintenant vingt ans...
On peut connaitre votre profession, qu'on puisse la boycotter en passant par un confère lowcost-low-service ?

Amazon est un menteur, il n'a pas 1/3 des livres dans son système, il traite son personnel comme de la merde. Mais allez-y : achetez sans la moindre conscience. Un jour c'est votre emploi qui sera en jeu et personne ne viendra vous essuyer les yeux
Vous pouvez mettre la connerie des libraires ou je pense Thomas Galley. C'est si insupportable de voir des gens qui se battent pour garder ce beau métier qu'est libraire ? Au vu de ce que vous écrivez, continuez d'aller sur Amazon. Des clients comme vous je n'en veux pas. Si vous comprenez pas l'enjeu du monde de la librairie et des libraires. Alors oui restez chez vous à commander vos livres sur Amazon, sans conseil, sans proposition convenable. Je sais rencontrer des gens ça doit être dur leur parler aussi je suppose. Mais c'est ça être libraire, un partage déjà.
Effectivement, je me la mets où vous pensez, et le si beau métier de libraire avec ! Je me souviens du beau temps avant l'arrivée du géant de Seattle quand il fallait passer par les librairies pour avoir les livres SF en VO. Et il fallait les payer au moins le double du prix affiché. Quant à avoir des conseils là-dessus - ou sur n'importe quel autre domaine, à part effectivement tout ce qui était en haut de l'affiche et largement recommandé par les grands éditeurs - que nada. Désolé, si les libraires avaient fait leur boulot comme ils le réclament, point besoin de passer par Amazon. Et se défouler sur un auteur auto-édité par peur de voir s'effriter les marges, c'est inqualifiable. Des auto-édités, j'en ai lu, et j'en lis, et on y trouve des textes de très haute qualité. Au lieu de vous attaquer aux victimes du système ô si profitable des éditeurs établis qui se partagent le marché, vous auriez mieux fait de vous interroger à propos du pourquoi du comment du succès d'Amazon.
Pas que j'ai envie de vous avoir comme client vu l'idiotie abyssale de vos commentaires mais sachez que je suis responsable d'un rayon VO, 7lecteur de SF et que niveau prix sur mes bouquins en anglais je suis au même niveau qu'Amazon. Ça vous en bouche un coin non ?
Cela risque de vous étonner, mais votre réponse ne me laisse aucunement sur le cul. S'il est vrai que la disponibilité des textes en langue étrangère est aujourd'hui bien meilleure et que les prix sont devenus bien plus raisonnables, cela n'empêche que la SF aujourd'hui est très largement passée au domaine de l'auto-édition, éliminant effectivement la diffusion traditionnelle (et donc les libraries comme Point de vente). Aujourd'hui, l'amateur de SF n'a presque plus le choix. Certains le regretteront, d'autres s'en réjouiront. Quant á moi, je pense que ce sont les insuffisances d'un système qui ont conduit á sa disparition.



Quant á la question de choisir sa clientèle, c'est une belle démonstration de ce qui ne va pas bien dans votre métier. Ceci étant dit, je regrette un peu le choix de certains de mes mots, mais le traitement infligé à M. Koskas et la malhonnêteté de certains de ses acteurs (qui essaient de se faire passer pour David face à Amazon tandis qu'ils se comportent en Goliath quand il s#agit d'un Petit auto-édité) m'ont fait réagir avec vigueur. D'autant plus que je m'intéresse depuis longtemps aux auto-édités dont certains valent les grands noms de la littérature,
Votre réponse est d'une insondable stupidité. Vous parlez sans connaitre les difficultés qu'affrontent les libraires.
Monsieur Galley, je tiens à dénoncer votre attitude pas tout à fait désintéressé puisque votre page Facebook indique que vous êtes auteur à NUMERIKLIVRES ! angry Votre égo vous pousse à lutter contre les libraires qui ont déjà énormément de mal à joindre les deux bouts. Mais peut-être que les libraires de France ne vous intéressent pas trop puisque vous habitez à Cologne en Allemagne.
Bonjour,



comme vous avez pu le constater, je joue à visage découvert, et je n'utilise jamais de pseudo quand je parle littérature. Il n'y a donc rien à "dénoncer". Si j'ai opté pour Numériklivres (en 2013) - ce qui n'est pas de l'auto-édition, soyons clairs là-dessus - c'est parce que l'esprit pétillant et la démarche novatrice d'un éditeur hors commun m'a convaincu du bien-fondé de cette décision. Vous qui avez découvert mon profile Facebook avez peut-être eu l'occasion d'y lire le nécrologue de Jean-François Gayrard ?



