Facebook, tuyau de communication, sûrement pas catalyseur de ventes

Clément Solym - 06.10.2011

Edition - Société - facebook - reseau - social


Facebook ici, là ou même là... la marque est désormais partout, au point que des centres commerciaux invitent leurs clients à 'Aimer' la FanPage de leur enseigne. Mais alors que le réseau social compte chaque jour de plus en plus d'adeptes, qu'est-ce que l'édition peut bien en attendre.

C'est venu progressivement en France : les maisons, les unes après les autres, ont investi le réseau social, certaines estimant même utile de diffuser un communiqué de presse aux rédactions pour signaler leur initiative. De même, les accords et expérimentations menés entre Facebook et Amazon avaient pu amuser. L'idée était de faire la promotion d'un produit, par le biais du compte de l'utilisateur, le plus facilement possible, évidemment.

Depuis, c'est Kobo qui est intervenu dans le jeu, lorsque Facebook a dévoilé son futur programme - qui ne devrait plus tarder maintenant - de propagation de contenus sur son réseau. De quoi mettre en avant la lecture sociale et partagée, depuis les interfaces de Kobo, avec des options de communication et d'échange multiples.

Certes, le jeu du 'J'aime' a quelque chose de prescripteur, et encouragerait, dans l'idéal, à découvrir l'oeuvre aimée... Mais Facebook n'est clairement pas la recette miracle. Tout au mieux, l'industrie peut-elle en profiter pour assurer sa promotion, dans la limite de ses contacts. Et croiser les doigts pour que ses liens et posts soient repris de çà, de là.

Où sont passés les tuyaux...

Futurebook approfondit le sujet, en évoquant les questions de droit et d'accords de licence entre l'industrie du cinéma et de la télévision, qui passeront par Netflix, ou dans le cas de la musique, via Spotify. Les deux sociétés, si elles ne sont pas suivies par les ayants droit, peuvent souhaiter partager et promouvoir tout ce qu'elles veulent, elles resteront des tuyaux vides, sans contenu. Et la limite de la diffusion sur Facebook se découvre plus nettement;

Dans le cas du livre, le rachat par Facebook de Push Pop Press, société spécialisée dans la réalisation d'oeuvres, sous forme d'application, pour iPad, ne change rien à la donne. On attend toujours l'appli Facebook pour la tablette d'Apple qui révolutionnera le genre et ouvrira de nouvelles perspectives. Les évolutions technologiques qu'elle pourra apporter au réseau social sont intéressantes, sûrement, mais resteront toujours limitées par les questions de territorialité, et de droits.

Aucun ayant droit n'accordera en effet la possibilité de découvrir une oeuvre par le biais de Kobo, exemple parmi d'autres, sans limiter l'usage à certains territoires. Et les millions d'utilisateurs de Facebook qui se trouvent en Inde peuvent toujours rêver de voir les oeuvres en lecture streaming depuis chez eux. Ces dernières seront réservées aux États-Unis, et peut-être au Canada si tout se passe bien.

On ne peut pas faire sans...

Facebook peut être de très bonne volonté, les contraintes n'en demeurent pas moins infranchissables, et d'autant plus que pour les titulaires des droits, ces limites territoriales font partie du modèle économique.

S'il est certain que le réseau social a tout à gagner de travailler avec les éditeurs de contenus, rien n'est encore assuré pour ces derniers. La visibilité est une chose, le retour sur investissement, même en simple temps passé en est une autre. Et on le sait, les utilisateurs de Facebook profitent du réseau pour se rincer l'oeil sur les dernières photos de leurs amis, ou commenter les statuts de X ou Y.

Mais ils n'achètent pas grand-chose...