Face à l'Occident apathique, Ayaan Hirsi Ali "la puissance du blasphème"

Clément Solym - 20.04.2015

Edition - International - Mario Vargas Llosa - Ayaan Hirsi Ali - fanatisme islam


« La puissance du blasphème », salue Mario Vargas Llosa, rendant hommage à Ayaan Hirsi Ali, qui poursuit une campagne contre le fanatisme et la bêtise qu'entretient l'islamisme. Dans une tribune que publie El Pais, le prix Nobel péruvien évoque « le miracle » qu'incarne cette femme, « une des héroïnes de notre époque ». 

 

ayaan hirsi ali - wow!
smalijude, CC BY 2.0

 

 

Originaire de Somalie, cette femme politique a été élue à la Seconde Chambre des Pays-Bas. Son combat pour la liberté des femmes passe par un militantisme fervent contre l'excision, et une lutte vis-à-vis des dérives dans la religion musulmane. Menacée de mort, elle a reçu le prix Simon de Beauvoir en 2008, saluant son travail. 

 

« Ayaan Hirsi Ali est une preuve vivante que, peu importe la force de l'endoctrinement ou l'oppression exercée sur un être humain, l'esprit de rébellion et libertaire sont toujours en mesure de faire tomber les barrières qui cherchent à nous soumettre », écrit Vargas Llosa.

 

Elle vient de publier un nouvel ouvrage aux États-Unis, Heretic. Why Islam Needs a Reformation Now, qui expose avec cette « franchise habituelle », les dérives de groupes comme Al-Qaïda ou l'État islamique.

 

« Son livre fait valoir que l'origine de la violence que pratiquent ces organisations est enracinée dans la religion, et que, par conséquent, le seul moyen efficace pour lutter passe par une réforme radicale de tous les aspects de la foi musulmane, incompatibles avec la modernité, la démocratie et les droits humains », insiste-t-il.

 

Dans cette tribune, plus qu'un simple hommage, c'est une pensée à l'unisson que livre l'auteur péruvien. Et un soutien inconditionnel à ceux qui « risquent leur vie, à mener cette bataille religieuse et culturelle difficile ». D'autant que ses positions l'ont contrainte à quitter les Pays-Bas, et se réfugier aux États-Unis, où elle se fait taxer d'islamophobie. Elle enseigne à Harvard, et, note Vargas Llosa, « il n'est pas rare que des étudiants s'inscrivent, et le fassent juste pour l'insulter ».

 

Constamment menacée, Ayaan Hirsi Ali revendique donc « le pouvoir du blasphème », dans une campagne contre le fanatisme. Et l'écrivain de tirer son chapeau à cette force d'esprit « en mesure de rompre avec l'obscurantisme et la barbarie qu'on voulait lui imposer, et qui défend avec une fantastique conviction, la culture de la liberté ».

 

Le tout devant un public occidental, alors qu'elle-même est Somalienne, qui est devenu « apathique et sceptique, et ignore combien nous sommes privilégiés, et le trésor que nous possédons ».

 

À retrouver sur El Pais. 

 

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