Face aux fermetures, les libraires belges lancent un appel aux clients

Julien Helmlinger - 18.11.2013

Edition - Librairies - Librairies - Indépendants - Crise


Tandis que l'ASBL de promotion et de défense des diffuseurs de presse fait état d'une fermeture de librairie chaque semaine, environ, quelque 1430 indépendants de Wallonie et de Bruxelles lance leur appel aux clients. Comme le rapporte Belga, cette opération de crise se déclinera sous forme de cartes postales, à retrouver sur les lieux de vente et qui permettent de signer une pétition sur le thème : « je soutiens mon libraire ». Ces cartes seront disponibles dans les librairies du 16 au 25 novembre, et la pétition peut également être signées en ligne.

 

 

CC by 2.0 par Steve Parker

 

 

Selon les termes d'Alexandre Ribadiere, de l'ASBL, il y aurait : « un véritable paradoxe entre le besoin ressenti aujourd'hui de revenir à des formes de commerce de proximité et le fait que notre réseau, pourtant réseau de proximité par excellence, se 'casse la gueule ». Face à la crise du secteur, les libraires belges se mobilisent. Ils ont notamment rédigé un mémorandum politique dont des exemplaires seront remis prochainement aux élus francophones ainsi qu'au gouvernement fédéral.     

 

Par le biais de ce mémorandum et la pétition, les professionnels indépendants en appellent à une réinvention du métier de libraire. Pour eux cela doit passer par un renforcement du réseau, sur de nouveaux produits ainsi qu'un affranchissement progressif des trois piliers historiques de la librairie : le tabac, les jeux de hasard et la presse écrite quotidienne.

 

Alexandre Ribadière explique que « c'est à ce niveau que l'état peut intervenir, car il joue un rôle primordial dans ces trois domaines ». De son avis les libraires seraient trop dépendants de ces trois industries piliers hautement réglementés et très instables.

 

Les revendications de Prodipresse pour l'ensemble du réseau des indépendants sont diverses au niveau politique. Elles vont d'une sorte de « plan Marshall pour libraires » à des mesures permettant l'emploi à moindres frais d'apprentis, sans oublier l'affectation d'une partie des ressources tirées des accises sur le tabac.

 

Le mémorandum préconise notamment l'intégration de « la diffusion de la presse (vente au numéro) dans le dispositif d'aide à la presse, en prenant en charge les frais de port dont doivent s'acquitter les diffuseurs de presse, de la même façon que le groupe bpost est subsidié par l'État ». Par ailleurs, est demandée baisse de 50% des cotisations sociales

 

Pour les indépendants désignés comme étant en difficulté, Prodipresse revendique une aide financière de 500 euros par mois ainsi que la prise en charge d'un audit par les finances publiques. Et le tout au plus vite. Alexandre Ribadière conclut : « Nous espérons pouvoir offrir toutes les cartes à Elio Di Rupo pour la Saint-Nicolas. »