Quant à mon domicile, s'il est vrai que je n'ai pas le bonheur de vivre dans l'espace hexagonal, c'est bien parce que je suis Allemand et que je vis et travaille dans mon pays de naissance. Ce qui ne m'a jamais empêché de m'intéresser aux activités culturelles de la France. Et même d'y participer parfois. Et je ne vois d'ailleurs pas pourquoi le "sort" des libraires français serait différent de celui de leurs confrères des autres pays européens ?
Classique, encore une fois. On attaque l'auteur personnellement en cherchant ses infos en détail sur les réseaux sociaux. On parle des pauvres libraires qui souffrent en se désintéressant totalement des auteurs. (Ce ne sont que des outils à exploiter pour vendre, bien sûr.)

On applaudit la censure pure et simple... Je veux dire, si les auto-édités vous dégoûtent tant, pourquoi vous ne vous contentez pas de les ignorer au lieu de pleurer comme des crocodiles dès qu'un d'eux volent de ses propres ailes ?

Vous prenez de haut les auto-édités et/ou les petites maisons, refusant même les dépôts-ventes et après vous vous étonnez que ceux-ci s'en vont à côté et parviennent, au fil du temps, à vivre sans vous.

Si vous vous sentez menacés, réfléchissez différemment à votre métier au lieu de vous attaquez à ceux des autres.
Toutes mes félicitations, M. Thomas Galley ! Votre esprit supérieur vient de tomber dans le panneau de l'entreprise publicitaire à petit budget (et tout de même cousue de fil blanc) qu'est toute cette farce autour du compte d'auteur de Koskas.

Je vous souhaite de ne pas vous sentir obligé d'acheter toutes les oeuvres publiées à compte d'auteur pour d'aussi nobles motifs : il y a fort à parier que votre amour de la poésie n'y survivrait pas.
Bonjour Thierry,



comme vous devez le savoir, le monde des auteurs auto-édités est d'une infinie variété, et on y trouve le meilleur et le pire. Les liens hypertextes les font d'ailleurs se côtoyer encore plus intimement que les éditions de Racine et de Shakespeare dans le rayon des Romatiques. À condition de s'y aventurer, on risque donc effectivement de tomber sur des textes indigestes. Mais on peut aussi y dénicher des perles, ce que des éditeurs "classiques" ont déjà fait par le passé, au point de pouvoir considérer l'auto-édition comme un moyen d'auto-marketing en vue d'une publication "classique".



J'ai l'habitude de me plonger régulièrement dans le vivier de l'auto-édition, et je peux vous assurer que mon goût de la poésie ne s'en porte que mieux. Au lieu de faire confiance aux éditeurs, je consulte les textes - quitte à perdre quelques euros de temps en temps - et je vous assure que j'y ai trouvé du bon voire du très bon.
Cher Thomas



