Faire changer les mentalités dans l'édition, pour assurer l'innovation

Clément Solym - 09.10.2014

Edition - International - innovation édition - industrie mentalité - éducation partage


Du financement découle les innovations que les sociétés peuvent investir, et sans argent difficile d'investir, assure les répondants d'une étude présentée à la Foire du livre de Francfort. Or, accéder à ces financements représente un obstacle difficile à contourner pour les maisons d'édition. Pour cette analyse, 120 sociétés à l'échelle européenne ont été sollicitées, et les résultats brossent un tableau assez clair.

 

Heart Of Ice

JD Hancock, CC BY 2.0 

 

 

Près de la moitié des répondants affirme en effet que l'obstacle majeur à l'innovation est d'obtenir des financements, les autres problèmes relevés touchent au manque d'infrastructures, mais également des contraintes juridiques – toutefois moins importantes que les autres. Ce qui est intéressant, c'est de noter que plusieurs répondants affirment qu'un changement dans les mentalités ne serait pas nécessairement un mal. 

  

77 % des répondants de l'étude affirment cependant que l'innovation est d'une grande importance pour les éditeurs. Parmi les répondants, le secteur de l'éducation est le plus mobilisé sur ces questions ; à 36 %, suivi du secteur universitaire à 33 %. 

 

Selon les résultats de l'étude, 16 % des répondants affirment ne pas consacrer de ressources financières ou humaines à la R et D, contre 18 % qui disposent d'un département dédié. La majorité d'entre eux, soit 41 % de l'ensemble, n'a pas de département dédié, mais prend en charge, en interne, les besoins de la structure. Seuls 8 % passent par des prestataires externes pour ce faire, et 6 % travaillent avec des universités ou d'autres institutions de recherche.

 

L'ouverture aux autres est une possibilité très forte pour 67 % des répondants. Toutes les grandes entreprises ont affirmé qu'elles étaient disposées à coopérer, et, bien entendu, start-up et PME les suivent dans cette démarche. Selon eux, le marché mondial implique « un engagement avec les autres » par lequel atteindre les objectifs de chacun.

 

Favoriser une distribution numérique loin des usines américaines

 

Cette solution de collaboration représente en effet un partage des risques, et donc des frais engagés, autant qu'une possibilité d'accéder à des talents dont ne dispose pas en propre une structure – ou encore la convergence des compétences. Un point à nuancer : le marché européen est établi selon des spécificités linguistiques non négligeables, ce qui pousse à collaborer plutôt à l'international qu'au travers d'accords locaux. « Il est préférable de partager des connaissances avec des collègues qui ne visent pas le même marché », résume l'étude.

 

Quant à savoir dans quel domaine la Recherche et Développement est le plus important, c'est évidemment celui de la distribution numérique. Les formats de fichiers et les contenus interactifs sont les suivants. Viennent après le contenu multimédia, l'e-commerce, les études de marché et les expérimentations, les licences de droit d'auteur et la découverte d'outils.

 

Dans les remarques spécifiques des répondants, on note que certains réclament des infrastructures de distribution où les conditions commerciales ne sont pas dictées par « d'absurdes grosses entreprises ». On ne se demandera pas quelles sociétés américaines sont visées par cette remarque. Des solutions de distribution numérique alternative semblent indispensables, avec la possibilité de recourir à des financements de l'Union européenne pour ce faire. 

 

À ce titre, les processus d'obtention de financements devraient être allégés, pour rendre les demandes cohérentes, et la rapidité d'exécution plus efficace. « L'innovation consiste à avoir un accès rapide à de petites quantités d'argent, avec des exigences de documents à présenter qui soient raisonnables », explique un répondant.

 

Toute une éducation à faire, donc.