Exclusif : Bragelonne ouvre son offre d'ebooks aux bibliothèques

Nicolas Gary - 23.03.2013

Edition - Bibliothèques - Bragelonne - livres numériques - offre de prêt


L'offre de titres numériques à destination des bibliothèques va prochainement s'étoffer d'un important acteur - de plusieurs éditeurs, en réalité. En effet, les deux tiers des ouvrages de Bragelonne, Milady, Castelmore, sont d'ores et déjà disponibles pour les établissements publics qui souhaitent enrichir leur offre. Un soupir de satisfaction poussé par les bibliothécaires : enfin quelque chose de gros se passe...

 

 

 

 

L'opération ne s'est pas déroulée sans peine : un grand nombre de titres des catalogues provient de l'achat de droits, et les agents manifestent le désir d'être informés, quand le prix de l'édition numérique est inférieur à XX % de celui de la dernière édition de la version papier. Ainsi, Bragelonne ne pouvait pas se lancer dans l'aventure du prêt d'ebooks sur un coup de tête.

 

Or, avec un principe d'abonnement, tel que le propose Immatériel (toujours dans les bons coups) aux bibliothèques, fait qu'il n'est pas possible par avance de déterminer le prix de vente final d'un titre numérique. Dans ce contexte, et par respect pour les agents, Bragelonne a décidé de n'intégrer qu'une partie de son catalogue - 700 titres, en l'occurrence. Ainsi, le dernier tiers sera bientôt discuté avec les éditeurs et les agents, pour obtenir un accord permettant l'intégration des oeuvres encore absente du bouquet.

 

Chez Immatériel, on est déjà rôdé sur l'offre à destination des bibliothèques. « Cela a commencé avec Publie.net : François Bon voulait proposer l'offre aux bibliothèques, publiques ou universitaires et aux médiathèques, parce qu'elles étaient intéressées par cette offre de littérature contemporaine. Nous avons donc conçu un système d'abonnement qui ouvrait l'accès à la totalité du catalogue de Publie.net, sans limitation d'accès », explique Immatériel. 

 

L'enjeu premier était « de ne pas recréer la même rareté dans l'univers numérique que celui du papier. Un usager ne comprendrait pas pourquoi des restrictions s'imposent : quand on navigue sur un site internet, on ne se préoccupe pas de savoir si d'autres personnes le lisent en même temps ». Et surtout, il serait incompréhensible que l'on soit sanctionné par une interdiction d'accéder au site, sous prétexte qu'un autre internaute le consulte.

 

Le web devient la mesure de toute chose

 

Sur cette base web, en accès illimité, Immatériel a considéré que le principe d'abondance du net n'impliquerait pas que les utilisateurs en abusent ; au contraire, ils ne se sentiront pas restreints, ce qui est un plus. A partir de cette offre Publie.net, entamée voilà deux ans, les bibliothèques ont commencé à vouloir choisir les titres à proposer - or, dans le cas de Publie.net, c'était l'intégralité du catalogue auquel on souscrit, dans le cadre d'un abonnement annuel.  

 

Immatériel a donc conçu un outil de ‘pick and choose', par lequel les établissements peuvent constituer leur propre catalogue, au travers d'un abonnement annuel, toujours et reposant sur une consultation illimitée, en streaming, avec lecture possible hors ligne, par stockage du texte dans le cache du navigateur. Et tous les appareils de lecture sont concernés.

 

Avec un premier catalogue de 7000 titres, l'offre d'Immatériel restait limitée, et les bibliothèques devenaient insistantes sur... l'arrivée de Bragelonne. Au cours de ces derniers mois, la demande des bibliothèques a su convaincre l'éditeur de se lancer, et les agents de suivre. Maintenant, l'offre, toujours sur ce principe de pick and choose, compte 700 titres supplémentaires, et Bragelonne ne s'interdit pas de proposer des offres et bouquets thématiques - meilleures ventes, choix Spécial vampire, etc. Mais pour l'heure, les bibliothèques établiront leur propre sélection. 

 

L'offre commerciale repose sur une grille publique, présentée sur le site internet d'Immatériel, et reposant sur une variable entre le nombre de titres souhaités et le nombre d'utilisateurs potentiels du service. « Généralement, nous partons sur le nombre d'habitants de la ville, et nous en déduisons combien d'usagers sont susceptibles d'y recourir. Et si l'établissement dépasse le nombre d'usagers prévus, nous n'augmentons pas les tarifs. »

 

Une solution très éloignée du DRM chronodégradable, très en vogue actuellement, mais sans téléchargement - car il serait impossible de mettre en place une offre de téléchargement sans DRM. Mais le streaming en accès illimité, avec lecture possible en ligne représente une solution probablement tout aussi efficace - et sûrement d'avenir.