Je suis bien évidemment pour Internet après avoir fait gagner largement du fric aux libraires, aux éditeurs... Et avoir remporté quelques deniers puis de mettre heurter à cette grosse mafia que sont les éditeurs dits classiques, puis les moins classiques avec des noms bien plus petits mais qui touchent un max alors voilà... Le métier d'auteur est un métier à part entière, bafoué par les grands squales et les grands squales concernant les auteurs ne sont pas Amazon, Kobo... Loin de là... Mais bien les éditeurs qui rejettent en masse les auteurs de petits noms... Alors... Etant donné que nous sommes là pour protéger le métier d'auteur et non celui d'éditeurs ou libraires... Que notre métier mérite salaire, reconnaissance... Il me semble grandement temps de remettre à César ce qui appartient à César sans tous les intermédiaires, épuisants qui se réveillent après un succès internet. L'histoire de Koskas en est l'exemple, c'est un beau roman et c'est bien pour cela qu'il a participé au prix Renaudot, et cela devient un conflit éditions, distributions... filières classiques... Combien d'éditeurs frileux et pourtant de grands noms ont rejeté des oeuvres littéraires, des premiers romans et devant les succès vente internet Amazon de ces mêmes auteurs... Sont venus les repêcher... ?
Bonjour. S'il y avait eu avant l'arrivée d'Amazon des possibilités acceptables d'auto-édition, au lieu de toutes les arnaques proposées dans les pages de publicité des magazines, Amazon n'aurait pas eu la partie aussi belle. Et l'édition classique était et est encore trop verrouillée à l'égard de certains types d'ouvrages et d'auteurs. Ni la législation ni les contrats proposés par les éditeurs ne sont favorables aux auteurs émergents, c'est un des aspects du contrôle/barrage existant en France. J'ai édité un ouvrage chez un grand éditeur scientifique classique il y a 20 ans, je ne recommencerai jamais, vu la faiblesse des droits d'auteur, les contraintes injustifiées subies, et un "travail" de cet éditeur n'apportant aucune plus-value, ni pour les chiffres de vente, ni pour la qualité de l'ouvrage. C'était simplement l'exercice d'un quasi-monopole, qui a fini par déboucher sur ce que certains critiquent, mais sans proposer d'alternative acceptable pour les auteurs.
Le hic, c'est que Koskas n'est plus un auteur émergent. Son principal problème, c'est qu'il ne rapporte plus une thune à aucun éditeur (sans quoi il s'en serait sans aucun doute trouvé un pour le publier). C'est du reste la raison pour laquelle il a fait tout ce battage, et qu'il tente de le prolonger avec l'annonce (seulement l'annonce : je ne parierais pas qu'il soit assez stupide pour aller jusqu'au bout) d'une procédure qui a toutes les chances de finir en classement vertical.

Par ailleurs, il me semble au minimum hasardeux de comparer l'édition scientifique et l'édition littéraire (sans que cela préjuge en rien de la qualité de la science ou de la littérature dans l'un ou l'autre cas).
La démarche de Marco Koskas est malhonnête. Il prétend défendre son livre mais nous lui avons proposé de le publier et qu'il soit ainsi disponible dans toutes les librairies. Pas de suite... Il prétend que les libraires peuvent commander son livre chez Amazon, c'est tout simplement faux. Certes cela doit être difficile de renoncer au soutien de l'entreprise la plus puissante du monde dans l'édition et à un tel (bad) buz. Mais qu'il ne vienne pas nous faire des leçons de morale. Les Editions du Net seront du côté des libraires et démontreront au juge la mauvaise foi de Marco Koskas.
Bonjour,

Quand vous dites on lui a proposé de le publié vous parlez de qui ?
Le 13 septembre :

Merci de transmettre à Marco Koskas que s'il veut vraiment défendre son ouvrage (et non Amazon), il peut le publier en 48 heures aux Éditions du Net. C'est entièrement gratuit il sera immédiatement disponible au format papier pour tous les libraires. Cela éteindra immédiatement la polémique. Merci de lui transmettre l'adresse : www.leseditionsdunet.com.

Publié par bibliobs sous l'article écrit par Marco Koskas: https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180913.OBS2282/prix-renaudot-marco-koskas-repond-aux-libraires-en-colere.html
Le monde a l'envers...

Le mec est publie par Amazone, et vient t'exoliquer que c'est le monde de l'editions qui fait du lobbyisme XD

Ce type ne comprends decidemment rien de rien XD
C'est de l'inversion accusatoire. Inversion des rôles, quoi !
Mais qu'est-ce qu'attendent donc les membres du jury du Renaudot pour s'insurger contre le fait que ce monsieur les estime faibles et influençables à ce point là? Pour défendre leurs choix intellectuels et leur insoumission au "lobby" de la librairie (rien que d'écrire cela, c'est tellement grotesque...) ?
Doublez les droits d'auteurs, vous verrez Amazon se réduire comme peau de chagrin.
Par définition, un syndicat défend les biens et les intérêts d’une profession. Le Syndicat de la Librairie Français a donc rempli son rôle en donnant un avis circonstancié et logique sur cette affaire. Dans un tel contexte, parler de lobbying n’a pas de sens et la plainte de l’auteur sera perçue comme une façon de prolonger la campagne de promotion de son livre.
Après cette "nuit de crystal", a-t-on encore le droit moral d'entrer dans une librairie? L'auteur était-il juif (les libraires, en juillet 40, n'avaient pas hésité à retourner les livres d'auteurs mis à l'index par Vichy)?
Le point de Godwin, c'est quand même un truc fascinant.

