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Exilés à Calais : Yann Moix accuse Macron de laisser faire “des actes criminels”

Antoine Oury - 22.01.2018

Edition - Société - Calais Macron Moix - Yann Moix tribune - Yann Moix Macron


Dans une tribune publiée sur le site Libération et écrite dans la foulée du tournage de son documentaire Re-Calais, consacré au traitement des réfugiés, réunis et confinés dans des camps, l'écrivain et intervenant de l'émission On n'est pas couché affirme que les forces policières présentes « frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse ». Il assure avoir filmé ces actes de violence, et propose un extrait de son documentaire à l'appui. 




 

« J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. » C'est par des mots forts, et une accusation directe que l'écrivain Yann Moix interpelle le président de la République Emmanuel Macron dans une tribune publiée par Libération. Moix a réalisé un documentaire sur le sujet, Re-Calais, qui sera diffusé par Arte au printemps prochain.

 

« Je l’ai vu et je l’ai filmé », affirme ainsi Moix, qui propose quelques images de son documentaire pour appuyer ses propos. « Ces actes de barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom », écrit Yann Moix.

 

Dans l'extrait de son documentaire, on peut voir des personnes souffrant manifestement des effets liés au gaz lacrymogène, mais aussi des témoignages d'habitants et de CRS qui vont dans le sens des actes de violence présumés dénoncés par des militants, des politiques et des personnalités.

 

« Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un protocole de la bavure », affirme l'écrivain et réalisateur. Selon lui, Emmanuel Macron est l'instigateur de la politique exercée aux alentours de Calais, ce que le président de la République aurait confirmé en déclarant : « Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement. »

 

Moix dénonce également la visite d'Emmanuel Macron à Calais, qu'il qualifie de « Calais imaginaire et vide », qui aurait évité une réalité faite de « [s]accages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire ».

 

Enfin, après avoir qualifié Emmanuel Macron de Tartuffe, de Lapalisse (sic) et de Pinocchio, Yann Moix assure que toutes les preuves sont réunies pour accréditer l'hypothèse de violences policières contre les personnes exilées. « Vous dites : “Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la violence.” Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ? »

 

 

Le préfet du Pas-de-Calais aurait contacté Yann Moix, « osant se réclamer de Jean Moulin », selon l'auteur de la tribune. Sur Twitter, la préfecture a répondu à la publication de Libération en justifiant l'usage de gaz lacrymogène et en réfutant tout usage de violence physique par les forces de police.

 

 





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