Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Facebook, un diffuseur pour le livre, presque comme les autres

Nicolas Gary - 06.04.2017

Edition - Economie - librairie Facebook Amazon - ebooks vente simplifier - éditions Numeriklivres


Depuis sa création en 2010, la maison Numeriklivres n’a pas cessé de rechercher les solutions de commercialisations les plus efficaces. « En dépit de nos tentatives, nous n’avons jamais trouvé d’expérience probante de vente directe », indique son fondateur, Jean-François Gayrard. Ce qui n’empêche pas de chercher, et cette fois, du côté de Facebook, d’autres alternatives.

 

 

 

La démarche n’est pas de remplacer le site de vente de la maison, par un réseau social : « Facebook est complémentaire, mais faisons un constat simple : 31 millions de comptes actifs en France et 80 % de l’utilisation sur smartphone. » Conclusion : il faut créer une expérience utilisateur optimisée. Et dans le cas d’une maison d’édition, un outil permettant de fluidifier au maximum la vente de livres.

 

Pour Jean-François Gayrard, le recours aux réseaux sociaux relève d’une communication incontournable, tout particulièrement pour un éditeur nativement numérique. « Partant de ce constat, l’utilisateur doit disposer d’un outil qui soit le plus proche de ce dont il a l’habitude. » Le fait que plusieurs gros médias se soient lancés dans la solution Instant Articles de Facebook le montre : par ce biais, l’affichage des articles est bien plus rapide, que si l’on effectue un partage de lien classique, qui renverra vers le site du média.

 

L’avantage de la librairie que fournit Facebook devient alors évident : « Un site responsive efficace nécessite des ressources financières. Or, Facebook a déjà opéré toutes les optimisations pour mobile possibles, avec des outils technologiques efficaces. » Moralité, il devient possible d’effectuer une vente directement avec les outils de paiement du réseau... ou renvoyer vers le site d’un marchand.

 

Les DRM ? Le grand public s'en moque

 

« L’objectif est d’entraîner des ventes, et qu’en deux clics maximum, le lecteur puisse accéder à la plateforme de vente, et acheter. D’autre part, il faut aussi prendre en compte qu’un lecteur sur deux, chez nous, achète ses ouvrages sur Amazon. » Fort logiquement, la solution de librairie Facebook renvoie donc les utilisateurs à l’achat sur la version mobile d’Amazon, également optimisée.

 

« J’imagine facilement que les lecteurs qui ont un Kindle disposent déjà de l’application sur leur smartphone ou tablette. La lecture après achat est donc plus facilitée encore », poursuit Jean-François Gayrard.

 

Numériklivres explique par ailleurs que 85 % des ventes sont opérées par quatre ebookstores – Amazon, Kobo, Google, Apple. Le reste est constitué des autres revendeurs, chaînes et indépendants, et 3 % de ventes directes sur le site internet de la maison. « Ma responsabilité est de n’être pas parvenu à inverser cette tendance, explique combien l’achat sur notre site était le meilleur moyen de nous soutenir », continue l’éditeur.

 

Voilà deux ans, il signait d’ailleurs une tribune expliquant que l’achat one-clic avait tué la librairie dédiée alors mise en place. Depuis, on retrouve la solution d'affiliation de 7switch sur le site officiel « et dont nous sommes très satisfaits ».

 

« À l’exception des initiés, le grand public se moque de savoir qu’il existe un environnement propriétaire ou des DRM. Et par conséquent, de la manière dont ils peuvent l’éviter : les lecteurs numériques recherchent l’efficacité, l’immédiateté et la fonctionnalité. Et dans le même temps, les grands éditeurs ne communiquent pas sur cette question : pour eux, il importe surtout que les livres se vendent. »

 

Le serpent finira-t-il par recracher la queue qu’il se mange ?

 

 

 

« L’autre réalité évidente, c’est que les libraires indépendants ne se préoccupent pas du numérique – et quelque part, avec le boulot qu’ils ont déjà sur les livres imprimés, on comprend ce désintérêt. » Manque de temps, manque de formation ? « Oui, et non : c’est une réalité économique derrière. »

 

“Dans 2 ans, Facebook vendra plus de livres qu'Amazon” 

 

Qui découle également de grands échecs. « Il faut remercier 1001 libraires d’avoir tué le dernier grand espoir qu’il se passe quelque chose dans le numérique pour les librairies en France. Il faut remercier MO3T d’avoir fait miroiter durant tant d’années des choses qui finalement n’auront jamais abouti. » On en finirait par apprécier ces acteurs américains qui « finalement travaillent et ont envie de vendre nos livres ».

 

On le comprend la librairie Facebook sert avant tout de vitrine pour motiver des ventes d’ebooks en format Kindle – parce qu’elles répondent à une attente spécifique d’une grande partie du lectorat. « Quand des outils one-clic seront disponibles pour le format EPUB, nous les utiliserons. En attendant, rien n’est pensé pour que l’achat soit immédiatement lisible sur smartphone. Et dans ce cas, on perd un lecteur. »

 

On pourra expérimenter l'espace, à cette adresse.



Lecteurs, communauté et réseaux sociaux : promouvoir le livre