Le voir atteint avec une telle mise de départ en dit toute la grandeur.

Gloire au nétologue qui en a identifié l'existence!
J’ai une question vraiment innocente. Parce que je comprends très bien que les librairies défendent leurs outil de travail, qui ne le ferait pas.

Mais avant qu’amazon N’arrive sur le marché, le métier de libraire n’est il pas déjà en danger avec les grandes surfaces ?

Parce que avant d’habiter Paris où il y a encore pas mal de librairies, j’habitais en banlieue et j’ai vu les librairies fermées les une derrière les autres et Amazon n’etait pas encore créé. Donc est ce vraiment Amazon le problème ?

Je ne vous entends jamais vous plaindre qu’on peut trouver tous les livres qu’on veut dans les grandes surface. Comme les

Journaux d’ailleurs. Donc les journaux qui prétendent que Koskas crache dans la soupe ferait mieux de balayer devant leurs portes.

J’ai longtemps boycotté les grands magasins me disant que c’etait Scandaleux qu’un endroit qui a la base était sensé vendre de la nourriture s’attaque aux librairies en vendant lui même des ouvrages. Mais c’est un fait.

Donc je pense pas qu’amazon Soit celui qui vous a mis en danger en tout cas ce ne fut pas le premier.

Après d’apres ce que j’ai lu l’auteur a tout fait pour être publié par une maison d’édition, personne n’a voulu. Bon j’imagine comme tout à chacun vous faite avec ce qu’on trouve sur la main.

Mais en tout cas vive les librairies effectivement mais je vous trouve quand même très dur avec cette auteur. Et le commentaire du mec qui dit que Koskas ne rapporte pas une thune, faudrait qu’il me dise qui vend des milliers de livres de nos jours. Ils doivent être une dizaine à tout casser.
Bonjour.

Des auteur.e.s qui ne rapportent pas bézef, il y en a des paquets. La différence, c'est que les maisons d'édition font des paris sur le fait qu'à un moment ou à un autre, pour des raisons littéraires ou autres, ces auteur.e.s peuvent leur rapporter quelque chose. Manifestement, les maisons d'éditions auxquelles s'est adressé Koskas ont cessé de parier sur lui... ce qui peut se concevoir quand on se rappelle qu'il a déclaré quelque part (ça se retrouve sur Actualitté) qu'elles sont peuplées de "pétasses" 'sic) et de "petits marquis" (resic).

Parfois, les maisons d'édition qui ne font pas certains paris se plantent : c'est le cas de Gallimard qui a refusé En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut... pour les plus grands bonheur et profit des éditions Finitude.

D'autre part, rapporter de la thune à une maison d'édition, ça ne signifie pas forcément rapporter des tonnes de thunes : ça peut vouloir dire simplement rentrer dans ses frais. L'équilibre des maisons d'édition, comme celui des librairies d'ailleurs, est très fragile. Les ventes bonnes ou très bonnes équilibrent les comptes des ventes médiocres ou mauvaises, et c'est comme cela que les maisons d'édition peuvent continuer à faire (plutôt très bien) leur travail.

Il me semble que le plus probable, c'est que Koskas a proposé son manuscrit à des maisons où il avait déjà publié, qu'elles n'en ont pas voulu et que (par fierté mal placée, par flemme ou par quoi que ce soit d'autre) il n'a pas voulu se tourner vers des maisons sans doute moins huppées mais qui, allez savoir, aurait peut-être accepté de le publier : avec le nombre de maisons d'édition en France, il serait bien surprenant qu'aucune n'accepte un manuscrit à peu près bien foutu.
Monsieur Koskas n'a pas sa langue dans la poche et campe grandement la vérité, il lève le voile quitte à ce que ça le desserve, il parle au nom de tous les auteurs bafoués, il va en justice pour ce métier et pas que pour sa gueule et c'est ça qui est bon, c'est ce qu'il est important de retenir outre son histoire Bande de Français qui est vraiment un beau roman. Alors, quoi, il faudrait que nous fassions la politique de l'autruche juste pour signer, avoir la chance un jour de signer quand on sait ce qu'il se passe derrière les bureaux ? Sans blague.
Koskas a surtout très bien compris les ressorts de la publicité bas de gamme : un coup, je la joue victime de l'israélophobie des éditeurs français (ce qu'il ne faut pas lire quand même !), un coup je la joue défense des gentils petits auteurs contre les méchants éditeurs, les encore plus méchants libraires et les carrément abominables prix littéraires.

