Face à la crise, les éditeurs de Turquie appellent à la solidarité

Nicolas Gary - 18.08.2018

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Voilà une semaine maintenant que la Turquie assiste à une dévaluation de sa monnaie. La livre plonge, et entraîne le pays avec elle : le 13 août, elle enregistrait une perte de 45 % de sa valeur, depuis janvier. Et la merveilleuse économie globale de notre petite planète s’en trouve complètement chamboulée — et paniquée. 


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Faruk, CC BY SA 2.0
 

 

Si le président Recep Tayyip Erdogan accuse un complot venu de l’extérieur et incite à boycotter les produits électroniques américains, les Turcs subissent les retombées de cette crise. En milieu de semaine, le Qatar annonçait un investissement de 15 milliards $ en soutien. De quoi raviver la flamme du président, qui invitait ses concitoyens à une mobilisation nationale, alors que Washington met Ankara sous pression. 

 

L’incarcération d’un pasteur a été prise pour prétexte par Donald Trump, justifiant les menaces affichées 

 

 

 

Et pendant ce temps, Angela Merkel et Emmanuel Macron cherchent à se rapprocher de la Turquie, en vue de renforcer les relations économiques. 

 

Pour l’heure, les souffrances de cette situation pèsent surtout sur les citoyens, et à divers niveaux, on cherche des solutions. L’association des éditeurs turcs vient ainsi d’appeler ses confrères internationaux à faire preuve de souplesse. Dans le cadre des achats de droits, son président demande que les éditeurs internationaux abandonnent, pour un temps, les paiements par avance. Une preuve de solidarité qui serait vivement appréciée.

 

Kenan Kocatürk explique en effet que l’incertitude actuelle implique que les éditeurs auront des difficultés à imprimer de nouveaux ouvrages, avec pour conséquence une diminution des ventes. Pour certains, petits et moyens, c’est toute l’activité qui est menacée.

 

Soucieux de « surmonter cette crise sans pertes majeures », il suggère ainsi que les éditeurs internationaux renoncent provisoirement au modèle actuel. Ou acceptent une rémunération basée sur les rapports de vente. Et cela, « pour montrer leur solidarité avec les éditeurs turcs, durant cette difficile période ». 

 

L’agence littéraire turque Kalem Agency ne dit pas autre chose : ses craintes sont d’ailleurs plus grandes encore, redoutant la fermeture et la disparition d’éditeurs. Sa directrice, Nermin Mollaoglu, assure : « Ces dernières années, les éditeurs turcs ont versé des acomptes efficaces pour les achats de droits étrangers, mais je ne pense pas ce que sera le cas à Francfort. Seuls cinq éditeurs peuvent encore, à cette heure, se permettre de faire des offres décentes. »

Le business avec la Turquie prendra du plomb dans l’aile cette année, le message est net.

 

Le président de l’International Publishers Association, Michiel Kolman, se montre lui-même très préoccupé par ce que vivent les éditeurs turcs. En accord avec l’association locale des éditeurs, il s’agit de trouver et mettre en place des mesures qui permettront de minimiser les effets de la crise. « Nous encourageons l’ensemble des éditeurs, dans le monde entier, à travailler de concert pour que le secteur survive à cette menace significative, dans un avenir proche. »
 

 

Quant au moyen terme… pas certain de toute manière que le secteur du livre compte parmi les priorités du président Erdogan, hier, aujourd'hui ou demain. 

 

 

via The Bookseller




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