Faillite de Virgin : l'actionnaire Butler "n'est pas resté sans rien faire"

Nicolas Gary - 20.01.2013

Edition - Economie - Walter Butler - Virgin Stores - redressement judiciaire


Walter Butler sera ce soir l'invité de l'émission Capital, sur M6. Mais l'entretien que l'homme d'affaires et premier actionnaire de Virgin Stores se retrouve déjà sur la toile, alors que l'AFP en diffuse les grands arguments. Virgin, placé den redressement judiciaire, a désormais quatre mois pour redresser la barre. Or, Butler lui-même a renoncé, avouant son échec à relancer un groupe déjà déficitaire au moment de la reprise.

 

Magasin Virgin Mégastore des Champs-Elysées

Crédit ActuaLitté

 

 

« Pour nous aussi c'est clairement un échec, mais dans le métier que l'on fait on ne peut pas réussir à chaque fois », explique le patron, qui dispose de 74 % des parts de Virgin, et prend la parole pour la première fois depuis que l'annonce de la faillite a fuité dans la presse. Il évoque à ce titre un effet domino, alors que l'enseigne a déjà connu le même sort, voilà six ou sept ans, outre-Atlantique, et cinq ans, outre-Manche. 

 

Virgin serait donc condamnée ? En grande partie, et avec surtout la sanction de loyers très lourds qui pèsent sur la tête du groupe, accrue par la difficulté que rencontre aujourd'hui le marché des produits culturels. « Notre métier c'est de prendre des risques dans des entreprises qui vont avoir des problèmes de parcours », assure Walter Butler. 

 

Lui qui présente sa société d'investissement comme un « investisseur industrie » plutôt qu'un « investisseur financier », évoquera également la douloureuse situation des marchés physiques sur le secteur culturel. Et d'évoquer par ailleurs que des repreneurs se sont déjà signalés : « Je pense qu'il y aura des solutions de reprises intéressantes.... On a déjà vu divers candidats se présenter. »

 

Sur les divers candidats, un seul a pour le moment affirmé sa position et garanti qu'il ferait une offre d'ici quelques semaines, à savoir le label de musique indépendant (et disposant aussi d'une maison d'édition), Naïve, dirigé par Patrick Zelnik. Les syndicats n'apprécieront probablement pas l'ironie qui rend cependant Walter Bultler compatissant : « Je comprends qu'il y ait une grande déception », assure-t-il. 

 

Déceptions, littéralement et dans tous les sens

 

Probablement pas la même déception que celle de l'intersyndicale devant les ministères de la Culture, du Travail et du Commerce. « Par rapport au volontarisme affiché dans la presse, de la part de la ministre de la Culture, c'est une véritable douche froide. Elle a multiplié les déclarations pour assurer qu'elle ferait tout pour trouver un repreneur... hier, la question a été soulevée, sans que personne ne réponde », expliquait Sylvain Alias du syndicat SUD, à ActuaLitté.

 

Quant à la ministre de la Culture, nos confrères de Livreshedo lui ont gentiment mis le nez dedans, pointant tout à la fois ses contradictions et celles des représentants qui reçurent l'intersyndicale... « Virgin est victime d'une concurrence déloyale de la part de groupes comme Amazon qui ne respectent pas les règles fiscales qui s'imposent aux entreprises territorialisées en France », garantissait la ministre. Et d'ajouter : « Il y a quatre mois pour trouver un repreneur. »

 

Plusieurs pistes sont intéressantes. » Des déclarations bien éloignées de ce qu'ont pu entendre les syndicats, et qui riaient jaune en lisant : « Le ministère travaille aussi d'arrache-pied, avec les collectivités, pour aider à une reprise et trouver des solutions. » Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, avec ces déclarations...

 

 

mise à jour 22h10, passage sur l'émission Capital : 

 

"On a mis au pot"

 

Au cours du passage sur M6, l'homme d'affaires américano-brésilien et français n'a pas fait de révélations spectaculaires. Il assure qu'en reprenant Virgin au groupe Lagardère, le fonds d'investissement n'est « pas resté sans rien faire ».

 

 

 

 

« Il y a eu un énorme travail de fait par les directions successives pour développer la formation dans les magasins, avoir une logistique et ouvrir de nouveaux magasins. » Des efforts ont été réalisés, et plusieurs problèmes communs aux revendeurs de produits culturels se sont posés à l'entreprise, comme la dématérialisation des biens culturels. Toutes les entreprises du monde de la culture souffrent de ce problème - auxquels s'ajoute la cherté des loyers.

 

En outre, « le livre est très attaqué cette année », et le secteur vit une crise comme il en rencontre pour la première fois. D'ailleurs, tous les magasins Virgin ne vont pas mal, pointe-t-il. « On a persévéré pendant cinq ans, on a remis au pot », ajoute-t-il, soulignant que le fonds d'investissement a plus de vingt ans d'expérience dans le secteur. 

 

« L'enthousiasme et l'innovation sont les solutions pour la France », conclura-t-il. La question du devenir des salariés ne sera pas même évoquée par le journaliste de M6. Ces derniers apprécieront donc l'élan d'optimisme de Walter Butler. 

 

Retrouver le live tweet de l'intervention.