Exclusif : Naissance de la Guilde des vidéastes, “protéger ces métiers du web”

Nicolas Gary - 07.06.2019

Edition - Société - guilde vidéas - organisation professionnelle - métiers web


La Ligue des auteurs professionnels vient de saluer la naissance de la Guilde des vidéastes, première organisation dédiée aux créateurs et créatrices sur Internet. La Ligue annonce « être fière d’être partenaire de cette nouvelle structure ayant pour vocation de défendre, d’accompagner et de professionnaliser les nouveaux métiers de la création web ».


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blhphotography, CC BY 2.0



La Guilde des vidéastes est née d’un rassemblement de différents professionnels de la création audiovisuelle diffusée sur Internet qui ont constaté que leurs métiers rencontraient des difficultés structurelles dues au jeune âge de son secteur d’activité et à l’absence de représentation dans la profession. 
 

Compte-tenu du contenu...
 

Youtubeurs (et par extension Booktubeurs...) ? Créateur de contenus ? Webcréateur ? La difficulté à définir les vidéastes témoigne de la complexité de ces métiers. Et pour cause, être créateur de contenus audiovisuels diffusés sur Internet est avant tout une somme de compétences allant de la phase d’écriture à la diffusion de ses œuvres, en passant par toutes les étapes de production.


Quand on pense aux youtubeurs, on pense bien sûr immédiatement à Norman, Natoo, Squeezie, EnjoyPheonix, mais la création web revêt des aspects très multiples. Au sein du conseil d’administration de la Guilde des vidéastes, on retrouve François Theurel, Aude Gogny-Goubert, Florence Porcel et bien d’autres.
 

Si nous revenons en arrière, à Livre Paris 2018 : les auteurs ont eu gain de cause sur la reconnaissance des rémunérations de leurs prestations avec # Payetonauteur, à l’aide de nombreux youtubeurs, dont entre autres Bulledop et NineGorman. Florence Porcel elle-même s’exprimait il y a peu sur ses conditions de rémunération dans l’édition :

 


Les frontières sont devenues très poreuses entre les secteurs


« Les mutations liées à Internet sont aussi en jeu pour le secteur du livre. Aujourd’hui, auteurs et autrices, nous devons faire face aux défis de la diffusion de nos œuvres via d’autres médiums. Nous savons que de nombreux auteurs et autrices du livre le sont également dans d’autres secteurs : audiovisuel, spectacle vivant, arts visuels, etc. Avec les nouvelles technologies, la possibilité pour les auteurs et autrices de diffuser eux-mêmes leurs créations est une question devenue incontournable », indique la Ligue.
 

Et de poursuivre : « Il est fondamental pour la Ligue des auteurs professionnels d’aborder l’auteur au sens large, dans une approche comparative à d’autres secteurs de la création. C’est pourquoi nous tissons des liens avec d’autres organisations de défense des auteurs hors du livre, comme la Guilde des scénaristes, les Ecrivains Associés du théâtre, ou encore Central Vapeur pro

En effet, si chaque secteur de la création « a des spécificités qui lui sont propres, les créateurs et créatrices ont le même point commun : le manque de reconnaissance de leurs métiers, l’isolement, ou encore les difficultés d’une rémunération équitable ».
 

La structuration des créateurs et créatrices du web par eux-mêmes pose évidemment la question de la représentativité. À l'heure de la Directive Droit d’auteur, on se souvient notamment des grands débats qui ont agité Youtube. Les Youtubeurs semblaient pris en étau et influencés par différents assauts de lobbys très puissants, à commencer par la filiale de Google bien sûr, mais également les Sociétés de perception de droit d’auteur.

Certains avocats également youtubeurs avaient tenté des analyses plus neutres pour permettre de comprendre les tenants et les aboutissants :




 

Prendre la parole, avant de se la faire prendre


Dans ces débats sur le droit d’auteur où les enjeux financiers sont colossaux, on entend finalement très peu les créateurs eux-mêmes sur leurs réalités. Beaucoup d’organisations parlent au nom des auteurs, mais finalement, qui d’autre que les auteurs eux-mêmes pour dire leur réalité ? 
 

Quoi qu’il en soit, l’émergence d’une représentation professionnelle des métiers de la création diffusée sur Internet semble dans la ligne droite de la Mission Bruno Racine, dont la lettre de mission rappelle les enjeux autour de la révolution numérique et des dégradations de rémunération des professions créatives.




 

Samantha Bailly, présidente de la Ligue, déclare : « Tisser des ponts entre créateurs et créatrices, peu importe nos secteurs, c’est tout simplement être en phase avec l’auteur du XXIe siècle. Les questions qui nous agitent actuellement, de statut, d’injonctions paradoxales entre droit d’auteur et droit du travail, doivent trouver des réponses. Ces problématiques sont bien au-delà du strict secteur du livre. »

Et de conclure : « Nous penser et agir avec les autres, dans nos singularités, est essentiel pour relever le défi colossal qui nous attend. Remettre ceux et celles qui créent — nous — au centre des enjeux et des politiques culturelles. Rappeler que la création, ce sont les créateurs et créatrices. »




Commentaires
C'est une bonne chose faudra s'attaquer surtout aux claims, le JDG à de plus en plus de claims qui volent le travail de Fred et Seb ; payer les droits d'auteurs oui mais pas tout prendre des créateurs comme le JDG.
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