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Face aux “seconds couteaux”, Christine Angot en appelle à François Hollande

Clément Solym - 27.02.2017

Edition - Société - Christine Angot présidentielle - François Hollande capitaine - France Angot Hollande


C’est un cri du cœur que la romancière Christine Angot a lancé à François Hollande. Un appel à une prise de position, et surtout, à devenir candidat à l’élection présidentielle. Alors que le 1er décembre, le président avait annoncé son renoncement, l’auteure l’exhorte désormais.

 

 

 

La lettre diffusée par le JDD est exigeante : rédigée à l’impératif, pour beaucoup, elle est tout à la fois alarmiste et passionnée. « Vous ne pouvez pas quitter le navire comme ça. Pas en ce moment », affirme Christine Angot. Et de filer la métaphore un peu plus loin : « Vous ne pouvez pas laisser le bateau échouer. Vous êtes notre président, vous êtes notre capitaine, le bateau est en train de s’échouer. »

 

Et d’ajouter : « Ça tangue beaucoup trop. » L’image n’est pas vraiment des plus heureuses, quand on se souvient de la gentillesse envoyée par Jean-Luc Mélenchon à l’attention du président, lors de l’élection de 2012 : « A présent, à gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalo comme Hollande ? »

 

Mais au-delà des embruns et des vagues, la romancière fait preuve d’une confiance totale : « Dans les situations exceptionnelles, vous avez toujours été à la hauteur. Même ceux qui ne vous aiment pas le reconnaissent. »

 

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Si au 1er décembre 2016, François Hollande n’avait aucune chance, elle-même le reconnaît, la situation est totalement différente aujourd’hui.

 

Le 1er décembre, quand j’ai appris que vous aviez renoncé, je me suis dit « très bien, de toute façon t’avais aucune chance de gagner, c’est très bien, libère le terrain ». Pardon de vous tutoyer, mais vous savez c’est comme ça qu’on parle devant sa télévision, on s’énerve, on tutoie, et on insulte même parfois. Je ne vous ai jamais insulté, même devant ma télé, mais parfois vous m’avez contrariée, oui, c’est vrai. Et si on m’avait dit il y a trois mois que je serais en train de vous écrire cette lettre, je ne l’aurais pas cru.

 

Pointant que la droite est au plus mal, que le danger de l’extrême droite, avec Marine Le Pen, est manifeste et celui de l’islamisme est grandissant, c’est la cohésion du pays qui est en jeu. « C’est une situation pourrie, on risque la décomposition. On est en train de se décomposer, Monsieur le Président. »

 

Face à lui, Christine Angot ne voit d’ailleurs que « des seconds couteaux » : Macron, Mélenchon et les autres, qui « n’arrêtent pas de faire des erreurs, des erreurs qui nous divisent ». Et quand à cela s’ajoutent les électeurs décidés à ne pas voter, c’est donc un désespoir complet dont la romancière se fait l’écho.

 

Or, François Hollande jouit d’une probité à toute épreuve, poursuit-elle, ce qui fait de lui l’homme salutaire. Face à l’indécence de ce que les autres traînent comme casseroles, le président est une colombe.

 

« Pas une affaire à vous reprocher. À vous personnellement. Il y a eu Cahuzac, que vous auriez pu virer avant. Qu’est-ce qu’ils vous reprochent, les Français ? D’être allé rejoindre une femme en scooter ? D’avoir rompu avec une autre ? D’avoir pris du poids par rapport à l’année où vous étiez candidat ? D’avoir dit dans le livre de Davet et Lhomme que les magistrats, c’était une profession de lâcheté ? »

 

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Soucieuse de ne plus être spectatrice « de mon pays qui va dans le mur », Christine Angot dégaine donc cette lettre. « Vous avez stabilisé la courbe du chômage, venez inverser celle de la chute. Vous saurez nous réunir. Venez. Essayez. »