Pendant ce temps-là, on cause (un peu) de lui et des clients achètent le roman d'un auteur dont à peu près tout le monde (sinon Besson) avec constance désintéressé. Si en plus vous trouvez assez bon pour vous, c'est parfait.

Mais ne vous imaginez pas qu'il s'agisse d'autre chose que de publicité.
De toute évidence, Marco Koskas était surtout exaspéré par le milieu de l'édition. Ayant entendu bien des histoires sur le domaine (organisation bâclée, paiements en retard, communication absente, manque de respect pour les auteurs), je ne trouve pas cela déraisonnable de tenter sa chance ailleurs.



Mais ce n'est pas le point que je souhaite critiquer le plus. Je trouve cette affaire déplorable. Il y a, que vous le vouliez ou non, un net mépris dans les propos tenus à l'encontre de l'auto-édition, alors qu'en soi il s'agit bien plus que de simples cas de "je n'ai pas pu faire éditer mon livre". Ça peut être un choix personnel parce que ça a ses avantages, notamment au niveau des droits. Ça peut être aussi gage d'une certaine liberté artistique (un peu comme le cinéma indépendant contre le cinéma commercial).



Souvent, des artistes travaillent indépendamment sur des projets de petite envergure mais qui leur tiennent à cœur et qui finissent par avoir un immense succès. Je pense à "Undertale" par exemple, jeu vidéo de Toby Fox qui a été reconnu comme étant un chef-d’œuvre par la critique et le public, étant une expérience profonde, touchante et mûrement réfléchie malgré ses faibles moyens. Et le succès fut monstre, bien au-delà des espérances de son auteur. Ce jeu a pourtant été fait entièrement par une seule personne, financé uniquement de manière participative sur internet.



En réalité, un créateur qui choisit de travailler ainsi seul ou hors des structures, ça n'a rien à voir avec le talent et peut être dû à de nombreux facteurs.





Or, ici il s'agit d'une remise de prix. Ce n'est pas lieu à débattre des pour et contre des moyens de distribution : c'est une démarche pour récompenser des auteurs jugés talentueux. C'est tout. Si il est jugé que son livre mérite d'être reconnu, alors qu'il en soit ainsi. Exiger son retrait car il est disponible sur Amazon n'a tout simplement pas lieu d'être.
Bonjour à tous,

j'ai lu avec un grand intérêt l'article et les commentaires joints. Je ne ferais pas un commentaire supplémentaire, mais permettez-moi de témoigner d'un cas que je connais bien puisque c'est le mien.

Je suis auteur de quatre ouvrages et j'en ai un cinquième en préparation. Mes livres sont achetables chez Amazon, mais aussi dans divers autres "boutiques" par le biais de la plateforme Librinova. Ce n'est aucunement un choix délibéré, mais, au contraire, une situation qui me pèse énormément car je souhaite ardemment trouver un jour un éditeur. Et c'est fort difficile et ardu, mais je poursuis inlassablement la démarche jusqu'à ce qu'ele aboutisse. Pourtant, mes ouvrages bénéficient de nombreux commentaires élogieux (mais pas "que", bien sûr), ce qui me laisse à penser qu'ils sont capables de séduire des lecteurs. Alors, je reste avec cet Amazon dont je réprouve certaines méthodes, mais qui est le poids lourd de la distribution et qui vends à mes lecteurs quelques centaines d'ouvrages par an...

Domi Montesinos auteur de "Mamilou et Grand'père en short autour du monde"
Le problème, c'est que pour les éditeurs un livre qui se vend (seulement) à quelques centaines par an ne peut être rentable. Faites-le calcul, vous verrez
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