Faire de la place pour accueillir les auteurs exilés, une campagne PEN International

Laurène Bertelle - 01.06.2017

Edition - Société - auteurs réfugiés - PEN International campagne - Make Space écrivains


L'association PEN International lance la campagne Make Space, en soutien aux auteurs du monde entier qui subissent l'exil, la censure ou la persécution. La campagne, qui se veut promulguer un message de paix, de liberté et de compréhension, est soutenue par de nombreux auteurs, tels Stephen Fry ou Margaret Atwood. 



 

PEN International est une association qui cherche à défendre la liberté d'expression et à promouvoir la littérature à travers le monde. Créée en 1921 par l'auteure Catherine Amy Dawson Scott, PEN International compte aujourd'hui 150 centres dans le monde entier, qui coopèrent avec les communautés locales pour les droits des écrivains. 

 

PEN International s'engage pour plusieurs causes, notamment pour les auteurs emprisonnés pour leurs écrits, avec la Journée mondiale des écrivains en prison. Aujourd'hui, l'association lance la campagne Make Space, littéralement « Faites de la place », qui se concentre sur les auteurs exilés, réfugiés, qui ont dû quitter leur foyer pour des raisons de sécurité. 

 

La tragédie des écrivains, journalistes et artistes persécutés et assassinés


« Certains d'entre nous ont été déplacés, certains sont des réfugiés et des demandeurs d'asile, certains ont vécu l'exil, ou ont été forcés de se cacher dans leur propre pays », explique l'association dans une déclaration disponible sur le site de la campagne. « Mais nous sommes tous des auteurs, et nous utilisons les mots d'une façon qui peut faire évoluer et informer la société qui nous entoure. Et, qui que nous soyons, où que nous soyons, lorsque nous faisons consciemment de la place pour les histoires des communautés immigrées au cœur de notre propre histoire, nous faisons de la place pour une compréhension réciproque de nos cultures qui nous enrichit et nous connecte, nous détruisons les systèmes de division qui nous aliènent et nous déshumanisent. Il est l'heure d'agir, et d'agir ensemble. »
 

Combattre la xénophobie par les mots


Cette campagne, prévue sur trois ans, a donc pour but de sensibiliser le monde aux problèmes que rencontrent les réfugiés, et plus particulièrement les auteurs, qui doivent faire face à un climat nationaliste et xénophobe qui se développe de plus en plus sur les terres d'accueil, rendant leur installation dangereuse et incertaine. 

 

« Nous sommes également conscients des désavantages que rencontrent les auteurs exilés : la peur de la suspicion et de la violence, la difficulté de publier dans des marchés linguistiques différents et souvent hostiles, le manque des conditions nécessaires à la culture de la créativité, et l'absence des réseaux familiers — les visages, les mots, les rues, les chansons — qui font que l'on se sent chez soi. »

 

Un livre d'histoire des réfugiés offert aux députés britanniques


La campagne Make Space se développera à la fois sous forme d'aide concrète, en lien par exemple avec l'organisation ICORN qui offre protection et abris aux artistes en dangers, mais aussi en misant sur la sensibilisation, en organisant des événements, des publications ou encore des partenariats avec les librairies et les bibliothèques afin que celles-ci "fassent de la place" à ces auteurs immigrés sur leurs étagères.

Plus de 300 auteurs ont déjà affirmé leur soutien à cette cause. Parmi eux, Margaret Atwood, Ai Weiwei, Stephen Fry ou encore Isabel Allende, romancière chilienne, nièce de l’ancien président du Chili Salvador Allende et qui a elle-même dû s’exiler lors du coup d’État de Pinochet contre son oncle. Par ailleurs, chacun peut, sur le site de la campagne, soit ajouter son nom à la liste des soutiens, soit faire un don.